La société United Antwerp Maritime Agencies (Unamar) et trois de ses employés ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et à des amendes pour leur rôle dans un transport d'armes destinées à la guerre au Yémen, passant par le port du Pays de Waas - une extension du port d’Anvers située sur la rive gauche de l’Escaut. Les faits remontent à 2020, au plus fort du conflit yéménite. Un navire appartenant à une compagnie maritime saoudienne spécialisée dans le transport d'armes militaires avait alors été aperçu dans le port d'Anvers.
Une entreprise portuaire belge condamnée pour transport illégal d'armes vers le Yémen via le port du Pays de Waas
Le dossier avait été ouvert après une plainte du Forum d’action pour la paix (Forum voor Vredesactie), qui s’est constitué partie civile. Les faits remontent à 2020, lorsque la guerre au Yémen se trouvait dans sa phase la plus violente à ce jour. Un navire appartenant à une compagnie maritime saoudienne spécialisée dans le transport militaire avait fait escale au port d'Anvers. Selon le Forum, le bateau transportait du matériel de guerre acheminé depuis les États-Unis et destiné à l'Arabie Saoudite, qui l'aurait utilisé dans le conflit au Yémen.
Le parquet fédéral avait ouvert une enquête et a renvoyé la société portuaire Unamar et trois membres de son personnel devant le tribunal correctionnel de Termonde. Selon le parquet fédéral, des infractions au décret sur le commerce des armes ont été commises. Une autorisation devait notamment être demandée pour le transit de ce type de chargement.
"Les prévenus ont facilité le transit de matériel de guerre vers l'Arabie saoudite via le port d'Anvers. Ils savaient que le transport contenait du matériel militaire et qu'une autorisation devait dès lors être demandée. Ils ont donc sciemment et volontairement enfreint le décret", a déclaré le ministère public. La défense a maintenu que le parquet se trompait et que ses clients n'avaient rien fait d'illégal.
Le tribunal a finalement infligé une amende de 120.000 euros à la société portuaire. Deux membres du personnel ont été condamnés à des peines de prison de 10 et 12 mois avec sursis et à une amende de 40.000 euros. Un membre du personnel a bénéficié d'une suspension du prononcé.
