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Georges-Louis Bouchez (MR) accompagné de Frédéric De Gucht, président de Anders.

Bouchez invite sept partis à entamer des négociations pour former un gouvernement bruxellois sans la N-VA

Sur base de contacts qu'il a eus ces derniers jours avec les différents partis bruxellois, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a estimé dimanche pouvoir lancer un processus de négociation gouvernementale, avec pour objectif clair la mise en place d'un exécutif "dans les tout prochains jours".  Anders est prêt à répondre à l'invitation de Bouchez mais sous de strictes conditions, notamment un équilibre budgétaire en 2029. 

Eric Steffens Belga
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"À cette fin, nous invitons les sept partis concernés à entamer des négociations dans le cadre d'un conclave réel et exigeant, en repartant d'un texte de base inspiré notamment de la note ayant fait l'objet d'un accord en juillet 2024 entre le MR, le PS et Les Engagés", précise le Montois sur son compte X.

"Ce travail devra être complété par des engagements clairs en faveur du retour à l'équilibre budgétaire à l'horizon 2029, par la mise en œuvre de réformes institutionnelles ambitieuses et indispensables, ainsi que par un accent résolu sur la propreté et la sécurité à Bruxelles, priorités absolues pour la qualité de vie des habitants", estime le président des libéraux francophones.

"En cas de réponse positive des partis concernés, nous fixerons un lieu de négociation que nous ne quitterons pas avant d'avoir conclu un accord", ajoute-t-il.

Une coalition sans la N-VA

Sur base des contacts politiques qu'il a eus, M. Bouchez pense avoir identifié "la seule majorité réellement possible", à savoir une alliance entre MR, PS et Engagés côté francophone, et Groen, Anders, Vooruit et CD&V du côté néerlandophone.

"Nous avons la conviction que toutes les conditions sont désormais réunies pour enfin doter Bruxelles du gouvernement attendu par l'ensemble des Bruxelloises et des Bruxellois, ainsi que par le reste du pays", estime M. Bouchez après plus de 600 jours de crise politique dans la capitale.

Cette annonce du président du MR intervient après plusieurs semaines de flottements dans la capitale après l'échec du président des Engagés, Yvan Verougstraete, de former une coalition de centre-gauche en Région bruxelloise.

Anders prêt à répondre à l'invitation de Bouchez sous conditions strictes

Anders est prêt à répondre à l'invitation du président du MR, Georges-Louis Bouchez, à entamer des négociations gouvernementales à Bruxelles, sous certaines conditions strictes, a annoncé lundi le président du parti, Frédéric De Gucht. La présence de la N-VA posée durant plusieurs mois comme condition par M. De Gucht n'en fait pas partie.

Mais au terme de la réunion de son bureau politique, le parti présidé par celui-ci pose plusieurs conditions qui doivent être clairement définies dans une note de départ: une majorité néerlandophone à part entière, un équilibre budgétaire en 2029, un allègement fiscal pour la classe moyenne, une simplification du paysage institutionnel et administratif et une approche résolue en matière de sécurité, en particulier dans les gares de Bruxelles-Midi et de Bruxelles-Nord et dans leurs environs. Pour Anders, ces éléments constituent la base minimale pour une discussion sérieuse.

Groen donne une suite favorable à l'invitation du MR

Groen participera à la nouvelle tentative de formation proposée par le MR, ont indiqué les écologistes néerlandophones, à l'issue de la réunion de leur bureau de parti.

"Nous serons évidemment présents autour de la table, avec ces 6 autres partis : Groen propose cette formule depuis un an déjà. Pour l'instant, nous n'avons ni textes, ni tableaux, ni agenda : il nous est donc impossible de nous exprimer sur le fond," a commenté la cheffe de file de Groen à Bruxelles, Elke Van den Brandt. Groen a dit espérer que cette réunion de sept partis pourra rapidement et efficacement proposer une réponse aux défis auxquels fait face la Région Bruxelloise.

"Les Bruxellois ont besoin d'un projet qui donne une perspective d'avenir à notre capitale, et se concentre sur la sécurité et la qualité de vie à Bruxelles. Les citoyens et le monde associatif ont déjà tenu bon plus de 600 jours: il est temps de leur offrir un gouvernement qui prenne ses responsabilités à leurs côtés", a commenté le parti écologiste néerlandophone.

Le CD&V se dit prêt à négocier, Vooruit prend acte de l’invitation

"Nous sommes prêts à négocier. Nos conditions ont toujours été claires ces derniers mois: une majorité du côté flamand et une majorité stable comportant les vainqueurs des élections côté francophone (avec le MR donc) pour oeuvrer pour plus de sécurité, plus de propreté et plus d'activation des chômeurs en Région bruxelloise", indique le parti chrétien-démocrate.

"Ces deux conditions sont rencontrées. Nous sommes donc prêts à discuter". Tout comme son homologue francophone, les socialistes flamands de Vooruit ont dit dimanche prendre acte de l'invitation du président du MR.

"Nous prenons acte de l'annonce et de l'initiative de M. Bouchez. Vooruit s'est toujours montré constructif dans la recherche d'un gouvernement bruxellois de plein exercice. Nous avons besoin d'un gouvernement capable d'agir, qui puisse assainir les finances de Bruxelles, rendre l'administration plus efficace et garantir une ville abordable pour tous".

Les Engagés assurent de leur "entière disponibilité" à négocier

Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a salué dimanche l'initiative de son homologue du MR pour relancer des négociations pour la formation d'une nouvelle majorité en Région Bruxelles-Capitale.

"Depuis le début de cette crise institutionnelle, Les Engagés ont toujours fait le choix de la responsabilité et de la recherche de solutions. Nous confirmons donc évidemment notre entière disponibilité pour participer à des discussions et nous mettrons toute notre énergie pour aider à ce qu'elles soient constructives, loyales et orientées vers l'intérêt général", a commenté sur X M. Verougstraete après l'invitation à négocier lancée un peu plus tôt par M. Bouchez.

"Après plus de 600 jours sans gouvernement de plein exercice en Région bruxelloise, une dynamique politique nouvelle semble enfin émerger. Une majorité claire se dégage, avec côté francophone le MR, le PS et Les Engagés, et côté néerlandophone Groen, Vooruit, Anders et le CD&V. Tous sont disposés à reprendre les négociations et à tenter de former un gouvernement en s'appuyant sur le travail déjà accompli", commente le président des Engagés.

"Je salue la relance du dialogue entre les partenaires. Bruxelles ne peut plus se permettre l'immobilisme : il est temps de transformer le dialogue en décisions concrètes. (...) Le moment est venu de dépasser les blocages et pour chacun d'accepter les compromis et de prendre pleinement ses responsabilités afin de permettre enfin à la Région de se doter d'un exécutif opérationnel, au service des Bruxelloises et des Bruxellois", a-t-il conclu.

Le PS est également prêt à participer aux négociations

Les instances du PS bruxellois réunies lundi midi ont marqué leur accord pour une participation aux négociations à venir "en vue de former un gouvernement stable et de plein exercice".

Pour le PS, "les enjeux bruxellois appellent un gouvernement de plein exercice pour donner la priorité aux défis sociaux, environnementaux et économiques".

"Lors des échanges, il a également été tenu compte du fait que pour la première fois, cette configuration emporte une majorité tant du côté francophone que néerlandophone" a fait observer la Fédération bruxelloise du PS, soulignant, dans un bref communiqué, qu'il "prend ses responsabilités comme il l'a toujours fait".

Pour la N-VA : "Il faut former un bon gouvernement et non un nouveau gouvernement Vivaldi"

"Il importe de sortir de l'impasse, mais il faut former un bon gouvernement et non un nouveau gouvernement Vivaldi qui ne mettra pas de réformes en oeuvre et ne remettra pas de l'ordre dans les finances publiques." C'est ainsi que Cieltje Van Achter, figure de proue de la N-VA bruxelloise, a réagi à la nouvelle initiative du président du MR, Georges-Louis Bouchez. Celui-ci souhaite former un nouveau gouvernement en quelques jours.

M. Bouchez a invité six autres partis - PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et CD&V -, mais pas la N-VA.

"Le PS décide qui siège à la table. Ce n'est pas normal, car ce sont les partis flamands qui déterminent la composition de leur coalition", a estimé Cieltje Van Achter au cours d'un entretien avec l'agence Belga.

La ministre flamande de Bruxelles souligne que la N-VA souhaite réformer, tandis que le PS a indiqué, selon elle, ne pas vraiment vouloir le faire.

Cieltje Van Achter reconnaît qu'il est important de sortir de l'impasse actuelle. Mais le gouvernement ne peut pas être un gouvernement Vivaldi qui ne met en œuvre aucune réforme et ne remet pas de l'ordre dans les finances publiques. "Nous voulons redresser la barre, réformer dans les domaines de la sécurité, de la propreté et de l'emploi, et remettre de l'ordre dans le budget. Le PS a fait un blocage pendant 600 jours", a encore dit la cheffe de file bruxelloise de la N-VA. Pour Cieltje Van Achter, en acceptant l'invitation du MR, les autres partis ont cédé au PS. "Laaouej a gagné", a-t-elle conclu.

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