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Bart De Wever prévoit encore 3 à 4 milliards d'économies supplémentaires par an

Le gouvernement fédéral va devoir encore réaliser trois à quatre milliards d'économies structurelles par an, a indiqué dimanche le Premier ministre dans une interview à VRT NWS. Bart de Wever (N-VA) est également revenu sur sa première année en tant que Premier ministre. Il a fait les louanges du roi Philippe, qu’il qualifie d’“impressionnant”, mais maintient que la Belgique fédérale est très difficile à gérer.

Eric Steffens
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En novembre dernier, la majorité Arizona s'était mise d'accord sur des mesures d'assainissements budgétaires de 8,1 milliards d'euros par an. "Mais ce ne sera malheureusement pas suffisant", a commenté le Premier ministre.

L'effort complémentaire à réaliser sera moitié moindre environ, avec quelques mesures douloureuses à la clé, a-t-il averti. "Celui qui dit le contraire ment. Les impôts sont déjà très élevés et les investissements sont bas. Il n'y aura pas de mesures indolores pour sortir ce pays des problèmes. On n'a pas le choix."

"Des économies supplémentaires sont nécessaires pour respecter la norme européenne de dépenses publiques. L’étape suivante consistera à réduire le déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB), la norme effectivement imposée par l’Europe. “Cela sera pour la prochaine législature”, reconnaît De Wever. “On y arrivera progressivement.”

"Mon opinion sur la Belgique n'a pas changé"

Lors de son interview avec VRT NWS, Bart De Wever est revenu sur sa première année en tant que Premier ministre. "Je ressens maintenant de manière concrète ce que je percevais déjà depuis des années. C’est un pays très difficile à gouverner", explique le Premier ministre. 

"Mon idée de base sur la Belgique n’a pas changé : je suis confédéraliste." Selon lui, le fait de réussir à gouverner avec les partis francophones est dû à la victoire électorale du MR et des Engagés. " Mais on ne peut pas laisser cela au hasard. Un pays doit être structurellement gouvernable, donc ma conviction de base reste que nous devrons prendre certaines mesures."

De Wever n’exclut pas toutefois de continuer à mettre ses projets communautaires de côté : "Si en Wallonie on continue à voter intelligemment pour le MR et Les Engagés, je n’exclus pas que nous poursuivions la politique actuelle de redressement pendant dix ans".

De Wever présente la coalition Arizona comme un gouvernement du redressement et des réformes. "C’est du jamais vu en Belgique au cours de ce siècle. Aujourd’hui, pour la première fois, c’est possible grâce au vote courageux dans le sud du pays. Là-bas, on a choisi de voter contre le PS."

Toutefois, la mise en œuvre de cette "politique de redressement" reste difficile : le déficit budgétaire reste très important et les réformes fiscales, comme la taxe sur les plus-values et les nouveaux taux de TVA, compliquent encore davantage le système belge. Selon De Wever, cela tient aussi à la structure du pays. "Vous avez cinq partis dans la coalition, issus de deux communautés linguistiques avec leurs propres opinions publiques. Cela implique énormément de négociations et de longues nuits de travail. Et les résultats obtenus, bien qu’importants, ne sont pas toujours ce que l’on attendait", explique-t-il.

Une bonne entente avec le roi Philippe

Le fait que Bart De Wever dirige depuis un an un pays qu’il préférerait voir éclaté, il l’attribue à son pragmatisme. "Je ne change jamais vraiment de convictions, mais dans ma vie, je change parfois de fonctions. Et donc j’assume toujours mes fonctions. Je suis un pragmatique, je respecte les règles en vigueur."

Cela explique aussi sa bonne relation avec le roi Philippe. "Le courant passe personnellement bien entre nous", reconnaît De Wever. "Nous avons actuellement un excellent souverain, très dévoué à sa tâche. Je dois dire que c’est impressionnant. Il est parfaitement préparé, pose les bonnes questions et veut toujours aider. Je trouve cela remarquable et j’apprécie cela énormément chez lui", conclut le Premier ministre en louant chaleureusement le Roi.

Tension avec Trump

Même lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump à Davos, De Wever est resté impressionné par le Roi. "Il a très bien géré cela." Le Premier ministre refuse de révéler le contenu exact de la discussion. Selon ses dires, De Wever a toutefois clairement fait comprendre à Trump que le choix des Européens était clair. "Si nous devons choisir entre être votre allié ou être Européens, ce sera toujours être Européens", aurait-il déclaré à Trump.

"Je ne vais pas dire comment il a réagi. Mais c’est un homme qui n’aime pas qu’on le contredise. Donc je ne m’attends pas à recevoir prochainement une invitation pour le bal de la Maison‑Blanche."

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