Les passagers d'un vol vers Copenhague ont été évacués jeudi soir à l'aéroport de Zaventem (Brussels Airport) après que le pilote de l'avion ait tenté, par erreur, de décoller d'une voie de circulation (taxiway) et de non de la piste de décollage proprement dite. L’information du quotidien Het Nieuwsblad a été confirmée par un porte-parole de l'aéroport. L'avion a finalement réussi à s'immobiliser en toute sécurité. Il n'y a eu aucun blessé. "Tout porte à croire que l’origine de l’erreur réside chez les pilotes", affirme l'expert en aviation Luc De Wilde à VRT NWS.
Un avion tente de décoller d'un taxiway à Brussels Airport: les passagers ont été évacués
L'incident a impliqué un vol de Scandinavian Airlines (SAS) qui devait quitter l'aéroport de Zaventem, jeudi à 21h54, à destination de Copenhague. Le pilote a initié la phase de décollage alors que l'avion se trouvait encore sur un taxiway, une voie de circulation utilisée pour déplacer les avions entre le terminal et les pistes de décollage/atterrissage.
L'avion, qui avait entamé son accélération précédant le décollage, jusqu'à atteindre une vitesse de 220 km/h sur le taxiway, a interrompu en urgence son décollage et a finalement pu s'arrêter à temps, selon le quotidien Het Nieuwsblad, qui précise que l'avion a fini sa course non loin de réservoirs de kérosène.
Selon le site internet spécialisé mobilithib, l'avion s'est arrêté dans l'herbe à environ 200 mètres de la fin du taxiway et des barrières de sécurité qui encerclent l'aéroport.
Les pompiers de l'aéroport sont arrivés immédiatement et les services d'urgence ont procédé à l'évacuation des quelque 165 passagers. "Il n'y a eu aucun blessé. La police fédérale est également intervenue pour apporter un soutien psychologique", non seulement aux passagers mais aussi aux membres de l’équipage.
L'évacuation des passagers a duré plusieurs heures, aucun escalier n'étant disponible à l'endroit où l'avion s'était immobilisé. L'incident n'a eu aucune incidence sur le trafic aéroportuaire. "Les vols prévus n'ont subi aucune conséquence, et il n'y en aura pas non plus ce vendredi matin."
Les circonstances de l'incident restent floues. Du côté de Skeyes (photo), l'entreprise publique autonome en charge de la sécurité du trafic aérien, on indique qu'une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l'incident. Quant à la Belgian Cockpit Association (BeCA), l'association professionnelle des pilotes de ligne, elle qualifie l'incident de "grave" et "comprend que cet évènement puisse choquer" mais appelle également "à ne pas spéculer sur les causes possibles."
"Une enquête technique a été ouverte et nous sommes convaincus que ses conclusions contribueront à empêcher qu'un événement similaire ne se reproduise à l'avenir", ajoute la BeCA.
Un incident "exceptionnel"
"Il s'agit d'un incident plutôt inhabituel", a déclaré le journaliste aéronautique Luk De Wilde à VRT NWS. "Heureusement, tout s'est bien terminé et l'avion a pu s'arrêter juste à temps avant de percuter le bas-côté." L'avion s'est immobilisé près de réservoirs de kérosène. "Ces réservoirs servent à alimenter les avions en carburant. Ils ne sont pas situés directement le long de la voie de circulation, mais à proximité. L'incident aurait pu être fatal et avoir des conséquences désastreuses."
La question est de savoir qui a commis cette erreur et comment elle a pu se produire. "Tout semble indiquer que les pilotes sont responsables", affirme De Wilde, tout en soulignant qu'une enquête sera nécessaire pour le déterminer.
Il y a deux pilotes dans le cockpit : le commandant de bord, qui pilote, et un copilote. "Le contrôle aérien leur fournit des cartes indiquant l'itinéraire à suivre pour atteindre la piste. Si l'on choisit ensuite la voie de circulation à la dernière minute, il est presque inévitable que le pilote commette une erreur."
On ignore également qui est intervenu. L'équipage s'est-il aperçu lui-même qu'il décollait sur la voie de circulation, ou le contrôle aérien l'a-t-il alerté ?
L'incident devra donc faire l'objet d'une enquête approfondie de la part des autorités aéronautiques belges. "Cette enquête prendra des semaines, voire des mois, et toutes les personnes impliquées devront être interrogées".
