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Un tiers des enfants victimes de violences ne savent pas où trouver de l'aide, "alors qu'ils peuvent en subir les conséquences toute leur vie"

Un tiers des mineurs d’âge qui souhaitent obtenir de l'aide après un incident dont ils ont été victimes ne savent pas à qui s'adresser. La criminologue Emma Hadermann (KU Leuven) estime que ce problème doit être résolu, suite à l'incident d’une extrême violence survenu à Anderlecht la semaine dernière, où un garçon a été brûlé vif. "Une victime qui n'obtient pas d'aide à temps peut en subir les conséquences toute sa vie", met en garde la criminologue.

Radio 1 Anne François
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L'incident tragique d'Anderlecht, au cours duquel un adolescent de 15 ans a été aspergé d’essence puis incendié par d’autres adolescents il y a presque une semaine, a fait la une des journaux. Pourtant, le point de vue de la victime est souvent absent de ces reportages. C’est ce que constate notamment la criminologue Emma Hadermann (KU Leuven), qui a récemment soutenu sa thèse de doctorat à l’Université de Louvain sur l’aide aux jeunes victimes de toutes sortes de délits.

"Une victime qui ne reçoit pas d'aide à temps peut en subir les conséquences toute sa vie", expliquait Hadermann au micro de l’émission De Ochtend sur Radio 1. "Pensons aux troubles de l'attachement et aux difficultés relationnelles. Les mineurs sont de toute façon particulièrement vulnérables à ces problèmes, parce qu’ils sont encore en plein développement."

Pourtant, les victimes n'ont pas toujours suffisamment confiance en elles pour demander de l'aide. "Les sentiments de culpabilité et de honte jouent un rôle important", explique Emma Hadermann. "De plus, un mineur sur trois ignore vers quels services professionnels se tourner pour obtenir de l’aide. C'est un problème préoccupant qui met en lumière la nécessité d'accorder davantage d'attention à la sensibilisation et à l'éducation. "

Près de la moitié des victimes demandent de l’aide à un enseignant

Au cours de ses recherches, Emma Hadermann a observé une différence dans le comportement des jeunes à la recherche d'aide, dépendant du type d'incident qu’ils ont vécu. Les victimes d’infractions envers leur personne – comme des menaces, violences physiques, de la cybercriminalité et du harcèlement scolaire – sollicitent généralement de l'aide plus rapidement, par exemple auprès d'un enseignant, d'un médecin généraliste ou d'un psychologue, que les victimes de délits contre des biens.

Ces dernières s'adressent principalement à la police, souvent dans le but de déposer une plainte pour leur assurance. Pour les délits envers les personnes, la situation est différente : les victimes sont plus enclines à se tourner vers une personne de confiance, comme un ami, un membre de la famille ou leur médecin généraliste.

Plus spécifiquement dans le cas du harcèlement scolaire, les mineurs se tournent nettement plus souvent vers un enseignant. C'est ce que révèlent les chiffres de la Jongerenonderzoeksplatform (JOP), la Plateforme de recherche sur les jeunes. "Ce n'est pas un hasard", explique Hadermann. "Pour beaucoup de jeunes, un enseignant est une figure accessible : quelqu'un qu'ils côtoient quotidiennement et qui fait partie intégrante de leur univers. Environ 23 % des victimes interrogées ont effectivement contacté un enseignant."

Ce rôle, d'ailleurs, ne se limite pas à celui de confident. "Les enseignants peuvent aussi percevoir des signaux : changements de comportement, repli sur soi, émotions fortes. Ils ne sont donc pas seulement des personnes vers lesquelles les jeunes peuvent se tourner, ils sont également capables d'identifier et signaler eux-mêmes les problèmes."

Vers qui les victimes peuvent-elles se tourner ?

Les jeunes ne semblent pas trouver toujours facilement les services de soutien, mais vers qui peuvent-ils se tourner ? "En Flandre, il existe en réalité un large éventail d’organisations", explique Emma Haderman. "On peut citer les trois principaux services et niveaux d’aide aux victimes en Belgique : l’assistance policière aux victimes , les services d’aide aux victimes et l’accueil des victimes (justice)." Dans ce cadre, l’aide aux victimes ou la police constituent généralement le premier recours.

Il existe également des initiatives accessibles aux mineurs, comme les services jeunesse proposés par les services d’aide aux victimes (JAC) et les maisons d’accueil OverKop. "Les jeunes peuvent s’y rendre de manière autonome, sans l’intervention de leurs parents", ajoute la criminologue de la KU Leuven. "Ces organisations ne sont pas toujours spécialisées dans l’aide aux victimes, mais elles jouent un rôle important : elles sont à l’écoute, offrent un premier soutien et peuvent orienter les jeunes vers des services spécialisés."

Il existe déjà une bonne dynamique d'orientation des jeunes entre la police, les services d'aide aux victimes et les services d’accueil aux victimes, mais des améliorations sont encore possibles.

Emma Hadermann, Criminologie (KU Leuven)

Et quel rôle peuvent jouer les parents ? "Pour eux, la situation est parfois complexe", explique Emma Hadermann. "Ils veulent naturellement aider leur enfant, mais ce n'est pas toujours possible. Tous les parents ne disposent pas des outils nécessaires pour faire face à la victimisation de leur enfant."

C'est pourquoi les services d'aide aux victimes proposent également un accompagnement aux parents. "Ils reçoivent des explications sur les réactions normales, les signes à surveiller et la durée probable du processus de guérison."

La maison d'accueil OverKop à Pelt

Des points à améliorer

La Flandre offre un large éventail de services de soins, mais des pénuries importantes persistent, explique Hadermann. "C’est particulièrement vrai en matière de santé mentale, où les listes d’attente restent longues." L’orientation des victimes vers les différents services pourrait également être améliorée, ajoute-t-elle.

"La police, les services d’aide aux victimes et les services de soutien aux victimes travaillent déjà en étroite collaboration, mais les victimes ne sont pas toujours suffisamment bien orientées des soins primaires vers le service approprié et peuvent donc se retrouver sans prise en charge."

Par ailleurs, il est important d’impliquer les mineurs eux-mêmes, conclut la criminologue. "Leurs préférences et leurs besoins devraient être au cœur du processus, mais dans la pratique ce n’est pas toujours évident à réaliser."

Si vous avez des questions relatives à la violence, aux abus ou aux mauvais traitements, vous pouvez contacter la ligne d’écoute 1712 . Les enfants et les jeunes peuvent également contacter le service Awel, qui leur est réservé, en composant le 102 ou via son site web .

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