L'hôpital Jan Yperman à Ypres (Flandre occidentale) est le premier établissement hospitalier de Belgique qui va recycler les dispositifs médicaux placés dans le corps. Il s'agit notamment des prothèses de genou, de hanche et d'épaule, ainsi que des stimulateurs cardiaques retirés des patients après des interventions chirurgicales. Actuellement, ces prothèses sont détruites, alors qu’elles contiennent de nombreux métaux précieux, tels que le platine, l'iridium, le cobalt-chrome et l'or.
L'hôpital Jan Yperman est le premier de Belgique à recycler les pacemakers et prothèses médicales, pour leurs métaux précieux
L'idée de ce projet novateur provient du mémoire de maîtrise du Dr Lorenz De Clercq, médecin en orthopédie à l'hôpital Jan Yperman d’Ypres. Le jeune spécialiste a étudié comment recycler plus durablement les implants précieux.
Actuellement, ces implants finissent généralement dans les déchets médicaux ou sont offerts aux patients en souvenir. Un système de collecte structuré existe déjà pour les crématoriums, mais pas pour les hôpitaux.
Pas moins de 50.000 interventions par an
Des statistiques orthopédiques récentes montrent, notamment, qu’environ 50.000 arthroplasties sont pratiquées chaque année en Belgique. Et quelque 20 % des personnes décédées portaient au moins une prothèse.
"Le secteur de la santé est responsable d’environ 5 à 10 % des émissions de CO₂ de la Belgique, les hôpitaux étant les principaux contributeurs", explique le Dr Lorenz De Clercq. "Parallèlement, la demande en équipements médicaux de pointe ne cesse d’augmenter dans le monde entier. Cela renforce d’autant plus le besoin de solutions durables."
Le "Bac rose"
Les implants seront collectés dans des bacs roses : un pour les implants orthopédiques, un autre pour les pacemakers et un dernier pour les cathéters. Des entreprises néerlandaises se chargeront ensuite de leur collecte gratuite.
Le Dr De Clercq espère que d’autres hôpitaux se joindront à cette initiative. La collecte et le traitement des implants orthopédiques sont gratuits. Les recettes issues du recyclage des matières premières sont ensuite reversées à l’hôpital ou données à des œuvres caritatives.

