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Dans le sud de l'Espagne, à Frigiliana, on a compris que dans les maisons blanches, il fait plus frais.

Peindre les toits en blanc réduirait d’un quart le nombre de décès par coup de chaleur

Durant les vagues de chaleur, garder des toits “au froid” pourrait réduire d’un quart le nombre de décès par coups de chaleur. C’est la conclusion d’une nouvelle étude dans laquelle on a peint virtuellement en blanc les toits en Flandre. 

Anna Delaunoit Vincent Merckx
Publié:

Sous un soleil aride, porter un T-shirt blanc au lieu d’un noir est une question de bon sens. Le noir absorbe la lumière et réchauffe plus rapidement le corps. Les vêtements blancs (ou clairs) le font bien moins vite.

Selon les chercheurs de la KU Leuven, de l’institut de santé publique Sciensano, de l’organisme de recherches VITO et de l’University College London, ce principe s’applique aussi aux bâtiments. On pourrait se demander quelle aurait été l’influence de ce type de toits sur la température durant la canicule de juillet 2019. C’était la première fois que la température atteignait 40 degrés en Belgique. À cause de ces chaleurs extrêmes, 47 Bruxellois sont décédés. 

 À l’aide d’un modèle climatique, ou plus précisément un programme informatique spécialisé dans le climat, les chercheurs ont calculé le changement de température observé dans les villes de Belgique si on peignait les toits en blanc. Ce serait possible en peignant les toits, ou en les recouvrant d’un film blanc, ou de panneaux. 

Deux degrés Celsius

Les chercheurs ont augmenté la mesure de réflexion solaire (albedo) de ces toits à 0,85 ; ce qui signifie qu’une grande partie de la lumière est réfléchie. Ils ont pu peindre ces toits en blanc grâce à un programme informatique. 

Pour l’étudiante en doctorat à la KU Leuven et auteure principale de l’étude, Fien Serras, “la simulation montre que les toits clairs diminueraient surtout la température de l’air lors des jours les plus chauds. En moyenne, la température dans les milieux plus urbains diminuerait de 2 degrés Celsius. Ce serait surtout efficace dans les centres-villes avec une concentration importante de bâtiments".

Du stress thermique fatal

 Deux degrés de moins, qu’est-ce que cela implique pour la santé de la population ? Pour répondre à cette question, l’équipe de chercheurs a analysé les données récoltées par l’institut Sciensano et a établi un lien entre chaleur et décès. Les vagues de chaleur provoquent du stress thermique, ce qui conduit à des décès. 

Le stress thermique peut être fatal en raison de problèmes cardiaques et de déshydratation. Durant les vingt dernières années, la Flandre a compté par an, en moyenne, 450 décès dus au stress thermique. D’ici 2050, ce chiffre pourrait atteindre les 3.000 décès par an, selon les experts.

La raison ? Les pierres et le béton absorbent la chaleur et la rejettent pendant la nuit. Le corps ne se refroidit donc pas correctement, et on récupère moins facilement. La température de notre corps est déréglée. Les plus vulnérables face au stress thermique sont les enfants de moins de quatre ans et les personnes souffrant de maladies chroniques. 

Les résultats montrent qu’une modification relativement minime des bâtiments pourrait grandement bénéficier à la société

Inne Vanderkelen, chercheuse

Les chercheurs se sont principalement concentrés sur Bruxelles pour cette étude. Selon eux, ces toits blancs pourraient réduire le nombre de décès dus aux coups de chaleur. Ces toits auraient pu éviter le décès d’au moins 11 des 47 victimes de la canicule de juillet 2019, selon leurs calculs. 

Ce chiffre semble peut-être limité, pourtant il a son importance, explique Fien Serras. Elle ajoute : “Nous avons fait nos calculs sur base d’une canicule de cinq jours dans une seule ville. Il y a aussi eu des décès dans d’autres villes de Belgique”. De plus, les citadins vivent bien plus confortablement et plus sainement avec des températures plus basses.

Pour la co-auteure Inne Vanderkelen (de la KU Leuven et de l’Institut royal météorologique de Belgique) : “Les résultats montrent qu’une modification relativement minime des bâtiments pourrait grandement bénéficier à la société, surtout quand on allie stratégie et politique durable”. 

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