La ministre de la Justice Annelies Verlinden et son homologue de l'Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt étudient la possibilité de louer des capacités carcérales en Estonie afin d'y incarcérer les criminels sans papiers. Les deux ministres se rendent ce lundi pour une visite de deux jours dans cet État balte.
Les ministres Van Bossuyt et Verlinden examinent la capacité carcérale en Estonie, pour désengorger les prisons belges
La location de capacités carcérales à l'étranger est une des pistes étudiées par le gouvernement fédéral pour lutter contre la surpopulation dans les prisons. Des visites exploratoires ont déjà eu lieu au Kosovo et en Albanie. Ces lundi et mardi, les ministres concernées se rendent en Estonie.
"Si une personne condamnée ici et sans droit de séjour peut purger sa peine dans son pays d'origine ou dans un lieu offrant une capacité de détention à l'étranger, cela signifie à la fois une exécution correcte de la peine et un gain d'efficacité considérable pour nos établissements pénitentiaires. Cela permettra également de mieux accompagner les détenus à la fin de leur peine afin de les réinsérer dans notre société", a expliqué Annelies Verlinden.
Selon un communiqué des ministres, le Cedoca - le département de recherche d'information sur les pays d'origine du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides - décrit l'Estonie comme un État de droit solide qui respecte les droits de l'Homme, ce qui rend le pays éligible à la coopération. Les pistes du Kosovo et de l'Albanie continuent d'être développées techniquement en coulisses.
"Notre message est clair : toute personne qui séjourne illégalement dans notre pays et qui, de surcroît, se rend coupable d'actes criminels n'y a pas d'avenir", souligne Anneleen Van Bossuyt. Selon elle, le retour dans le pays d'origine reste la première option. "Lorsque cela n'est pas possible, nous envisageons la détention en dehors de la Belgique. Nous renforçons ainsi non seulement la sécurité de nos citoyens, mais nous allégeons également la pression sur nos prisons."
Une rencontre avec la ministre estonienne de la Justice et de la Numérisation, Liisa-Ly Pakosta, est également au programme, ainsi qu'une visite d'une prison dans la capitale Tallinn.
