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Un bâteau de pêche à Zeebrugge

Accord de coopération à Ostende : les pêcheurs aideront les scientifiques à récolter des données sur les stocks de poissons

Grâce à une nouvelle installation embarquée à bord de leurs bateaux, les pêcheurs peuvent désormais contribuer à la collecte de données sur les espèces de poissons belges en mer du Nord. Cette installation prélève et stocke des échantillons d’eau de mer, permettant ainsi aux chercheurs d’identifier les espèces qui nagent en mer du Nord. L’accord rassemblant toute une brochette d’acteurs profite notamment aux pêcheurs, car les quotas de pêche auxquels ils sont soumis dépendent des avis scientifiques sur les stocks de poissons. Pour la première fois, les pêcheurs se voient donc attribuer un rôle central dans cette coopération.

Anne François Belga
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Le projet de recherche illustre la nécessité d'une collaboration renforcée entre pêcheurs et scientifiques dans les années à venir. Cette nécessité est stipulée dans le 4e "Pacte pour une pêche durable 2026-2030", signé cette semaine par la ministre flamande de la Pêche, Hilde Crevits, la Centrale d’armateurs, l’association flamande de protection de la nature Natuurpunt, l'Institut de recherche agricole, halieutique et alimentaire (ILVO), l'Agence pour l'agriculture et la pêche maritime, et la province de Flandre occidentale.

Pour la première fois, les pêcheurs sont placés au centre de cet accord de coopération qui définit des objectifs et des orientations à leur intention. "Il nous servira de boussole pour les années à venir", a déclaré Hilde Crevits lors de la cérémonie de signature au marché aux poissons d'Ostende. "Les scientifiques et les pêcheurs collaboreront ainsi plus étroitement et que tout sera mis en œuvre pour alléger les charges administratives auxquelles doivent faire face les pêcheurs."

L'objectif est de mettre en place une pêche de précision, des données en temps réel et des conseils plus fiables en matière de pêche. Les acteurs du secteur de la pêche et des secteurs connexes s’engagent à œuvrer ensemble en faveur de la santé des mers et des océans. Les pêcheurs seront encore plus impliqués dans ce domaine à l'avenir.

Le 4e Pacte pour une pêche durable (2026-2030) a été signé au marché aux poissons d'Ostende, en présence de la ministre Crevits (2e depuis la g.)

Collecte de données plus fréquente et abondante

Pour renforcer le partenariat entre pêcheurs et scientifiques, l'Institut de recherche agricole, halieutique et alimentaire (ILVO) a conçu et testé un échantillonneur d'ADN environnemental (photo), automatisé. Embarqué à bord des navires de pêche, cet appareil est raccordé à l'une des nombreuses canalisations qui amènent de l'eau de mer dans les bateaux.

En mer, l'appareil prélève des échantillons d'eau de manière autonome et les stocke en toute sécurité à bord. De retour au port, les chercheurs peuvent alors analyser ces échantillons et, grâce à l'ADN qu'ils contiennent, déterminer les espèces de poissons présentes en mer du Nord. "Nous pouvons déjà le faire pour 87 % des 160 espèces de poissons belges", précisent l’ILVO.

L'échantillonneur d'ADN environnemental

L'avantage majeur de ce système réside dans la possibilité de collecter beaucoup plus souvent et rapidement des données sur les stocks de poissons. L’échantillonneur permet également de recueillir des données impossibles à obtenir de manière conventionnelle, notamment lors de la capture du poisson. Ainsi, les chercheurs ont par exemple constaté, grâce à l'analyse d'échantillons d'ADN environnemental, une plus grande abondance de sardines en mer du Nord, ce qui n'était pas évident d'après les données de captures physiques sur lesquelles l'Europe fonde ses statistiques. "Tout simplement parce que les sardines nagent plus près de la surface et ne sont donc pas capturées par les chaluts des pêcheurs belges."

Tous bénéfices pour les scientifiques et les pêcheurs

Actuellement, seuls deux navires de pêche belges sont équipés de ce dispositif, mais d'autres devraient suivre rapidement. "Car ce dispositif est aussi utile aux pêcheurs", expliquent les signataires. Les quotas de pêche et les possibilités de capture pour les pêcheurs belges sont ainsi déterminés sur la base d'avis scientifiques.

Cette étroite collaboration garantit une compréhension mutuelle et le respect du travail de chacun.

Hilde Crevits, ministre flamande de la Pêche

En bref : plus on pourra déterminer avec précision quelles espèces de poissons nagent en mer du Nord, mieux l'Europe pourra fixer les quotas de pêche imposés aux pêcheurs. "Il est donc important, tant pour le secteur que pour la protection de l'écosystème, que ces avis soient précis et fiables", souligne la ministre flamande de la Pêche.

"Les décisions et les recherches sont souvent menées sans consulter les pêcheurs. Désormais, grâce à leurs navires, ils contribueront à fournir les données nécessaires et à mener des recherches en mer. Cette étroite collaboration garantit une compréhension mutuelle et le respect du travail de chacun", se réjouissait Hilde Crevits.

Moins de formalités pour les pêcheurs

L’accord met également l’accent sur la réduction des formalités administratives exigées des pêcheurs. À l’instar des agriculteurs, les pêcheurs doivent en effet remplir de nombreux documents et effectuer diverses déclarations.

En concertation avec le secteur, la ministre flamande entend élaborer un plan d’action visant pour alléger ces formalités et simplifier les procédures administratives.

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