Du 6 au 22 février, la Belgique enverra aux Jeux Olympiques d'hiver 2026 de Milan Cortina une délégation record de 30 athlètes, dans 9 sports différents. Le 'Team Belgium' va ainsi dépasser le contingent belge des Jeux de Garmisch-Partenkirchen 1936, qui comptait 27 sportifs. Une ambition claire: "faire mieux qu'à Pékin il y a quatre ans", a déclaré Olav Spahl, le directeur du sport de haut niveau du Comité olympique et interfédéral belge (COIB) ce vendredi, lors de l'annonce de la sélection.
La Belgique enverra la plus grosse délégation de son histoire aux Jeux Olympiques d'hiver
En 1936 toutefois, le hockey sur glace avait gonflé les rangs belges avec une sélection de 10 joueurs. Cette année, le biathlon, avec 8 athlètes, sera le sport le mieux représenté devant le patinage de vitesse et le shorttrack (6 athlètes chacun). Cette présence record confirme la montée en puissance des sports d'hiver dans notre pays: d'une délégation de 7 athlètes à Sotchi en 2014, le 'Team Belgium' était passé à 22 sportifs en 2018 à Pyeongchang. Le nombre a légèrement baissé à Pékin 2022, avec 19 Belges au départ, onze hommes et huit femmes.
A trois reprises dans l'histoire, les couleurs belges ont été représentées par un seul athlète: à Sapporo 1972 (le skieur alpin Robert Blanchaer), à Calgary 1988 (la patineuse artistique Katrien Pauwels) et à Nagano 1998, où le patineur de vitesse Bart Veldkamp avait réussi l'exploit de décrocher le bronze sur 5.000 m. Les Jeux 1960 de Squaw Valley et 1968 de Grenoble sont, eux, marqués par un triste record: l'absence totale de représentant belge.
La première édition des Jeux Olympiques d'hiver, en 1924 à Chamonix, avait vu la présence de 18 Belges. Celle de 1994 à Lillehammer était marquée par une première dans la délégation tricolore: une plus grande présence féminine (3) que masculine (2). Un scenario qui s'est reproduit en 2014 à Sotchi (4 femmes, 3 hommes) et se reproduira cette année en Italie, puisque la délégation comptera 14 messieurs et 16 dames dans 9 sports.
14 patineurs, 8 biathlètes et une snowboardeuse de 15 ans
Le biathlon sera le sport le plus représenté dans la délégation, avec huit athlètes: Eve Bouvard, Florent Claude, Lotte Lie, Marek Mackels, Marisa Emonts, Maya Cloetens, Sam Parmantier, Thierry Langer. Bouvard, Claude, Cloetens, Langer et Lie disputeront les épreuves individuelles en plus des relais. Les trois autres s'aligneront uniquement en relais. Les biathlètes belges s'étaient assurés les huit tickets pour Milan Cortina grâce aux résultats obtenus la saison passée. Depuis un an, ils peuvent donc penser à l'échéance olympique.
Les patineurs seront également nombreux dans l'avion pour l'Italie: six en patinage de vitesse, six en shorttrack et deux en patinage artistique. En patinage de vitesse, Bart Swings (photo) défendra son titre olympique sur le départ groupé et est également inscrit sur 5.000 m, 10.000 m et le départ groupé. Il sera accompagné par Fran Vanhoutte (départ groupé, poursuite par équipes), Indra Médard (départ groupé), Isabelle Van Elst (1.000 m, 1.500 m et poursuite par équipes), Sandrine Tas (3.000 m, 5.000 m, départ groupé et poursuite par équipes) et Mathias Vosté (1.000 m et 1.500 m).
En shorttack, Hanne Desmet (photo) aura de grandes ambitions sur 1.000 m, la distance sur laquelle elle avait décroché le bronze olympique à Pékin en 2022 et est championne du monde. Le 500 m, le 1.500 m et le relais mixte figurent également à son programme. Son frère Stijn Desmet (500 m, 1.000 m, 1.500 m, relais masculin, relais mixte), Adriaan Dewagtere (relais masculin), Tineke den Dulk (1.500 m, relais mixte), Ward Petré (relais masculin, relais mixte) et Warre Van Damme (relais masculin) seront également de la partie.
Deux Belges participeront à l'épreuve féminine de patinage artistique: Loena Hendrickx (photo), pour sa troisième participation olympique, et Nina Pinzarrone. "C'est excellent pour notre sport", soulignait Hendrickx fin octobre. "En huit ans, le patinage artistique est devenu bien plus connu ici. Et c'est une grosse performance de pouvoir aller aux Jeux à deux."
Le ski alpin sera bien représenté avec Armand Marchant (slalom), Sam Maes (slalom géant et slalom) chez les messieurs et Kim Vanreusel (slalom) chez les dames. Championne d'Europe et lauréate de la Coupe du monde, Kim Meylemans brille en skeleton, où elle représentera l'une des plus belles chances de médaille pour le camp belge.
Maximilien Drion (photo) deviendra le premier Belge engagé en ski alpinisme, où il s'alignera sur le sprint. "C'est vraiment un rêve qui est né en 2021, à la suite de l'annonce du CIO" d'intégrer le ski alpinisme au programme olympique, a-t-il indiqué.
La surprise est venue du snowboard où la jeune Sky Remans (photo), 15 ans, a réussi à décrocher sa qualification. Elle disputera le slopestyle et le big air. "L'accent est surtout mis sur les Jeux de 2030, mais ce serait déjà une belle étape de goûter aux Jeux déjà en 2026", confiait-elle avant ses débuts en Coupe du monde en début de saison. La jeune snowboardeuse accompagnera Evy Poppe, qui n'a toutefois toujours pas disputé de compétition cette saison en raison d'une blessure.
Enfin Kelly Van Petegem a arraché sa qualification in extremis en monobob, renversant une situation compliquée lors de la dernière manche de Coupe du monde à Altenberg. Le miracle n'a par contre pas eu lieu en bob à deux pour elle et ses partenaires des Belgian Bullets.
Cédric Van Branteghem : "l'effet d'entraînement"
"C'est un effet d'entrainement", a expliqué Cédric Van Branteghem (photo), le CEO du Comité olympique et interfédéral belge ce vendredi lors de la conférence de presse de présentation de la sélection. "Cela commence toujours par de beaux exemples", a analysé Van Branteghem. "En patinage, si on regarde dans le passé, peut-être qu'on doit beaucoup à un Néerlandais, Bart Veldkamp, qui a fait trois Jeux Olympiques pour la Belgique", remportant le bronze à Nagano en 1998.
"Et après on voit Bart Swings qui vient du roller, le shorttrack qui commence. C'est un effet d'entraînement. Évidemment, c'est lié aussi aux investissements de Sport Vlaanderen, de l'ADEPS, de nous-mêmes. On continue à progresser, et ça se voit dans les résultats, donc on y croit vraiment. Et puis il y a un phénomène très belge aussi, ce sont les relais, un peu comme dans les sports d'été. Nous aurons des relais en biathlon, en shorttrack et en patinage de vitesse."
L'investissement demandé est important car "ce sont des sports chers", a souligné Van Branteghem. "Ils demandent beaucoup de voyages, beaucoup de déplacements, il y a certains sports qui sont chers à cause du matériel. Tout le monde vit à l'étranger sauf Loena Hendrickx et Nina Pinzarrone qui peuvent s'entraîner en Belgique. Les autres ne peuvent pas s'entrainer ici, même le shorttrack. C'est un petit handicap belge, mais qu'on essaie de compenser avec de bonnes collaborations en Hongrie, aux Pays-Bas, à Salt Lake City. Vivre quelques semaines ou mois à Salt Lake City coûte de l'argent, et nous collaborons avec les partenaires du sport de haut niveau."
