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Des néo-enseignants en Flandre obligés de rembourser des milliers d'euros de salaire

Les autorités flamandes ont récupéré un total de dix millions d'euros de salaires considérés comme indûment versés à des personnes récemment passées du secteur privé à l'enseignement. Ces néo-enseignants ont perdu jusqu’à 10 ans d’ancienneté du secteur privé que les autorités leur avait pourtant promis de pouvoir conserver et perdent donc plusieurs centaines d’euros de salaire par mois. En cause, un certain nombre de jours d’enseignement qu’ils avaient déjà donnés avant d’entamer leur nouvelle carrière.

Anne François Belga
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Pour pallier la pénurie d'enseignants dans les écoles flamandes, le précédent gouvernement régional avait introduit une mesure visant à inciter les personnes issues du secteur privé à se lancer dans l'enseignement. Ainsi, les personnes qui embrassaient le métier pouvaient conserver une partie de leur ancienneté (un maximum de 10 ans) et prétendre à un salaire plus élevé que celui d'un enseignant débutant.

C'était en tout cas ce qu'avaient promis les autorités. Mais dans la pratique, si une personne a travaillé plus de 105 jours dans l'enseignement par le passé, l'administration ne la considère pas comme une personne issue d'un autre secteur. Elle doit donc rembourser une partie (importante) de son salaire et perd son ancienneté provenant de son activité dans le secteur privé.

VRT NWS a appris que 6.880 lettres de recouvrement ont été envoyées, en 2024, par l'agence flamande responsable de la mise en œuvre de la politique éducative (Agodi) pour un montant moyen de 1.536 euros. La rédaction a cependant récolté le témoignage d'au moins néo-enseignantes qui doivent rembourser près de 6.000 et 7.000 euros perçus.

Dix millions d'euros de remboursements de salaires en 2024

Les sommes que ces deux néo-enseignantes doivent rembourser sont exceptionnellement élevées. Mais elles ne sont certainement pas les seules dans le secteur de l'éducation à devoir rembourser une partie de leur salaire. Au total, Agodi a dû récupérer en 2024 près de 10 millions d'euros de trop-perçus de salaires, sur un total de plus de 10 milliards d'euros de salaires versés. Agodi envoie une telle lettre de remboursement lorsqu'un trop-perçu de plus de 500 euros est constaté.

"Il est inévitable que des révisions des salaires versés soient nécessaires", explique Agodi. "En effet, les paiements sont finalisés autour du 20 de chaque mois. Si des changements surviennent ultérieurement, par exemple en raison de missions temporaires ou d'interruptions de service, le salaire doit être révisé."

Les deux néo-enseignantes indiquent qu'elles n'auraient pas accepté de postes dans des écoles à l'époque si elles avaient su qu'elles ne toucheraient qu'un salaire de débutant. "La semaine dernière, un étudiant est venu me remercier après le cours. J'aime beaucoup mon travail, mais cette situation me pèse énormément. Je me sens lésée et je ne veux pas continuer", indiquait l’une d’elle à VRT NWS.

Un délai de prescription plus court pour les paiements erronés

La ministre flamande de l'Éducation, Zuhal Demir, est consciente du problème. "Devoir rembourser des milliers d'euros pour une erreur que l'on n'a pas commise mine la confiance envers l'État en tant qu'employeur. Toute personne qui travaille de bonne foi pour notre système éducatif mérite sécurité juridique et respect."

Mais elle ne peut rien faire concernant les dossiers en cours : "Cela dépasse mes compétences légales. Je veux tout mettre en œuvre pour éviter que ce genre de situations ne se reproduise." C'est pourquoi l'idée d'appliquer un délai de prescription plus court est envisagée.

Actuellement de deux ans, ce délai court jusqu'à la fin de l'année au cours de laquelle le paiement erroné a eu lieu, "afin de protéger les enseignants contre des recouvrements disproportionnés et tardifs".

La ministre Zuhal Demir (au centre)

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