Aller au contenu principal
Les élèves de l'enseignement néerlandophone expriment leur mécontentement Place de l'Albertine à Bruxelles

Des centaines d'écoliers manifestent dans plusieurs villes de Flandre contre des changements annoncés par la ministre de l'Enseignement

En Flandre et à Bruxelles, des centaines de jeunes ont manifesté dans les rues pour protester contre des changements annoncés par la ministre flamande de l’Enseignement Zuhal Demir, à commencer par la suppression de journées pédagogiques et de jours de congé facultatifs (refonte du calendrier scolaire). Ils soulignent que le problème principal reste la pénurie d’enseignants. À Gand, environ 400 élèves se sont rassemblés, à Anvers 200, à Bruxelles entre 100 et 150, à Hasselt environ 70 et quelques dizaines à Courtrai ainsi qu'à Louvain. A l’issue d’un entretien de 90 minutes avec des représentants de la Coupole des étudiants flamands, la ministre de l’Enseignement a promis d’écouter davantage l’avis des écoliers.

Anne François Belga
Publié:
Actualisé:update:

Le mois dernier, la ministre Zuhal Demir annonçait vouloir réduire fortement le nombre de jours sans cours, comme les journées pédagogiques ou les "jours blancs" entre les examens et les vacances. Son projet de réforme prévoit également la mise sur pied d'une garde "pédagogiquement utile" et obligatoire lorsque les cours ne peuvent se dérouler.

Des centaines d’élèves manifestent ce jeudi dans plusieurs grandes villes flamandes contre les réformes mises en oeuvre ou à mettre en œuvre par la ministre de l'Enseignement Zuhal Demir (N-VA). Ils contestent notamment la suppression des journées pédagogiques et des congés facultatifs. 

Les élèves soulignent que ces journées permettent justement de souffler, y compris pour les enseignants. Zuhal Demir souhaite par contre que les élèves passent plus de temps en classe. Elle cherche depuis le début de son mandat des mesures qui permettront d’améliorer la qualité de l’enseignement néerlandophone.

Des élèves rassemblés sur la Grand-Place de Courtrai (Flandre occidentale)
Sur la Place Verte à Anvers

Mais les élèves sont avant tout inquiets de la pénurie d'enseignants, qui leur fait manquer des cours ou les place dans des classes surchargées, ce qui nuit à la qualité de l'enseignement. Ils se plaignent aussi des nombreuses heures qu’ils passent à l’étude parce que des enseignants sont absents.

Certains élèves critiquent en outre l'interdiction des smartphones pendant les cours, jusque dans les dernières années secondaires.

REGARDER
A Hasselt, des élèves protestent contre les locaux vétustes et le manque d'enseignants
REGARDER
Sur le Vrijdagmarkt à Gand (Flandre orientale)

Demir promet d’écouter davantage l’avis des écoliers

La ministre de l'Éducation a promis d'être plus à l'écoute des étudiants, après une réunion d'une heure et demie avec des représentants de la Coupole des étudiants flamands. "La ministre Demir nous a promis qu'elle discuterait désormais de sa politique avec nous", a déclaré Lieselore Wouters, présidente de la Coupole des étudiants (Vlaamse Scholierenkoepel). Celle-ci rencontrera régulièrement des représentants du cabinet de la ministre. "Les préoccupations des étudiants seront prises en compte avant toute décision".

Selon Lieselore Wouters, la ministre comprend les frustrations des étudiants. "Lors de la réunion, la ministre a reconnu que la politique devrait davantage se concentrer sur la réduction de la charge de travail, du stress et de la peur de l'échec chez les étudiants. Le bien-être mental est un sujet que les étudiants jugent primordial."

La ministre de l'Enseignement Zuhal Demir
Des élèves rassemblés sur le Vrijdagmarkt à Gand

La participation à l'action de protestation étant considérée comme une absence injustifiée, certaines écoles avaient organisé des activités dans leur enceinte pour permettre à leurs élèves d'exprimer leur mécontentement tout en venant aux cours. 

Des enseignants ont également exprimé leur frustration. Le plan de la ministre est en effet loin de les séduire: selon une enquête menée par Teacher Tapp Vlaanderen, 86% d'entre eux s'opposent à l'obligation d'enseigner le premier et le dernier jour d'école. Un pourcentage similaire (85%) rejette la suppression (dans le secondaire) ou la réduction (dans le primaire) des journées pédagogiques.

Enfin, seuls 10% des profs sondés sont favorables à la suppression des jours de congé supplémentaires, que les écoles peuvent utiliser, par exemple, pour créer un pont entre un jour férié et un week-end.

Ecole WonderWereld à Essen

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5