Presque 600 jours après les élections de juin 2024, la Région de Bruxelles-Capitale n’a toujours pas de nouveau gouvernement, en raison des blocages persistants. C’est un record pour notre pays, et il se voit une nouvelle fois prolongé. Le président du parti Les Engagés et formateur bruxellois depuis quelques semaines, Yvan Verougstraete, a en effet annoncé ce mardi matin qu'il renonçait à sa mission, le jour-même où il voulait lancer les négociations budgétaires pour la Région bruxelloise. En cause, selon lui, l'absence du ministre bruxellois du Budget, le libéral flamand Dirk De Smedt. Il a renoncé à venir, sur injonction de son parti, après avoir pourtant accepté de le faire il y a quelques jours.
Formation bruxelloise : Yvan Verougstraete renonce à sa mission de formateur
À Bruxelles, le formateur Yvan Verougstraete avait réuni ce mardi matin des négociateurs du PS, d'Ecolo, de Défi, Vooruit et de Groen pour discuter du budget 2026. Le retrait de dernière minute du ministre bruxellois du Budget, Dirk De Smedt (Anders), a néanmoins suscité la consternation des autres partis. "C'est ironique : Frédéric De Gucht, qui a bâti sa courte carrière en s'opposant au PS et en défendant une majorité néerlandophone, choisit maintenant de travailler dans un gouvernement minoritaire sous l'égide du PS, car c'est bien de cela qu'il s'agit : un gouvernement intérimaire", réagissait Elke Van den Brandt (Groen).
La négociatrice de Vooruit, Ans Persoons, s’est dit gênée à la place d’Open VLD, le parti libéral rebaptisé Anders depuis hier. "Ce qui est sur la table aujourd'hui, c'est la proposition la plus sérieuse et la plus ambitieuse de ces 600 derniers jours. Et pourtant, ils osent encore bloquer et refuser. Parce que leur ego est démesuré."
Bernard Clerfayt (Défi) réaffirme qu'une majorité absolue est nécessaire pour parvenir à de véritables réformes et à un budget équilibré. Or, la structure de centre-gauche que Yvan Verougstraete souhaite mettre en place ne dispose pas de cette majorité. Du côté néerlandophone, elle est clairement minoritaire, maintenant que le CD&V a choisi l'opposition et qu'Anders s'est également retiré.
Mission impossible ?
Au terme d’une réunion de plus d'une heure avec les représentants des six partis venus s’asseoir à la table des négociations, Verougstraete a annoncé qu’il renonçait à sa mission. Il a pointé du doigt Anders, qui a refusé de participer négociations. "Le ministre du Budget, Dirk De Smedt, est désormais très isolé au sein du gouvernement intérimaire", a-t-il déclaré.
Verougstraete souhaitait former une coalition de centre-gauche avec le PS, Ecolo, Défi, Les Engagés, Vooruit, Groen et le CD&V. Une coalition qui aurait de toute façon été difficile à gérer, car elle ne dispose pas de la majorité absolue. La mise en place d'une telle coalition nécessiterait des arrangements spéciaux.
De plus, le CD&V a récemment annoncé son intention de rejoindre l'opposition, et Anders (l'ancien VLD ouvert) refuse donc également de participer aux discussions. Verougstraete n'a pu que conclure que "les nouvelles exigences rendent impossible la formation d'une majorité". Il démissionne donc de son poste de formateur. L'avenir de la Région Capitale, plus d'un an et demi après les élections, demeure donc incertain.

