Dans une publication sur les réseaux sociaux, la ministre flamande Melissa Depraetere est revenue ce lundi sur la campagne de harcèlement en ligne qu'elle a subie depuis l'annonce de son congé de maternité anticipé, pour des raisons médicales sérieuses. Elle veut ouvrir le débat sur l’allongement du congé de maternité et l’influence du stress sur la santé, tandis que la ministre fédérale en charge du Numérique, Vanessa Matz, annonce qu’elle transmettra à l'IBPT - le régulateur fédéral compétent pour le marché des communications électroniques - les commentaires haineux envoyés à Depraetere.
Melissa Depraetere évoque le harcèlement dont elle est victime et le débat sociétal lancé en Flandre par son repos anticipé
La jeune ministre socialiste Melissa Depraetere - en charge notamment du Logement, de l’Energie et du Climat, du Tourisme et de la Jeunesse au sein du gouvernement flamand -, enceinte depuis environ six mois, a été forcée de s'arrêter de travailler plus tôt que prévu sur avis médical. Le stress occasionné par ses multiples responsabilités ministérielles ne permet pas à son bébé de grandir suffisamment et les risques de naissance prématurée sont réels.
Elle est cependant confrontée depuis la semaine dernière à des torrents de haine sur les réseaux sociaux. La ministre fédérale du Numérique, Vanessa Matz, a d’ailleurs condamné ce lundi matin ce déferlement haineux.
"Après toutes ces critiques, j'ai reçu une avalanche de messages gentils, positifs, chaleureux et humains", a affirmé Melissa Depraetere. Pour elle, cet épisode a permis de lancer un débat sociétal sur la gestion des commentaires sur les sites d'information, tout comme sur les attentes envers les (futurs) parents: "Pour des raisons médicales, je dois arrêter de travailler plus tôt et j'ai reçu de nombreux messages de femmes dans une situation similaire. Mais même lorsque les mamans peuvent continuer à travailler jusqu'à 39 semaines, est-ce vraiment responsable? Avec 15 semaines de congé de maternité, nous sommes en queue du peloton européen. Et puis, quel est l'impact du stress sur notre santé?", s'interroge-t-elle.
"Je n'aurais jamais pensé ni souhaité que ma grossesse devienne un 'débat' sur lequel toute la Flandre a subitement un avis, mais il est positif que ces questions soient posées et, espérons-le, qu'elles ne soient pas immédiatement mises de côté. Je veillerai à ce qu'il en soit ainsi", a ajouté la ministre. Depraetere a également souhaité bonne chance à son remplaçant Hans Bonte, qui a "toute sa confiance".
Vanessa Matz condamne les propos haineux sur les réseaux
Vanessa Matz, La ministre fédérale en charge du Numérique, Vanessa Matz, condamne pour sa part avec la plus grande fermenté les campagnes de haine et de violence en ligne dont sont victimes ces derniers jours Stéphanie Cortisse et Melissa Depraetere.
La députée verviétoise Stéphanie Cortisse (MR) est la cible d'un déferlement de messages sexistes et de harcèlement sur les réseaux sociaux après avoir affirmé à la presse que le président de son parti, Georges-Louis Bouchez, n'était pas un dictateur.
Sa conseur, Melissa Depraetere (Vooruit), est elle aussi confrontée depuis la semaine dernière à des torrents de haine sur les réseaux sociaux. Face à ces propos "sexistes, haineux et violents", la ministre Matz invite ses deux collègues à réagir, en signalant ces commentaires via les plateformes et en déposant plainte auprès de la police et des autorités judiciaires. Stéphanie Cortisse a indiqué qu'elle allait le faire.
De son côté, Vanessa Matz va transmettre ces commentaires haineux à l'IBPT, le régulateur fédéral compétent pour le marché des communications électroniques, "afin que la Commission européenne se saisisse de l'affaire et mette la pression sur les plateformes pour qu'elles prennent leurs responsabilités quant aux contenus qu'elles hébergent et qu'elles amplifient avec leurs algorithmes".
Par ailleurs, la ministre fédérale se dit déterminée à mettre en place une "législation robuste qui mettra enfin un terme à l'anonymat malveillant en ligne". "Ce qui n'est pas toléré dans la vie réelle ne doit pas l'être sur Internet : nous devons garantir que chacune et chacun puisse s'exprimer sans être agressé, menacé ou réduit au silence par la haine en ligne", concluait Vanessa Matz.

