Un officier belge participe dès ce lundi à la mission de reconnaissance internationale menée au Groenland, ont annoncé vendredi soir les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Theo Francken et Maxime Prévot. La mise sur pied de cette mission de reconnaissance a été annoncée en guise de réponse aux velléités du président américain Donald Trump de s'emparer de l'île arctique sous souveraineté danoise. Plusieurs pays européens ont annoncé leur participation: outre les pays scandinaves, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou encore les Pays-Bas.
La mission de reconnaissance se déroule sous commandement danois. Elle s'inscrit dans le cadre des efforts plus larges de l'Otan visant à renforcer la présence militaire et les possibilités d'entraînement dans la région arctique, une zone stratégiquement importante. Elle doit "identifier les possibilités d'exercices militaires futurs au Groenland, ainsi que les possibilités d'accroître la présence militaire à des fins de dissuasion et de défense dans cette région géostratégique", essentiellement face à la Russie et la Chine, précise Theo Francken.
Jusqu'à présent, le nombre de militaires envoyés par les pays européens est réduit. Ils doivent mener des activités de reconnaissance pour déterminer le déploiement possible à terme, rappelait le ministre Francken notamment sur le plateau de l’émission "De Afspraak" vendredi soir (photo principale). Cette reconnaissance sera suivie d'une concertation au sein de l'Otan pour organiser des activités de formation et d'entraînement dans la région. L'éventuelle participation belge à une opération "Arctic Sentry" sera décidée ultérieurement en concertation entre les partenaires gouvernementaux.
"La sécurité dans la région arctique revêt une importance stratégique pour l'ensemble de l'alliance. En participant à cette mission, nous démontrons notre engagement au sein de l'Otan et contribuons aux efforts collectifs visant à sécuriser cette région stratégiquement importante", a souligné Theo Francken. Maxime Prévot a lui aussi souligné l'importance de cette mission. "Cette mission de reconnaissance s'inscrit pleinement dans nos efforts pour renforcer la coopération internationale. La région arctique nécessite une approche commune de tous les alliés, et la Belgique est heureuse d'assumer ses responsabilités à cet égard", a-t-il expliqué.
Préserver les relations transatlantiques
Les pays européens marchent sur des œufs. "Le Groenland fait partie du territoire du Royaume du Danemark et est donc en principe couvert par la clause de solidarité mutuelle" de l'Union européenne, a répondu vendredi la Commission européenne aux questions des médias, en se refusant "à spéculer davantage".
La Maison blanche a affirmé la semaine passée que le président Trump étudiait "activement" la piste d'un rachat de l'île, mais n'a pas exclu "l'option militaire", un scénario qui ferait voler en éclats les relations transatlantiques.
La semaine passée, Maxime Prévot se trouvait à Washington où il a rencontré divers officiels américains, dont son homologue Marco Rubio. Mercredi, en commission de la Chambre, il s'est voulu rassurant. "Des contacts que j'ai pu avoir, il apparaît que la prise du territoire (du Groenland) par une quelconque opération armée n'est pas envisagée, chacun comprenant la déflagration que cela pourrait générer au niveau des relations internationales et singulièrement à l'intérieur de l'Otan", avait expliqué le chef de la diplomatie belge.
