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La ministre Verlinden examine la possibilité de recourir à des agents de sécurité privés dans les prisons

La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), examine si des sociétés de sécurité privées peuvent contribuer à pallier la grave pénurie de personnel dans les prisons. C’est ce qu’écrit Het Nieuwsblad, une information confirmée par la ministre à la rédaction de VRT NWS. Les syndicats sont indignés : "La ministre ferait mieux de rendre le statut du personnel pénitentiaire plus attractif plutôt que d’espérer une amélioration grâce à cette mesure", déclarent les syndicats.

Eric Steffens
Publié:

Des sociétés de sécurité privées peuvent-elles résoudre le problème de manque de personnel dans les prisons ? C’est ce que examine la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V). "La pénurie de personnel pèse énormément sur les agents pénitentiaires actuels. Nous devons donc oser réfléchir à d’autres solutions, plus créatives. Et celle-ci en est une", explique-t-elle.

Robby De Kaey, délégué syndical de l’ACOD, n’est pas surpris, mais se dit choqué : "Lorsqu’il y a un problème dans ce pays et qu’on n’arrive pas à le résoudre, on jette alors de l’argent vers le secteur privé. Et là, soudain, il y a un budget."

Il ne voit aucune issue dans la proposition de Verlinden. "Il ne suffit pas d’oser réfléchir, il faut surtout oser agir. Si l’on améliore les conditions de travail du personnel, il sera aussi plus facile de recruter. Pour cela, il faut réduire la surpopulation carcérale."

Afin de lutter contre cette surpopulation, il a déjà été décidé l’an dernier de maintenir plus longtemps ouverte l’ancienne prison d’Anvers, alors que la nouvelle doit ouvrir ses portes. Là aussi, le personnel manque, ce qui fait craindre une ouverture retardée.

Et c’est là une partie du problème, selon Robby De Kaey : "Le calendrier pose aussi problème. En raison de la forte surpopulation, on n’a pas d’autre choix que de garder l’ancienne prison d’Anvers ouverte, alors que la nouvelle ouvre déjà. Une nouvelle prison qui nécessite encore plus de personnel que l’ancienne."

Inquiétudes en matière de sécurité

Malgré tout, Annelies Verlinden cherche d’autres pistes pour recruter davantage de personnel. "Des sociétés de gardiennage privées pourraient être déployées pour certains types de tâches sans contact direct avec les détenus. Il s’agirait par exemple de contrôles d’accès, de fonctions d’accueil ou d’observation."

Robby De Kaey s’interroge aussi sur les conséquences de ce choix en matière de sécurité : "Une prison n’est pas un centre commercial. On y travaille dans un contexte très spécifique, avec des équipements et des procédures de sécurité particuliers."

Il émet également des réserves sur le plan du respect de la vie privée. "De nombreuses personnes entrent dans une prison, et leurs données personnelles doivent être protégées. C’est une mission qui relève du personnel de l’État, soumis à un serment et bénéficiant d’un statut. On ne peut pas balayer cela d’un revers de la main : les agents de sécurité privés sont employés sous un tout autre régime."

Trois autres pistes à l’étude

Dans le cadre du même plan, la ministre examine aussi la possibilité d’assouplir les exigences en matière de diplômes pour certains postes en prison, ainsi que l’ouverture des recrutements à des ressortissants d’autres pays de l’Union européenne. Elle souligne toutefois que "la qualité des profils recrutés doit rester une priorité". "La pression pour trouver rapidement du personnel supplémentaire ne peut pas entraver les filtres qui garantissent l’engagement des bonnes personnes", insiste Annelies Verlinden.

Selon le syndicat, "la ministre ferait mieux de rendre le statut du personnel pénitentiaire plus attractif plutôt que d’espérer une amélioration grâce à ces mesures".

De son côté, l’Administration pénitentiaire n’a, pour l’heure, pas réagi à ces projets.  

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