Des parties du ring intérieur et extérieur au sud de Bruxelles sont fermées ce vendredi matin en raison des blocages. La Fédération wallonne des jeunes agriculteurs (FJA) proteste contre les projets de la Commission européenne visant à signer un accord commercial avec plusieurs pays sud-américains, tels que le Brésil et l’Argentine, regroupés au sein du Mercosur. Et dans le sud du pays l'E411 et la N4 sont bloquées par des agriculteurs sur plusieurs kilomètres à Courrière.
Mobilisation des agriculteurs contre l’accord UE-Mercosur : plusieurs autoroutes bloquées en Wallonie
L'autoroute E411 et la Nationale 4 à hauteur de Courrière, près de Namur, sont bloquées par de nombreux agriculteurs venus avec leurs tracteurs depuis 05h30 vendredi matin. L'action devrait durer jusqu'à samedi matin au moins, a indiqué la Fédération des jeunes Agriculteurs (FJA), qui entend ainsi protester contre la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. L'E411 est fermée à hauteur de Wierde vers le Luxembourg et de Courrière vers Bruxelles. La N4 est également fermée sur plusieurs kilomètres à son croisement avec l'autoroute. Des déviations sont mises en place par la police via les petites routes qui entourent le dispositif.
Des pommes de terre sont distribuées gratuitement aux automobilistes à hauteur du rond-point de Naninne reliant la N4 et la N941. Certains insistent toutefois pour les payer, en soutien aux agriculteurs.
L'E42 bloquée jeudi soir à hauteur de l'échangeur de Marquain
Plus de 50 tracteurs venus des quatre coins de Wallonie picarde se sont regroupés dans le zoning d'Orcq (Tournai) jeudi soir à l'appel de la FJA (Fédération des jeunes agriculteurs). Objectif : bloquer l'E42 à hauteur de l'échangeur de Marquain afin de protester contre la conclusion de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) qui devrait aboutir vendredi lors d'une réunion des ambassadeurs des 27 pays de l'UE. La signature officielle est prévue pour le 12 janvier.
Sous des trombes d'eau, les agriculteurs ont attendu que la signalisation et les déviations soient mises en place sur l'E42 avant de partir en convoi vers l'autoroute. "L'E42 est bloquée de part et d'autre de l'échangeur", a indiqué Aubin Fauvarque, président d'une des deux sections FJA de Tournai. "Après discussion avec la police et pour garantir la sécurité des usagers, il a été décidé de bloquer complètement l'autoroute plutôt que de laisser des barrages filtrants. Nous resterons en place une grande partie de la journée de vendredi."
Les agriculteurs entendent ainsi dénoncer les termes de l'accord. "Nous demandons l'abandon du volet agricole de cet accord UE-Mercosur", précise Aubin Fauvarque. "Nous défendons non seulement l'agriculture mais aussi l'assiette du consommateur. On nous demande de produire avec des contraintes et des normes sanitaires et environnementales européennes qui ne cessent d'augmenter, puis on nous invente qu'on va importer des choses qui ne correspondent à aucune de nos contraintes. Des produits phytosanitaires interdits chez nous depuis les années 80 sont encore utilisés dans ces pays du Mercosur. On parle de l'Europe verte, mais j'ai du mal à comprendre comment un produit peut être écologique s'il vient du bout du monde. Nous défendons notre agriculture et nos productions. Dites-moi comment on va vérifier la traçabilité de la viande importée de là-bas ?"
Des agriculteurs français sont attendus vendredi matin pour soutenir leurs homologues belges, mais certains étaient déjà présents sur place jeudi soir.
Les Vingt-sept appelés à se prononcer sur l'accord UE-Mercosur
Les ambassadeurs des États membres de l'Union européenne sont appelés à discuter, à partir de 11h ce vendredi à Bruxelles, puis sans doute à voter sur l'accord controversé de libre-échange commercial entre l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), alors que les agriculteurs bloquaient plusieurs autoroutes du pays.
Discuté depuis plus de 25 ans, l'accord doit être approuvé à la majorité qualifiée des Vingt-sept, soit au moins 15 membres de l'UE représentant 65% de la population. Cheffe de file des opposants au texte "en l'état", la France n'apparaît pas en mesure de réunir une minorité de blocage si l'Italie, comme pressenti, devait donner son feu vert, après d'ultimes tergiversations.
La Pologne, la Hongrie, l'Irlande et l'Autriche sont aussi opposées, tandis que la Belgique devrait s'abstenir. Parmi les formations politiques participant à des gouvernements de plein exercice, seule la N-VA soutient clairement l'accord proposé, faisant valoir son importance pour les échanges commerciaux, en particulier avec le port d'Anvers.
