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La gouverneure d'Anvers Cathy Berx

La gouverneure d'Anvers réclame une interdiction de faire dormir des prisonniers sur le sol, "seul moyen de résoudre le problème de surpopulation"

Cathy Berx, la gouverneure de la province anversoise, réclame l’instauration d’une loi interdisant de faire dormir des détenus sur des matelas à même le sol dans les prisons. Selon elle, cette mesure est nécessaire parce que les provinces ont actuellement peu de marge de manœuvre face à la surpopulation carcérale. Elle préconise également un recours accru à la surveillance électronique plutôt qu'à l'emprisonnement. Un avis partagé par le gouverneur de la province du Limbourg, Jos Lantmeeters. Le cabinet de la ministre de la Justice a répondu ce lundi qu'Annelies Verlinden n'a pas besoin d'être convaincue de la gravité de la situation dans les prisons. Des propositions visant à fournir des lits aux détenus dormant à même le sol sont à l'étude, mais aucun accord n'a encore été trouvé à ce sujet au sein du gouvernement fédéral.

Anne François Belga
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Cathy Berx estime qu'une loi interdisant de faire dormir des détenus à même le sol est la seule solution pour contrecarrer la surpopulation carcérale. Le 23 décembre dernier, l’administration pénitentiaire annonçait que 614 détenus en Belgique étaient obligés de dormir sur un matelas posé au sol dans une cellule, par manque de lits dans les prisons du pays. Un comité de surveillance a déjà exhorté la province de Flandre orientale à s'attaquer au problème.

La gouverneure de la province d’Anvers souligne la complexité juridique de la situation : "Nous pouvons prendre des mesures policières contre la surpopulation, mais la loi nous oblige également à accepter les détenus qui se présentent munis d'une lettre d'incarcération. Un règlement est subordonné à cette loi."

C'est pourquoi la gouverneure plaidait ce dimanche pour une loi qui devrait permettre à terme de résoudre ce problème. "Cette loi préciserait également la procédure à suivre lorsqu'une personne se présente dans une prison pleine. Des quotas devraient donc être instaurés."

Un signal approprié

Cathy Berx espère en tous cas une solution rapide. Elle constate que d'autres gouverneurs publient également des déclarations. Le gouverneur du Limbourg, Jos Lantmeeters, avait déjà tiré la sonnette d’alarme samedi et partage l’avis de son homologue anversoise.

"Nous ne pouvons rien offrir de plus que ces messages symboliques", déclarait Cathy Berx. "Néanmoins, j'espère que nos appels à l'aide seront entendus et que le gouvernement trouvera rapidement une solution", ajoutait-elle. "Près de 100 détenus dorment à même le sol à Anvers, c'est inacceptable. C'est néfaste pour les détenus, néfaste pour le personnel et catastrophique pour la sécurité de la prison."

Selon Cathy Berx, la situation est inhumaine. "Cela se reflète dans les taux de récidive. Personne ne tire profit d'un tel séjour en prison. De plus, la situation est également inhumaine pour le personnel."

Accroître la surveillance électronique

La gouverneure estime également que la surveillance de détenus à domicile avec un bracelet électronique offre une partie de la solution à la surpopulation carcérale. "Elle permet un suivi très étroit des personnes. Ce type de surveillance devrait être la norme."

Selon Berx, cela faciliterait aussi la réinsertion. "Après tout, les gens sous surveillance électronique peuvent déjà travailler. En tant que société, nous devons vraiment réfléchir aux cas exceptionnels où l'incarcération est la meilleure solution."

"Pas encore d’accord au sein du gouvernement fédéral"

Ce n'est pas la ministre de la Justice Annelies Verlinden (photo) qui doit être convaincue de la gravité de la situation, a indiqué ce lundi son cabinet. "Depuis son entrée en fonction, elle travaille sans relâche sur le dossier de la surpopulation et des détenus qui dorment par terre."

Selon le cabinet, des négociations étaient organisées ces dernières semaines concernant les mesures mises sur la table par la ministre lors de l'accord de Pâques et durant les dernières négociations budgétaires. Il s'agit de créer plus de capacité, d'embaucher plus de personnel et de mettre en place des mesures concernant l'expulsion des clandestins et des détenus. À terme, les 3.200 condamnés qui n'ont pas encore pu se présenter à la prison devraient également être écartés.

"Il n'y a pas encore de consensus sur ces propositions", précise le cabinet Verlinden. "La ministre continuera à insister sur ce point et poursuivra l'élaboration du train de mesures et des propositions sur la base des négociations menées lors de la dernière réunion du Conseil des ministres restreint. La situation dans les prisons exige une décision du gouvernement".

La ministre de la Justice Annelies Verlinden

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