Le gouvernement flamand a tranché dans le débat autour de l’ "indemnité de logement", une indemnité de plus de 1.115 euros par mois accordée aux ministres en plus de leur salaire. L’information, révélée par Het Nieuwsblad, et a été confirmée à VRT NWS. Cette prime est fusionnée avec d’autres indemnités, mais le montant total n’est pas modifié. Le parti d’opposition PVDA réagit avec indignation et demande de "supprimer ce privilège".
Les ministres flamands renoncent à leur indemnité de logement mais le montant réapparaît dans une nouvelle indemnité forfaitaire
Revenons d’abord au mois de juin : une vive discussion avait alors éclaté au sein du gouvernement flamand à propos de l’indemnité de logement perçue par les ministres flamands, soit environ 1.115 euros par mois, en plus de leur salaire brut de 21.500 euros. Les partis de la majorité Vooruit et CD&V souhaitaient supprimer cette indemnité de logement, après les critiques émises par le parti d’opposition PVDA.
Mais le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) s’y est opposé. "Comment déterminer ce qu’est un salaire correct pour les responsables politiques ?", avait-il déclaré au Parlement flamand. "Si l’on compare au niveau international, nous nous situons dans la moyenne européenne. Et si l’on compare avec le secteur privé, c’est aussi à peu près correct".
Nouveau système
Le débat avait finalement été reporté à l’automne. Lors des discussions budgétaires de septembre, il a d’abord été décidé de ne pas supprimer cette indemnité. Mais à l’issue du conseil des ministres de vendredi dernier, une mise à jour est intervenue. Dans une brève communication, Matthias Diependaele indique que "le système des indemnités de frais est rendu plus transparent".
"L’allocation de logement disparaît, ce qui permet de regrouper les indemnités forfaitaires mensuelles pour frais généraux à 1.529 euros", précise-t-il.
Une indemnité unique pour les ministres flamands, mais le montant reste identique
Voici comment cela se présente : les ministres flamands percevaient, en plus de l’allocation mensuelle de logement de 1 115 euros, une indemnité annuelle de représentation de 2 478,84 euros (soit 4 957,68 euros pour le ministre-président et les vice-ministres-présidents).
Désormais, ces différentes indemnités sont regroupées et versées sous la forme d’une seule indemnité forfaire : 1 322 euros par mois pour les ministres et 1 529 euros par mois pour le ministre-président et les vice-ministres-présidents.
À ceux qui font le calcul rapidement, il apparaît que les montants initiaux ne sont pas modifiés. Les ministres reçoivent simplement la totalité annuelle de plus de 15 800 euros en versements mensuels (12 × 1 115 euros + 2 478 euros).
"Supprimez ce privilège"
Prétendre que l’indemnité de logement "disparaît" est donc un peu simpliste, comme l’a souligné le parti d’opposition PVDA. "Diependaele se contente de fusionner l’indemnité logement avec l’indemnité de représentation et de lui donner un nouveau nom, sans supprimer le moindre centime", déclare le député flamand Jos D’Haese (PVDA).
"Notre demande est claire : nous ne voulons pas d’un simple changement de nom, nous voulons la suppression pure et simple de ce privilège." Il parle de "culture de la cupidité et de l’avidité". "Les ministres ne vont quand même pas nous dire qu’ils ne peuvent pas vivre avec 20 000 euros bruts ?"
"Comment se fait-il que Vooruit et le CD&V aient accepté cela ? Selon le président de Vooruit, Conner Rousseau, l’indemnité de logement "n’était plus de ce siècle", mais apparemment, sous un autre nom, ce genre de privilège passe encore."
Des économies sur d'autres postes
Il faut tout de même souligner que le gouvernement flamand a pris des mesures pour réduire ses dépenses ailleurs. Il a été convenu que les ministres flamands renonceront à quatre indexations de leurs salaires jusqu'à la fin de la législature en 2029.
"Cette économie de 8 % (qui s’ajoute à une réduction précédente de 8 %) représente une économie totale de 215 587,32 euros", précise Diependaele.
Par ailleurs, les appartements dont certains vice-ministres-présidents pouvaient encore bénéficier devraient également être supprimés.
