Le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), a remis mardi le système de défense aérienne PIORUN aux forces spéciales (SOR) à la caserne de Heverlee (Louvain). La Défense en a profité pour présenter de nouvelles capacités dans la lutte anti-drones, qui seront disponibles dans chaque base militaire belge à partir de janvier.
Le ministre Francken présente le nouveau système anti-drones polonais PIORUN
Ces mesures font suite aux incidents survenus en octobre et en novembre, lorsque des drones ont été aperçus au-dessus de sites militaires belges. Le constat était alors clair : la Défense ne dispose pas de moyens suffisants pour lutter contre les drones.
Le PIORUN est un système de défense aérienne qui peut être porté par-dessus l'épaule. Son objectif est de neutraliser, depuis le sol, les drones de grandes tailles, les hélicoptères et les avions volant à basse altitude. "Après 16 ans de promesses, il est enfin arrivé", a déclaré Theo Francken face aux journalistes. "Promises made, promises kept" ("Promesses faites, promesses tenues", en anglais, NDLR).
Le premier PIORUN opérationnel est arrivé mardi dans un dépôt de l'armée. La formation des militaires à son utilisation commencera dans les plus brefs délais et une phase d'entraînement intensive sera organisée en 2026.
Les systèmes PIORUN ont été achetés à la Pologne, où ils sont fabriqués. À l'issue d'une réunion avec le ministre polonais de la Défense, les premiers exemplaires ont été livrés.
50 millions pour un vaste plan anti-drones
La Défense investit également dans un vaste plan anti-drones. Cinquante millions d'euros ont ainsi été dégagés. Des radars avancés de type SAAB ont notamment été achetés et des intercepteurs de drones "Blaze", qui peuvent abattre des drones dans le ciel, devraient également arriver de Lettonie.
À partir du mois de janvier, chaque base militaire en Belgique disposera d'un kit de réponse immédiate : un kit anti-drones qui combine détection et perturbation électronique. Le système est léger et mobile et se porte sur le corps, avec des antennes dans le dos de l'opérateur. Tous les vols de drones seront visibles sur une carte numérique. "Le but est de neutraliser des drones qui pourraient à nouveau survoler des quartiers militaires, si cela peut se faire en toute sécurité et conformément aux règles d'engagement", note le ministre de la Défense. Le kit contient un brouilleur capable de perturber les drones, mais pour les abattre, il faut des fusils à pompe équipés de munitions anti-drones. Ceux-ci seront disponibles dans toutes les bases militaires dès 2026.
Des drones sont toujours actifs dans le ciel belge, selon Theo Francken. "C'est évidemment le cas, mais nous ne voyons plus le même nombre. Nous n'observons plus une opération de plusieurs drones au-dessus d'un domaine militaire. Mais nous recevons encore des signalements de drones au-dessus des centrales nucléaires de Tihange et Doel par exemple."
Dans un contexte hybride nous devons pouvoir être en mesure d'agir plus rapidement.
Theo Francken (N-VA), ministre de la Défense
Le ministre a qualifié les années 2025 et 2026 d'"années de l'innovation" pour la Défense. "La technologie, les robots et l'intelligence artificielle transforment la guerre. On le voit chaque jour en Ukraine." La Belgique n'investit pas uniquement dans une défense anti-drones, mais également dans les drones eux-mêmes. Chaque unité apprendra à s'en servir, a encore indiqué Theo Francken.
Il a également précisé que les achats militaires peuvent en général prendre jusqu'à deux ans, alors que ces systèmes anti-drones ont été commandés en deux semaines.
"Cela prouve que c'est possible", a-t-il noté dans une interview accordée à Belga. "Mais nous avons besoin d'un cadre juridique structurel. Nous ne sommes plus en période de paix, mais nous ne nous trouvons pas non plus en période de guerre. Dans un tel contexte hybride nous devons pouvoir être en mesure d'agir plus rapidement."

