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La victime Joe Claridge et Nick Bril

Un an et demi de prison, 4.400 euros d'amende et un retrait de permis requis à l'encontre du chef Nick Bril

Le parquet a requis lundi, devant le tribunal correctionnel d'Anvers, un an et demi de prison, 4.400 euros d'amende et un retrait de permis de 3 mois à l'encontre de Nick Bril. Le chef de "The Jane" est poursuivi pour négligence coupable, délit de fuite, conduite en état d'ivresse, coups et blessures involontaires et défaut de maitrise d'un véhicule. La défense de Nick Bril plaide son acquittement sur toute la ligne.

Eric Steffens Belga
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Le quadragénaire est soupçonné d'avoir roulé, alors qu'il était en état d'ébriété, sur son commis Joe Claridge dans le parking de son restaurant anversois le 8 janvier 2024, après une soirée du personnel. La victime se trouvait peut-être déjà au sol au moment de l'accident. Joe Claridge a été grièvement blessé, et a dû être amputé des deux jambes après avoir passé quelque temps dans le coma.

Selon la défense de la victime, le chef a attendu 9 minutes après la collision pour appeler les secours, faisant preuve de négligence coupable. "Joe avait trop bu et attendait un taxi. Nous ne savons pas pourquoi il est tombé au sol, mais il était un obstacle visible, quoiqu'en dise Nick Bril. Un conducteur sobre l'aurait vu allongé sur la route."

Quand le chef est sorti de son véhicule, il a dû se rendre compte qu'il avait roulé sur quelqu'un, selon la partie civile. "Sur les images des caméras de surveillance, on voit que Joe bougeait. Pourtant, Nick Bril a attendu 9 minutes pour prévenir les secours. À un joggeur qui passait, il a dit que quelqu'un d'ivre mort se trouvait au sol. Il n'a pas dit qu'il lui avait roulé dessus. Aux services de secours non plus il n'a pas raconté toute l'histoire", a poursuivi la défense.

"Il conduisait en état d'ébriété et n'avait pas la maîtrise de son véhicule"

Le chef a été soumis à un alcootest deux heures après l'accident. Il présentait un taux "de 1,75 pour mille d'alcool dans le sang, ce qui veut dire qu'il était probablement à plus de 2 pour mille au moment des faits", selon l'avocat de la victime.

Le parquet est arrivé aux mêmes conclusions que la partie civile. Le procureur a déclaré que "sans le joggeur, Nick Bril serait vraisemblablement remonté dans sa voiture et aurait pris la fuite". "Lors de la reconstitution, on a constaté que la victime était visible sur la caméra et que les capteurs du véhicule (du chef) émettaient des signaux sonores. Il n'avait donc pas la maîtrise de son véhicule."

Pour appuyer son réquisitoire, le procureur a également pointé le temps pris par le chef pour appeler les secours, le peu d'éléments qu'il leur a donné, son état d'ébriété évident et une tentative de fuite à l'arrivée de l'ambulance. Il a requis une peine d'un an et demi de prison, une amende de 4.400 euros et un retrait de permis de 3 mois.

Nick Bril lors de son arrivée au tribunal correctionnel d'Anvers

La défense de Nick Bril plaide son acquittement sur toute la ligne

L'avocat Omar Souidi, qui défend le chef étoilé Nick Bril devant le tribunal correctionnel d'Anvers, a plaidé lundi son acquittement. "Ce n'est pas nier la tragédie: ce qui est arrivé à Joe est dramatique. Mais d'un point de vue technicolégal, mon client n'est pas responsable des faits qui lui sont reprochés."

Quand Nick Bril s'est rendu compte qu'il avait roulé sur Joe Claridge, il a tout de suite tenté de lui venir en aide, a affirmé l'avocat. "Il a essayé d'appeler les services de secours, mais avait un nouveau GSM et était en état de choc. C'est pourquoi ça a pris plus de temps. Son premier appel était bel et bien vers les services de secours. Il a également pris une couverture de sa voiture pour la poser sur la victime. Il a fait ce qu'il a pu dans l'état qui était le sien. Agir de manière imparfaite, ce n'est pas ne pas agir."

L'avocat réfute également toute tentative de fuite. "Il voulait déplacer sa voiture du passage, ce qui est une réaction normale en cas d'accident. Si c'est un délit de fuite, alors de nombreuses personnes devraient être poursuivies. Il est bien resté sur place, il n'y a eu aucune tentative de fuite."

Selon son avocat, le prévenu était en état de choc

Nick Bril n'était pas non plus en état d'ivresse, selon Omar Souidi. "Il était en effet au-dessus de la limite légale, mais il n'était pas ivre. S'il a tenu des propos incohérents (selon la police, NDLR), c'est parce qu'il était en état de choc, pas parce qu'il était en état d'ivresse."

Concernant la prévention de coups et blessures involontaires, la défense a également plaidé l'acquittement. "Il a roulé sur Joe, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut le déclarer coupable. Joe portait des vêtements de couleur foncée et il faisait nuit noire, comme l'ont aussi déclaré les services de secours. Sobre ou imbibé, il n'était pas possible de voir Joe allongé sur la route. Un expert a confirmé qu'il n'était pas possible de le voir dans le rétroviseur et que la caméra du véhicule ne fonctionnait pas suffisamment bien pour le remarquer."

L'avocat rejette également le fait que Nick Bril n'aurait pas eu la maîtrise de son véhicule. Selon lui, il n'y a eu aucune manœuvre ou dérapage qui pourrait répondre à cette prévention.

Le chef "n'est pas coupable de ces préventions. Il est prêt à prendre ses responsabilités face à des préventions adéquates", mais ce n'est pas le cas de celles retenues pour ce procès, affirme Omar Souidi. L'avocat a conclu sa plaidoirie en rappelant que Joe Claridge serait, quelle que soit la décision du tribunal, dédommagé "grâce au système d'assurances belge".

"J'espère qu'il est clair désormais que je n'ai jamais voulu cela"

Le prévenu a pris la parole en dernier. Il a répété ne pas s'être rendu compte qu'il avait roulé sur la victime. "J'espère qu'il est clair désormais que je n'ai jamais voulu cela", a-t-il dit.

Le chef a donné sa version des faits du 8 janvier. Quand il est monté dans sa voiture pour rentrer chez lui, "la musique était allumée et c'est peut-être pour ça" qu'il n'a pas entendu les signaux sonores. "J'ai regardé dans mes rétroviseurs latéraux et j'ai fait marche arrière. La voiture a réagi, mais je ne savais pas pourquoi. J'ai avancé et je suis sorti, c'est là que j'ai vu Joe à terre. Je n'ai pas fait le lien avec la réaction de mon véhicule. À partir de ce moment-là, je me suis seulement occupé de Joe."

Il a affirmé avoir essayé de maintenir Joe Claridge éveillé, et a indiqué que la victime réagissait. "Il avait de la mousse sur le visage. Je pensais qu'il était saoul et n'ai pas pris conscience de la gravité de son état. Je ne réalisais pas encore que je lui avais roulé dessus. Je l'ai compris quand j'ai été embarqué dans le fourgon, là j'ai craqué. Le plus dur pour moi, c'est que tout le monde part du principe que j'aurais dû me rendre compte que je lui avais roulé dessus."

Nick Bril reconnait qu'il avait trop bu et qu'il n'aurait pas dû prendre le volant. "Je m'en veux toujours. Je trouve cela tragique pour Joe. J'ai attendu deux ans et je me suis tu malgré la pression médiatique. J'espère qu'aujourd'hui, il est clair que je n'ai jamais voulu ce qui est arrivé."

Avant le chef, c'est l'avocat de sa compagnie d'assurances qui a pris la parole. Me Schwagten a indiqué que la société avait déjà versé 700.000 euros prévisionnels pour couvrir les frais médicaux de la victime.

Le jugement sera rendu le 27 janvier à 11h00.

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