La qualité des eaux de surface et des eaux souterraines dans les zones agricoles flamandes s’est nettement améliorée. Selon les données les plus récentes de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), la concentration de nitrates n’a jamais été aussi basse depuis le début des mesures, au début des années 2000.
Grâce aux agriculteurs et à la météo, la qualité des eaux de surface et souterraines flamandes s'améliore
Aujourd’hui, 11,5 % des points de mesure des eaux de surface en Flandre dépassent encore la valeur limite de 50 mg de nitrates par litre, soit le niveau le plus bas jamais enregistré. Cette évolution positive est attribuée à la fois à des conditions météorologiques plus favorables sur la période 2024-2025 et aux efforts des agriculteurs, qui fertilisent de manière plus ciblée.
"La qualité des eaux de surface et souterraines des zones agricoles flamandes s’est améliorée de manière significative", confirme la VMM, qui observe une baisse claire des teneurs en nitrates tant dans les eaux de surface que dans les eaux souterraines.
Le ministre flamand de l’Environnement et de l’Agriculture, Jo Brouns (CD&V), salue cette évolution, tout en appelant à la prudence. "Les objectifs ne sont pas encore atteints. Les différences régionales et l’impact du changement climatique exigent des efforts continus", a-t-il déclaré lundi.
Un chantier de longue haleine
Si la tendance est encourageante, la Flandre reste en effet loin des objectifs environnementaux, qui auraient déjà dû être atteints en 2018. Certaines régions continuent d’afficher des dépassements significatifs, ce qui souligne la nécessité de poursuivre les mesures mises en place.
Des progrès sont également observés en matière de phosphate : la teneur en orthophosphate s’est améliorée, et 48 % des points de mesure respectent désormais les normes en vigueur.
Malgré ces avancées, les autorités rappellent que la protection de la qualité de l’eau demeure un chantier de longue haleine, nécessitant des efforts constants de la part du secteur agricole et des pouvoirs publics.
Les agriculteurs ou la météo ?
À quoi doit-on cette amélioration de la qualité de l’eau ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit d’une interaction entre le plan de limitation d’épandage du fumier, les types de pratiques agricoles, les précipitations et la nature des sols.
Le ministre flamand de l’Agriculture et de l’Environnement, Jo Brouns (CD&V), met en avant "les mesures que nous avons prises conjointement avec le secteur agricole pour épandre la bonne quantité de fumier au bon moment et maintenir une distance suffisante par rapport aux cours d’eau. Cela porte manifestement ses fruits".
Le Boerenbond partage cette analyse. "Ce sont des résultats particulièrement positifs", estime son président Lode Ceyssens. "Nous constatons les effets des mesures du sixième Plan d’action sur les engrais (MAP 6), en vigueur de 2019 à 2024. À partir de l’an prochain, toutes les mesures du septième plan (MAP 7) entreront en application. Les résultats de celui-ci ne pourront toutefois être évalués qu’après 2027."
Tant le ministre que le Boerenbond soulignent également, à juste titre, l’influence des conditions météorologiques, particulièrement favorables durant l’hiver 2024-2025, période au cours de laquelle les mesures ont été réalisées. L’été 2024 a ainsi été très pluvieux, favorisant une forte croissance des cultures. Celles-ci ont absorbé davantage de nutriments, empêchant une partie des engrais de s’infiltrer dans les sols et les eaux. À l’inverse, lors des étés secs, davantage de fertilisants peuvent rester en surface avant d’être entraînés vers les cours d’eau lors des pluies suivantes.
L’impact de la météo ressort clairement des mesures des années précédentes : depuis 2017, presque toutes les années de mesure ont été marquées par la sécheresse, période durant laquelle les dépassements des normes ont de nouveau augmenté.
Autre élément à prendre en compte : plus de la moitié des points de mesure ne sont échantillonnés que tous les trois mois, et non mensuellement, rappelle la VMM. Des dépassements ponctuels, par exemple lors de fortes averses entraînant des engrais vers les cours d’eau, peuvent donc passer inaperçus.
Aujourd’hui, la VMM ne peut pas déterminer avec précision lequel des deux facteurs — les pratiques agricoles ou la météo — a le plus pesé. "Il s’agit en tout cas de deux sources potentielles qui ont bel et bien un impact", conclut l’organisme.
