La cité balnéaire effectuera des contrôles plus stricts auprès des chauffeurs de taxi afin de s'assurer de leur niveau de néerlandais. Dans le cas contraire, leur permis sera retiré. Les chauffeurs qui ne parlent pas couramment le néerlandais peuvent parfois entraîner des malentendus à propos de destinations et de tarifs, estime l’administration ostendaise.
La ville d'Ostende veut retirer leur licence aux chauffeurs de taxi qui ne maîtrisent pas suffisamment le néerlandais
"Nous recevons de nombreuses plaintes concernant le niveau de néerlandais des chauffeurs de taxi par l'intermédiaire de notre médiateur, et nous sommes conscients de ce qui se dit sur les réseaux sociaux", explique Maxim Donck, échevin chargé de la Coexistence. "C'est pourquoi nous souhaitons appliquer plus strictement la réglementation flamande en vigueur."
Absence de contrôles
"Cette réglementation stipule que les conducteurs ayant réussi un test de néerlandais de base, également appelé certificat A2, disposent de deux ans pour obtenir le niveau supérieur, le certificat B1. Or, dans notre ville, il n'a jamais été vérifié si les conducteurs avaient effectivement obtenu ce niveau B1."
"Ces dernières semaines, nous avons déjà contacté ou tenté de contacter les personnes ne possédant pas le certificat B1. Nombre d'entre elles ont répondu qu'elles allaient améliorer leur néerlandais. Mais pour celles qui ne le feront pas, nous entamerons la procédure de retrait de permis. Avant cela, les conducteurs concernés seront entendus", précise Maxim Donck.
"C'est bon pour le client comme pour le chauffeur"
Luc Bogaert est lui-même chauffeur de taxi et membre du conseil d'administration du Syndicat des taxis d'Ostende, qui représente plusieurs chauffeurs. Il se réjouit du renforcement des contrôles. "C'est un avantage pour le client, mais aussi pour le chauffeur. Le travail est tellement plus facile quand on parle néerlandais."
Parfois, les chauffeurs de taxi demandent même au client d’écrire l'adresse lui-même. Ce n'est pas très professionnel, n'est-ce pas ?
Luc Bogaert, chauffeur de taxi à Ostende
"Si un chauffeur pouvait facilement trouver toutes les rues, le problème serait moins grave. Mais notre ville compte environ 1.100 rues, et il est impossible de toutes les connaître. Le néerlandais est donc important. Essayez de saisir un mot comme 'Meibloempjeslaan' dans votre GPS si vous ne parlez pas la langue. Parfois, les chauffeurs de taxi demandent même au client de saisir l'adresse lui-même. Ce n'est pas très professionnel, n'est-ce pas ?"
Test de connaissance des rues
Hassib Ghosi, des Taxi Anker, souligne également l'importance de la connaissance des rues. "C'est bien que la ville soit plus stricte concernant le néerlandais, car il est indispensable de pouvoir communiquer correctement avec ses clients. Mais cela ne suffit pas. Quelqu'un qui parle néerlandais mais ne connaît pas les rues risque d'avoir encore plus de difficultés qu'une personne qui maîtrise mal la langue mais qui connaît parfaitement le réseau."
Ce test de néerlandais est une mesure introduite par la Flandre. Auparavant, les municipalités avaient davantage de pouvoir pour réglementer le secteur des taxis sur leur territoire. Bogaert et Ghosi expliquent que pour travailler comme chauffeur de taxi à Ostende, il fallait autrefois passer un test de connaissance des rues auprès de la ville. "Ce genre de choses n'est pas inclus dans le test de langue actuel. C'est pourquoi je fais personnellement passer ce test aux chauffeurs qui viennent travailler pour moi", précise Ghosi.
Tarifs de nuit
Au cours d'une réunion organisée cette semaine par la ville avec les chauffeurs de taxi d'Ostende, d'autres points sensibles ont été soulevés. Par exemple, les chauffeurs sont libres de fixer leurs tarifs, sauf la nuit. "Or, le tarif de nuit maximum de 15 euros est loin d'être toujours respecté. Nous allons également engager une procédure de retrait de permis pour ces infractions", précise l'échevin Donck.
Les tarifs ne sont-ils pas trop bas ? "Nous souhaitons bien sûr envisager une augmentation du tarif maximum, car les 15 euros sont en vigueur depuis plusieurs années. Mais en attendant, les chauffeurs doivent respecter les tarifs applicables."
Brochure d'information avec QR code
Les clients ne sont pas toujours au courant de ces tarifs et de leurs droits, ce qui facilite les abus. C'est pourquoi nous préparons une brochure d'information que nous mettrons à disposition à l'aéroport et à la gare, par exemple. Les clients pourront également signaler les problèmes via un QR code", conclut Maxim Donck.
