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L'évasion de prison devient punissable : "On a longtemps pensé qu'il ne fallait pas punir le désir de liberté"

Quiconque s'évade de prison risquera bientôt une peine de six mois à trois ans d'emprisonnement. La Chambre a adopté jeudi en séance plénière le projet de loi de la ministre de la Justice Annelies Verlinden en ce sens. Le fait de couper ou de saboter un bracelet électronique devient également punissable. Des fonds seront également débloqués pour effectuer des tets de dépistage de consommation de stupéfiants dans les prisons.

Anne François Belga
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Le système pénal belge se distinguait jusqu'à présent de celui de nombreux autres pays par l'absence de sanction en cas d'évasion de prison. Il existe une raison assez poétique pour laquelle l'évasion n'était pas considérée comme un crime auparavant, précisait le journaliste judiciaire Philip Heymans dans l'émission "De Ochtend" de Radio 1 (VRT). "On estimait qu’il ne fallait pas punir l'aspiration naturelle de l'être humain à la liberté. Même emprisonné pour un crime, cette aspiration demeure. Pendant longtemps, on a cru qu'on ne pouvait pas s'y opposer, s'opposer à ceux qui veulent être libres."

Des poursuites étaient toutefois possibles lorsque quelqu'un aide un détenu à s'évader ou si des infractions ou dégâts étaient commis durant l'évasion. Désormais, l'évasion elle-même sera également punissable. Le texte a été adopté par la majorité, rejointe par le Vlaams Belang.

L'opposition de gauche (PS, PTB et Ecolo-Groen) a voté contre, dénonçant une loi symbolique. Elle a notamment évoqué la situation française: une telle législation y existe déjà et le taux d'évasions est pourtant 15 fois plus élevé qu'en Belgique. L'Open VLD et DéFI se sont abstenus.

Tentatives plus fréquentes pour le bracelet électronique

Les tentatives d'évasion dans les prisons belges ne sont pas très fréquentes, souligne Philip Heymans. "Environ 10 à 20 par an. Et souvent, il s'agit de détenus hospitalisés ou de prisonniers qui, après une permission, ne regagnent pas leur cellule."

L'impact le plus important de cette nouvelle loi et des peines qui en découlent se fera donc sentir chez les personnes portant un bracelet électronique, car les tentatives d'évasion y sont fréquentes. "Chaque année, environ 200 à 300 personnes sectionnent leur bracelet électronique."

Financement de la lutte contre la drogue

Selon la ministre Annelies Verlinden, la drogue est un problème persistant en prison. Elle souhaite également s'y attaquer grâce à sa nouvelle loi, qui établit un cadre légal pour les tests de dépistage. Ces tests peuvent être ciblés individuellement ou au hasard. Toute personne refusant un test ne peut être contrainte physiquement. Toutefois, un refus sera considéré comme un test positif.

Si un détenu est testé positif, il bénéficiera immédiatement d'une prise en charge médicale et psychosociale. Il pourra également s'attendre à être soumis à des tests répétés.

À long terme, la ministre Verlinden souhaite également étendre ces nouvelles mesures aux centres de transition. Les détenus y séjournent durant la dernière phase de leur peine et y sont préparés à leur réinsertion sociale.

Annelies Verlinden conclut qu'elle privilégie une politique de détention axée sur la réinsertion. "C'est une étape importante vers des prisons sans drogue et vers une application adéquate des peines, où ordre, prise en charge et réinsertion sont indissociables", conclue la ministre de la Justice.

La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (archives)

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