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Les renforts de la police fédérale quitteront le quartier juif d'Anvers dès janvier, la bourgmestre van Doesburg s'en inquiète

Les 16 agents de la police fédérale bruxelloise actuellement déployés en renfort pour assurer la protection du quartier juif d'Anvers ne poursuivront pas leur mission au-delà du 1er janvier. C’est ce qu’a annoncé la bourgmestre de la cité portuaire Els van Doesburg mardi soir dans l'émission 'De Tafel van Gert' sur la chaine de la télévision commerciale Play. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin confirme la décision, mais souligne que la sécurisation des sites juifs reste "une priorité absolue" pour la police.

Anne François Belga
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La bourgmestre anversoise Els van Doesburg (photo) a tiré la sonnette d'alarme. Après l'attentat tout récent en Australie perpétré par deux individus envers des membres de la communauté juive, la section anversoise du Vlaams Belang a plaidé pour un renforcement de la sécurité des institutions et écoles juives lors du conseil municipal. Mais ce renforcement ne sera pas mis en œuvre - au contraire.

Dans une réponse à l’agence de presse Belga, le cabinet d’Els van Doesburg a déclaré que "le ministre de l'Intérieur Quintin a décidé que la sécurité assurée par les agents fédéraux sera interrompue à compter du 1er janvier". Et d’ajouter : "La communauté juive du pays vit sous un niveau de menace élevé depuis 2014. Des agents fédéraux étaient également affectés à la protection du quartier juif et, conjointement avec les agents locaux, garantissaient cette sécurité. Le dispositif était assuré à parts égales entre forces fédérales et locales. La moitié des effectifs disparaît donc subitement."

Le cabinet d’Els van Doesburg juge cette décision incompréhensible, puisqu’on ignore pour l'instant comment ce manque de personnel sera compensé. "Il ne doit y avoir aucun vide dans la sécurité du quartier juif d'Anvers". La bourgmestre a fait appel auprès du gouvernement fédéral. "C’est quelque chose que nous devons faire ensemble. Cela dépasse le cadre de la police d’Anvers."

La bourgmestre anversoise Els van Doesburg

Les agents bruxellois retournent sur leur lieu de travail initial

Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin aurait fait savoir au corps anversois (qui comprend environ 2.500 agents de police) que "le recours à la réserve fédérale ne doit pas être une mesure structurelle pour Anvers". Le cabinet du ministre se montre rassurant et insiste: la surveillance du quartier juif se poursuivra l'an prochain "avec les mêmes standards qu'actuellement", sous l'égide de la police d'Anvers.

"La décision prise est simplement de ramener sur leur lieu de travail initial 16 agents fédéraux bruxellois qui étaient envoyés en renfort à la zone d'Anvers et qui remplaçaient les policiers locaux", précise le porte-parole du ministre.

Bernard Quintin souhaite déployer des militaires à Anvers devant les sites liés à la communauté juive, afin de renforcer les effectifs de la police anversoise et libérer des ressources. Ce projet a déjà fait l'objet d'un accord avec le ministre de la Défense Theo Francken. Toutefois, cette mesure se heurte à l'opposition d'un partenaire de majorité flamand.

Syndicat de police NSPV opposé au déploiement militaire

Le syndicat national du personnel de police et de sécurité NSPV juge étrange la décision de mettre fin à la sécurité assurée par la police fédérale. "Le quartier juif est toujours classé en alerte maximale (niveau 3). C’est donc une décision étrange, surtout compte tenu du contexte international. Sachant que les communautés juives continuent d’être la cible d’attaques comme celles perpétrées en Australie", déclarait Timi Claessens.

"Il n’y a pas d’alternative claire. Nous entendons des rumeurs concernant un possible redéploiement de militaires, mais nous y sommes opposés. De plus, aucun cadre juridique n’encadre encore les missions de sécurité civile confiées à des militaires."

"La police d’Anvers est également confrontée à une pénurie d’effectifs. Si le soutien des agents fédéraux est lui aussi interrompu, la police locale pourrait être contrainte d’abandonner d’autres missions pour continuer à assurer correctement la sécurité du quartier juif."

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