Bessie Coleman et Ingrid Daubechies (à dr.) donneront leur nom à deux nouvelles rues bruxelloises, l'une à Haren et l'autre à Neder-Over-Hembeek, a annoncé mardi l'échevine bruxelloise de l'Urbanisme et de l'Espace public, Anaïs Maes. Cette décision s’inscrit dans une volonté générale de féminiser les noms de rues dans la capitale.
La pilote Bessie Coleman et la mathématicienne Ingrid Daubechies donneront leur nom à deux rues bruxelloises
La rue Bessie Coleman remplacera et prolongera l'ancienne rue de l'Aéronef à Haren. Le nom de cette voirie restera donc dans le thème de l'aviation, puisque Bessie Coleman (1892-1926) fut la première femme pilote afro-américaine et amérindienne.
Elle quitta les États-Unis, où l'accès aux écoles de pilotage lui était interdit en raison de sa couleur de peau, pour la France, où elle obtenait son brevet international de pilote en 1921. Elle traversa alors à nouveau l'Atlantique et devient aviatrice acrobatique aux États-Unis.
Bessie Coleman utilisera sa notoriété pour dénoncer les discriminations qui empêchaient les femmes, et en particulier les femmes noires, d'accéder aux formations aéronautiques. Elle est décédée lors d'un vol d'essai suite à une panne mécanique.
"Son histoire nous rappelle les nombreux obstacles que les femmes ont dû, et doivent encore surmonter pour accéder aux mêmes droits et opportunités que les hommes", soulignait Anaïs Maes, conseillère municipale chargée de l'espace public.
L'inventrice du JPEG
Ingrid Daubechies (née en 1954 dans le Limbourg) donnera, elle, son nom à une voirie du futur site ZIR4 à Neder-Over-Hembeek. Cette mathématicienne belge est reconnue comme ayant révolutionné le traitement et la compression d'image grâce à ses recherches sur les ondelettes. Ses travaux ont permis l'émergence du format JPEG et ont donc eu une grande influence sur notre quotidien, ainsi que dans les domaines des technologies médicales et de communication.
Elle a également beaucoup œuvré à la promotion des mathématiques auprès du grand public et pour encourager les jeunes, et en particulier les femmes, à se lancer dans cette discipline.
"Aujourd'hui encore, la toponymie bruxelloise reste profondément déséquilibrée : la grande majorité des rues portent des noms masculins, reflétant des siècles durant lesquels les femmes ont été largement invisibilisées dans l'espace public", souligne Anaïs Maes.
