Aller au contenu principal

Sophie Wilmès critique son président Georges-Louis Bouchez : "le MR gagnerait à plus de nuance et de pluralité"

Le MR aurait à gagner "à plus de nuance et de hauteur", ainsi qu'à accorder plus d'espace aux différentes personnalités du parti, à côté de "l'ultra-présidence" de Georges-Louis Bouchez, a affirmé l'ex-Première ministre Sophie Wilmès, dimanche dans une interview au Soir et dans Sudinfo la veille.

Eric Steffens Belga
Publié:

"Je pense que notre parti aurait à gagner à plus de nuance et de hauteur et à un déploiement plus large dans les expressions au travers de personnalités qui incarnent les différentes tendances du parti, car celles-ci incarnent la pluralité de nos électeurs, de nos militants, des gens qui nous font confiance", indique l'eurodéputée, personnalité politique la plus plébiscitée au sud du pays.

Interrogée sur l'expression de Georges-Louis Bouchez lorsqu'il a dit, pour qualifier le fait qu'une coalition sans le MR est désormais tentée à Bruxelles: "Je n'apprécierais pas que ma femme aille coucher dans le lit d'un autre certains soirs", la libérale juge qu'il s'agit d'une phrase "d'un autre temps, dans les mots et dans l'esprit". Mais elle comprend, sur le fond, "l'agacement, voire la colère."

Sophie Wilmès assure que la présidence du parti n'est "clairement pas un objectif" pour elle. Elle plaide cependant pour que les membres du parti osent davantage s’exprimer et débattre, "afin de tenter de changer le statu quo".

"Une dérive autocratique inquiétante"

C’est à peu près le même message que celui transmis en septembre dernier par le député MR Michel De Maegd. À l’époque, Georges-Louis Bouchez avait interdit à Michel De Maegd de participer à un débat sur Gaza organisé par la RTBF. Les deux libéraux étaient en désaccord sur la ligne adoptée par le MR dans ce débat. De Maegd avait alors parlé d’"une dérive autocratique inquiétante" et appelé à "un retour aux valeurs de notre mouvement et à notre engagement pour un véritable débat démocratique".

Des critiques antérieures mal reçues

Sophie Wilmès avait déjà critiqué son président dans le passé. En janvier, elle l’avait rappelé à l’ordre lors d’une interview télévisée, alors que des rumeurs circulaient sur sa volonté de cumuler la présidence du MR avec le poste de ministre et de vice-Premier ministre au sein du gouvernement fédéral. Elle avait alors souligné que les statuts du MR — approuvés par Bouchez lui-même — rendaient cela simplement impossible.

Elle n’avait pas non plus apprécié que Bouchez ait décidé seul d’intégrer le jeune politicien d’extrême droite Noa Pozzi au MR. « Dans un cas aussi délicat et particulier, nous aurions dû consulter le parti en interne pour décider de la meilleure approche », avait-elle alors déclaré. Ces deux prises de position avaient, selon les informations, été très mal reçues par Bouchez.

Sophie Wilmès s'inscrit en faux contre ceux qui "nous caractérisent carrément à l'extrême droite". "C'est factuellement faux car ni dans notre histoire, ni dans notre programme, ni dans notre action gouvernementale nous n'agissons comme le fait l'extrême droite."

Selon un dernier sondage Ipsos publié vendredi, le MR, premier parti en Wallonie et à Bruxelles à l'issue des élections de 2024, y arrive désormais respectivement en deuxième et troisième position.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5