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Yvan Verougstraete (Les Engagés) veut tenter de constituer une majorité de centre-gauche à Bruxelles, sans le MR

Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a confirmé, ce jeudi matin, qu’il tenterait de constituer une coalition restreinte en Région bruxelloise, capable de soutenir un gouvernement sans le MR, qui jusqu’ici était chargé d’en former un, mais sans succès après 550 jours. La semaine dernière, Verougstraete avait encore donné dix jours au président du MR, Georges-Louis Bouchez, pour forcer une percée, mais cela n’avait rien donné.

Eric Steffens
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Ce n'est pas notre premier choix, c'est une nécessité pour arriver à financer des projets et les associations après, jusqu'ici, 550 jours sans gouvernement", a-t-il dit jeudi matin sur la Première et sur BX1.

Yvan Verougstraete souhaite arriver à constituer en janvier un gouvernement "Guinness", pour le record de durée pour le constituer et le nombre de formations qui seront sans doute nécessaires (7-8) et des indépendants pour arriver à enfin former un gouvernement.

Interrogé par la Première et Bx1, jeudi matin, il a confirmé qu'il prendra dans un premier temps des contacts bilatéraux (ndlr, à partir de vendredi). Il espère une entrée en conclave au début du mois de janvier. Le président des Engagés affirme ne pas nourrir d'ambition personnelle pour diriger le gouvernement bruxellois.

Une mission qui "représente un danger" pour Verougstraete

Côté francophone, il prendra des contacts avec le PS, Ecolo et DéFI qu'il ne désespère pas d'amener autour de la table malgré les réticences a priori.

Côté néerlandophone, il consultera, dans un premier temps Groen, vooruit et le CD&V et pourrait ensuite élargir le spectre à l'Open VLD.

Yvan Verougstraete ne cache pas que la mission qu'il s'assigne représente "clairement un danger pour lui", alors qu'il préside un parti et siège au Parlement européen.

Georges -Louis Bouchez (MR) : "Cela laissera des traces"

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a averti dans De Standaard que cela laisserait des traces. "Je l’ai déjà dit aux responsables gouvernementaux en Wallonie et à Yvan Verougstraete lui-même. On ne peut pas simplement écarter le vainqueur des élections. On ne peut pas sauver Bruxelles en rassemblant à nouveau tous les partis qui ont conduit Bruxelles à la ruine. (…) Je ne peux pas permettre que l’on insulte, voire humilie, mon parti de cette manière."

Le président d’Open VLD, Frédéric De Gucht, accorde peu de chances de réussite à Verougstraete sur X. "Avec le MR à la table, nous n’étions déjà pas parvenus à un accord sur le budget et les économies nécessaires, donc nous voyons peu de raisons pour lesquelles cela fonctionnerait mieux maintenant. Nos priorités pour Bruxelles sont claires depuis le début, et elles n’ont pas changé."

La figure de proue de Groen et formatrice du côté néerlandophone, Elke Van den Brandt, est "satisfaite que Yvan Verougstraete prenne l’initiative nécessaire". 

"Groen contribuera évidemment de manière positive à un accord pour les Bruxellois et leur Région. Du côté néerlandophone, l’intention reste de former une majorité avec Open VLD, Vooruit et le CD&V."

Ans Persoons annonce que Vooruit.brussels "est prêt à s’asseoir à la table avec Yvan Verougstraete et à prendre un nouveau départ après dix-huit mois. Nous voulons trouver des solutions et nous nous montrons constructifs pour faire aboutir cette tentative. Cette impasse dure depuis bien trop longtemps. Bruxelles a besoin d’un gouvernement."

Cieltje Van Achter (N-VA) accuse le PS de bloquer les réformes dans la capitale

La ministre flamande en charge de Bruxelles, Cieltje Van Achter (N-VA), a déploré jeudi l'ouverture de discussions pour constituer une majorité bruxelloise dont, a priori, tant son parti que le MR seront exclus. Elle a visé le PS qu'elle accuse de bloquer les réformes dans la capitale.

"Dix semaines de discussions budgétaires à Bruxelles, zéro résultat. Le PS refuse de faire des économies ou des réformes et reste dans son fauteuil à gérer les affaires courantes. La sécurité et la propreté ne sont pas abordées et la facture pour les Bruxellois augmente chaque jour.

Cette "nouvelle" proposition se heurtera au même mur que les pistes précédentes, car le PS bloque les réformes, ridiculise la majorité néerlandophone et se réjouit sans doute que le MR et Les Engagés soient désormais divisés. Et tout cela au détriment des Bruxellois", a expliqué la ministre sur X.

Sammy Mahdi (CD&V) dit non à un gouvernement de centre-gauche

Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a rejeté jeudi l'option d'un gouvernement de centre-gauche à Bruxelles. Il plaide en faveur d'un gouvernement centriste, large, qui réconcilie la gauche et la droite, et qui inclurait donc au moins le MR.

Cette prise de position s'inscrit contre l'intention des Engagés de former un gouvernement régional sans le MR, après 550 jours de blocage, que n'avait pas totalement rejetée le député CD&V bruxellois Benjamin Dalle, en fin de matinée.

Au cours de l'émission Villa Politica (Eén-VRT), Sammy Mahdi a reproché aux partis de centre-gauche d'avoir laissé, selon lui, la Région-capitale dans un état d'insécurité, de saleté et une situation budgétaire dégradée, après 20 à 30 ans de gestion.

"Ce sont tout sauf les partis que l'on devrait récompenser", a déclaré le président du CD&V. Il faut plutôt une large coalition, "pas une coalition entre le PS, Ecolo, Team Fouad Ahidar et d'autres".

Selon Sammy Mahdi, la piste actuelle ne constitue qu'une perte de temps. "Certains partis francophones comme le PS ne veulent pas s'associer à la N-VA, mais plus ou moins avec le CD&V et de préférence pas avec le MR, et donc tout le monde doit-il plonger dans le bain?", a demandé le président du CD&V.

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