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Réseau électrique saturé : plus de 100 entreprises flamandes privées de raccordement

Plus de 100 entreprises situées en Flandre ne pourront pas être raccordées au réseau électrique au cours de l’année à venir, car celui-ci est déjà saturé. Une entreprise de Nazareth (Flandre orientale) est même obligée de recourir à des générateurs diesel. Des centaines d’autres entreprises ont encore accès à l’électricité, mais pas toujours à la puissance qu’elles souhaitent. L’organisation patronale Voka plaide pour que les projets présentant une valeur économique et sociale soient prioritaires.

Eric Steffens
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Aux Pays-Bas, le problème est connu depuis plus longtemps. Le réseau électrique y est tellement saturé que des milliers d’entreprises ne peuvent pas être raccordées. Dans certaines régions, les délais d’attente peuvent dépasser 10 ans.

Ce n’est pas encore le cas chez nous, mais avec l’augmentation du nombre de data centers, de véhicules électriques, de pompes à chaleur et la transition de nombreux secteurs industriels vers l’électricité, nos réseaux deviennent eux aussi de plus en plus saturés.

Devoir produire de l'électricité avec des générateurs diesel

Parmi les entreprises confrontées au problème on trouve Lootens, à Nazareth. Début octobre 2024, le CEO Jan Lootens reçoit un avis favorable de son gestionnaire de réseau, Fluvius, concernant la connexion électrique de son nouveau siège social et site de production. La nouvelle usine devait produire, à partir d’avril, des portes et fenêtres en acier et en aluminium. La construction est déjà bien avancée.

Mais fin octobre, l’entreprise a reçu un courriel inquiétant de Fluvius. "C’était un véritable coup de tonnerre", raconte Jan Lootens. En raison du nombre important de demandes d’électricité d’autres entreprises, Fluvius ne peut plus garantir sa connexion. Trop de clients sont déjà en attente. Jan Lootens ne peut qu’espérer qu’une des entreprises en attente renonce à sa connexion. Sinon, sa demande sera refusée.

Il existe également un risque de surcharge au niveau du point de couplage entre le réseau haute tension d’Elia et les réseaux basse et moyenne tension de Fluvius, à Deinze, à une dizaine de kilomètres. Mais l’investissement nécessaire pour permettre des connexions locales supplémentaires "n’est pour l’instant pas prévu", précise Fluvius.

Le gain de CO₂ du nouveau bâtiment réduit à néant en quelques jours

Jan Lootens a fait de son mieux pour maintenir les émissions de CO₂ de ses nouveaux bâtiments aussi basses que possible. Il a ainsi misé sur un maximum de réutilisation des matériaux et a fortement investi dans l’isolation. Des panneaux solaires seront également installés sur son toit. Mais il aura toujours besoin d’électricité pour ses machines.

Or, cette électricité n’est pas disponible, et ses clients ne peuvent pas attendre. Lootens prévoit donc désormais d’utiliser des générateurs diesel polluants pour produire de l’électricité. Il estime sa consommation à 5 000 litres de mazout par jour. "En quelques jours seulement, je réduis déjà à néant le gain de CO₂ de mon nouveau bâtiment", conclut Jan Lootens.

Ce n'est pas un cas isolé

Selon l' organisation d'employeurs flamands Voka, plus de cent entreprises figurent sur la liste d’attente pour un raccordement, et la saturation du réseau ne cesse de croître. Pour être clair : le problème concerne uniquement ceux qui souhaitent une connexion plus puissante, donc les entreprises, et non les ménages.

"La situation s’aggrave mois après mois", explique Frank Beckx, dirigeant du Voka. "Si nous n’agissons pas, nous risquons de connaître la situation néerlandaise. Là-bas, on voit aujourd’hui que la carte est entièrement rouge : plus de 12 000 entreprises sont vraiment en attente et doivent patienter des années, parfois jusqu’à 10 ans. Cela est bien sûr catastrophique pour notre climat économique."  

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