Le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé ce jeudi, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de supprimer 150 emplois sur son site de Bruges (Flandre occidentale), où travaillent 585 personnes. Une véritable gifle pour les syndicats, qui déplorent un coup dur pour le personnel. La direction souligne que les commandes se font trop rares que pour continuer à employer tout ce personnel.
Le constructeur ferroviaire Alstom envisage de licencier 150 employés à Bruges : "Beaucoup trop peu de commandes"
La réduction du nombre de postes s'effectuera "au plus tôt à partir de la mi-2026", précise l'entreprise dans un communiqué. Le groupe français dit devoir "s'adapter aux réalités du marché et aligner ses ressources en conséquence". Alstom évaluera comment il pourra "réaffecter le plus grand nombre possible d'employés" au sein du groupe. La procédure Renault, qui régit les licenciements collectifs, a été enclenchée. Les discussions débuteront après le Nouvel An.
Alstom emploie à Bruges 585 personnes, dont 487 avec un contrat à durée indéterminée et 98 sous contrat temporaire. Son site de Charleroi n'est pas concerné par la restructuration. La direction prévient qu'elle ne donnera pas davantage d'informations à ce stade.
Plus tôt cette année, Alstom n’avait pas pu décrocher une importante commande de trains de la SNCB, qui a finalement opté pour le fabricant espagnol CAF. Les syndicats craignaient que cette décision n'entraîne des pertes d'emplois dans l'usine brugeoise, voire qu'elle ne sonne le glas pour le site. Même s'ils s'y attendaient, au vu de ce contrat qui leur a échappé, les syndicats qualifient de véritable gifle l'annonce de la perte de 150 emplois.
L'entreprise ne présente cependant pas l'échec auprès de la SNCB comme la raison de cette restructuration, explique Pascal van Hove, du syndicat socialiste flamand ABVV. "Selon la direction, ce n'est pas la raison de leur décision. De mon côté, j'en doute naturellement. On nous a dit que la direction souhaite redresser la situation financière d'Alstom et se concentrer davantage sur la maintenance et la rénovation."
Déception du personnel
Le personnel a été informé dans la foulée du conseil d'entreprise extraordinaire. "C'est évidemment un coup dur. Tout le monde s'attendait à une annonce mais ça reste un coup dur".
"L'industrie flamande a déjà perdu l'an dernier 6.500 emplois. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre davantage de talents techniques, d'autant plus que chaque emploi supprimé dans l'industrie a des répercussions indirectes sur d'autres postes de la chaîne d'approvisionnement", s'inquiète de son côté la directrice d'Agoria Vlaanderen, Jolyce Demely.
La branche flamande de la fédération des entreprises technologiques juge cette annonce "particulièrement douloureuse" et veut aider les travailleurs concernés à trouver un nouvel emploi. "Nous devons tout mettre en œuvre pour orienter ces personnes vers un nouvel emploi stable", soutient Jolyce Demely. Selon Agoria, la demande pour des profils techniques reste élevée et des entreprises "ont un besoin urgent de personnel".
