Al Ansar, un cercle étudiant pour les musulmans de l'Université d'Anvers, n'a pas été autorisé à séparer les hommes et les femmes, comme il le souhaitait, lors d'une conférence prévue le 18 décembre. C’est ce qu’a indiqué Peter De Meyer, le porte-parole de l'UAntwerpen mardi. "Le projet n'est pas conforme à la politique interne en matière de diversité".
L’Université d’Anvers interdit la séparation hommes-femmes lors d’une conférence organisée par un cercle d’étudiants musulmans
Le cercle étudiant avait prévu une conférence sur Ashab Al Khaf, les Compagnons de la Caverne. Cette histoire est connue tant dans le christianisme que dans l'islam. Les chrétiens connaissent cette histoire sous le nom des Sept Dormants d'Éphèse, une légende sur des jeunes qui fuient l'oppression.
Le sujet en soi ne pose pas de problème, mais le fait qu'Al Ansar ait voulu séparer les hommes et les femmes dans l'espace prévu à cet effet est inacceptable pour l'UAntwerpen.
"Al Ansar a demandé, par la voie appropriée, à pouvoir organiser une conférence dans une salle", explique le porte-parole Peter De Meyer. "Cette demande ne mentionnait pas que les hommes et les femmes devaient être assis séparément. Ce n'est que lundi/hier que nous avons vu l'annonce de la conférence sur les réseaux sociaux."
Le cercle d'étudiants a ensuite été informé que l'activité ne pouvait avoir lieu dans un local de l'université anversoise dans ces conditions. "La séparation des hommes et des femmes n'est pas conforme à la politique de diversité de l'université", justifie Peter De Meyer. "L'annonce sur les réseaux sociaux s'est également avérée différente de la demande initiale sur d'autres aspects."
Des mesures supplémentaires
Al Ansar s'est vu imposer certaines mesures supplémentaires afin que la conférence puisse tout de même avoir lieu. "Nous n’avons pris contact qu’hier soir. Nous attendons encore leur réponse. Aujourd’hui ou demain, nous voulons également nous concerter avec l’association pour voir si des mesures supplémentaires doivent être prises."
Des éléments essentiels étaient absents de la demande. "Par exemple, il apparaît maintenant que la conférence se fait en collaboration avec l’institut Niya, ce qui n’était pas mentionné. Il semble également qu’un service traiteur sera prévu, ce qui n’avait pas été demandé non plus. Or, nous n’autorisons pas la consommation de nourriture dans toutes nos salles. Ce sont donc des éléments qui doivent être précisés."
En fonction de la demande, l’université décidera des mesures à imposer. Elle peut, par exemple, demander la présence de stewards ou de personnel de sécurité en cas de risques de désordre. Pour éviter des discussions ultérieures, il est parfois demandé que les conférences soient enregistrées. De plus, les associations doivent toujours préciser clairement que l’activité n’est pas organisée par l’université.
