La ministre fédérale de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a salué lundi soir une série de "percées" au niveau européen, avec un accord des 27 pays membres sur de nouvelles règles de retour, sur une première liste commune de "pays d'origine sûrs", sur une extension du concept de "pays tiers sûrs", mais aussi sur une première "réserve de solidarité" annuelle pour 2026. La contribution belge dans ce cadre a été "fortement limitée", se réjouit Van Bossuyt en marge du Conseil "Justice et affaires intérieures" organisé à Bruxelles.
Asile et migration : les 27 pays de l'UE s'accordent sur la "réserve de solidarité", la contribution belge fixée à 12,9 millions
Le Conseil de l'UE devait s'accorder lundi sur les détails pratiques du nouveau mécanisme qui se trouve au centre de la réforme européenne de la politique d'asile: un mécanisme de solidarité visant à soulager les principaux pays d'entrée des migrants (Italie, Grèce, notamment), et faire contribuer les autres. Ces derniers ont le choix de le faire en mettant la main au portefeuille, ou en acceptant de prendre en charge un certain nombre de demandeurs d'asile "relocalisés".
Les engagements des uns et des autres doivent, annuellement, être compilés dans la "réserve de solidarité", de quoi rencontrer les besoins estimés pour l'année à venir. C'est là-dessus que les 27 se sont accordés lundi. Il leur restera, après toilettage du texte, à l'adopter formellement. Les "besoins en solidarité" pour la seconde moitié de 2026 (l'application du mécanisme débute le 12 juin) sont chiffrés à 21.000 personnes à relocaliser, ou 420 millions d'euros de contributions financières.
La Belgique contribuera à hauteur de 12,9 millions d'euros maximum, d’après un communiqué de la ministre Anneleen Van Bossuyt, qui avait précédemment déjà exclu toute relocalisation de réfugiés vers la Belgique. Le Conseil de l'UE lui-même ne révèle pas le détail des contributions promises.
Accès prioritaire aux aides européennes
Les pays bénéficiaires seront Chypre, la Grèce, l’Italie et l’Espagne, tandis qu'une série d'autres Etats sont reconnus comme étant confrontés à "une situation migratoire importante" et pourront demander d'échapper partiellement ou totalement aux contributions de solidarité. C'est le cas de la Bulgarie, la Tchéquie, l'Estonie, la Croatie, l'Autriche et la Pologne.
La Belgique est reprise dans une autre catégorie, celle des pays exposés à un "risque de pression migratoire", comme aussi l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, notamment. Ceux-ci auront un accès prioritaire aux aides européennes en matière de migration, mais sont tout de même priés de contribuer.
La ministre N-VA affirmait lundi avoir négocié inlassablement pour limiter la facture destinée à la Belgique et "continuer de travailler à une baisse complémentaire".
