Le parquet du Limbourg enquête sur le décès d’une femme de 46 ans originaire de Lommel (Limbourg). Elle est morte de façon inattendue le 18 novembre, après avoir été admise en urgence au Noorderhart Mariaziekenhuis de Pelt. "La dame serait vraisemblablement décédée des suites d’une dose trop élevée de sémaglutide", indique le parquet. Cette hormone est utilisée comme base dans le célèbre médicament amaigrissant Ozempic. L’enquête devra déterminer si elle est effectivement la cause du décès et comment cette femme s’est procuré ce produit.
Une femme de 46 ans originaire de Lommel est-elle décédée d’une dose trop élevée d’un médicament pour maigrir ? Le parquet ouvre une enquête
Après ce décès d’une patiente de 46 ans, l’hôpital a alerté la police la semaine dernière en raison du jeune âge de la victime. Elle entre dès lors automatiquement dans la catégorie des "morts suspectes".
"Un juge d’instruction a désormais repris la direction de l’enquête", confirme Pieter Strauven, du parquet du Limbourg. "Il est vraisemblable que la dame soit décédée à la suite d’une dose trop élevée de sémaglutide".
Sans ordonnance
Cette hormone est présente dans le médicament populaire Ozempic. Initialement destiné au traitement du diabète de type 2, il est surtout connu aujourd’hui comme aide à la perte de poids ou contre l’obésité sévère. "Nous pensons qu’elle l’a acheté en ligne et qu’elle l’a utilisé sans aucun suivi médical. L’enquête doit maintenant déterminer précisément la cause du décès. Nous nous faisons assister pour cela par les experts nécessaires", poursuit Pieter Strauven.
Auditions
Dans le cadre de l’enquête, un homme du nord du Limbourg a déjà été entendu par la police. "Mon client est soupçonné d’avoir vendu le produit. Il est toutefois important de préciser qu’il est suspecté d’être un intermédiaire, et non le fournisseur direct", explique son avocat, Joeri Clerix.
L’audition a eu lieu vendredi dernier et a duré environ deux heures. L’homme est reparti libre à l’issue de son audition.
Les enquêteurs examinent également si la victime a pu recevoir le produit par l’intermédiaire d’une connaissance. Cette personne aurait elle aussi été entendue. "Mais, il ne s’agit pas de mon client", ajoute Joeri Clerix. "Mon client ne connaissait pas personnellement la victime. Il a été sollicité à l’occasion par des connaissances qui lui demandaient s’il pouvait se procurer ce produit, mais il n’a jamais eu de mauvaises intentions. S’il y a eu vente, c’était uniquement pour rendre service."
La femme n’aurait pas reçu d'ordonnance pour prendre ce médicament, alors que c'est obligatoire.
Des contrefaçons de l’Ozempic sur internet
En juin, le toxicologue Jan Tytgat avait déjà mis en garde contre les dangers de doses trop élevées de médicaments amaigrissants tels qu’Ozempic ou Wegovy. Le Centre antipoison reçoit d’ailleurs de plus en plus d’appels de personnes ayant pris une double, voire une triple dose, dans l’espoir de perdre du poids plus rapidement.
Jan Tytgat rappelait qu’une dose excessive peut provoquer nausées, vomissements et douleurs abdominales. Mais des complications graves peuvent également survenir, comme des lésions du pancréas ou des calculs biliaires.
Acheter ce type de médicaments sur internet sans ordonnance comporte en outre un risque majeur : la composition est souvent incertaine, le dosage peut être incorrect et certains produits sont même des contrefaçons.
