Les applications d'achat à crédit ("Achetez maintenant, payez plus tard") telles que Klarna ne pourront bientôt plus accepter de clients mineurs d’âge, annonce ce lundi le ministre en charge de la Protection des consommateurs, Rob Beenders. La nouvelle réglementation impose aux prestataires d'exclure les mineurs et de vérifier plus rigoureusement la solvabilité de leurs clients. Le ministre socialiste souhaite ainsi mieux protéger les jeunes contre l'endettement.
Les mineurs d'âge n'auront plus accès aux applications pour des crédits "Buy now, pay later"
"Les mineurs d'âge ne pourront donc plus contracter de crédits. Jusqu'à présent, c'était beaucoup trop facile pour eux de le faire bien que cela soit déjà interdit", a expliqué Bob Beenders.
Baptisées BNPL, pour "Buy now, pay later", les applications d’achat à crédit permettent de souscrire aisément à des emprunts pour des achats en ligne. Trop aisément car 20% des emprunteurs se retrouvent par après face à un bureau de recouvrement en raison de problèmes de remboursement. Et un tiers d'entre eux ont moins de 24 ans.
"Il est donc plus que nécessaire d'adapter la législation afin que tous les Klarna du monde tombent sous le coup des règles sur les crédits à la consommation. De la sorte, ils ne pourront plus offrir leurs services à des mineurs d’âge", souligne le ministre chargé de la Protection des consommateurs.
En cas de non-respect de la nouvelle règlementation, les contrevenants s'exposeront à des amendes pouvant aller jusqu'à 800.000 euros ou 6% de leur chiffre d'affaires annuel. "Si les services BNPL ne se soumettent pas à la législation, nous leur imposerons le recours à des applications d'identification telles que ItsMe ou MyGov", avertit déjà Rob Beenders.
Règlementation bancaire plus stricte
Tout comme les services BNPL (Buy Now, Pay Later), les banques seront tenues de soumettre les petits prêts à la réglementation du crédit à la consommation. Cela signifie que même pour les montants actuellement accordés sans vérification approfondie, la capacité de remboursement du client devra être évaluée au préalable.
Les découverts bancaires deviendront également moins fréquents. Les banques devront mieux évaluer si un client dispose des ressources financières suffisantes pour recouvrer ultérieurement un solde négatif.
Selon le ministre Beenders, l'élargissement des mesures au crédit à la consommation vise principalement à éviter que les consommateurs ne s'endettent suite à une erreur de jugement ou à une dépense imprévue. "De cette manière, nous protégeons non seulement les jeunes, mais tous les consommateurs et leur pouvoir d'achat".
Le nombre de prêts impayés augmente
Les chiffres révèlent l'ampleur du problème. Plus de 6 millions de Belges avaient un prêt en cours l'an dernier. Les deux tiers étaient des prêts à la consommation, et non des prêts immobiliers. Pourtant, près de 95 % des prêts non remboursés à temps sont des prêts à la consommation.
Cette vulnérabilité explique pourquoi le gouvernement encadre plus strictement les prêts à court terme et les petits crédits. C'est d'autant plus vrai que les jeunes sont de plus en plus nombreux à avoir recours au crédit via des applications et des plateformes en ligne, dont les risques ne sont pas toujours clairement identifiés.
