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Un piquet de grève à la station de métro Delta à Auderghem

Deuxième jour de grève lancé par le front commun syndical : tous les services publics touchés, des dizaines de navires bloqués à Anvers et Zeebruges

Les transports en commun bruxellois sont davantage perturbés ce mardi matin, au deuxième jour de la mobilisation en front commun syndical. Seules quatre lignes de métro étaient en service sur l'ensemble du réseau peu avant 07h00, peut-on lire sur le site web de la Stib. Et dans les principaux ports flamands, 63 bateaux se trouvaient mardi matin en attente de pouvoir entrer ou sortir.

Eric Steffens Belga
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Aux premières heures mardi, seules les lignes de métro 1 et 5 roulent ainsi que les trams 8 et 82 (entre la Gare de Berchem et Wiels).

"En raison des piquets de grève, le nombre de trams en circulation est réduit, et les lignes de bus ne peuvent pour l'instant pas être exploitées", signale la Stib. Le front commun syndical (CSC, FGTB et CGSLB) a appelé les travailleuses et travailleurs du pays à débrayer face à diverses mesures annoncées par le gouvernement fédéral.

Les revendications portées par les trois grands syndicats sont principalement socio-économiques et vont d'emplois de qualité à des pensions justes en passant par la sécurité d'emploi. Le courroux des représentants des travailleurs porte notamment sur la réforme des pensions portée par le gouvernement Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit et CD&V), l'extension des flexi-jobs et la baisse des rémunérations pour le travail de nuit.

Perturbations dans les ports : "L’impact pourrait durer plusieurs jours"

Le port de Zeebrugge

En raison de l'action de grève dans les services portuaires, 63 bateaux se trouvaient mardi matin en attente de pouvoir entrer ou sortir des ports flamands. C'est ce qu'indique l'agence Maritieme Dienstverlening et Kust (MDK).

L'action se déroule dans le cadre de la grève des secteurs publics, appelée par les syndicats au milieu d'une grève nationale de trois jours.

En conséquence, vers 9h00 mardi, 63 bateaux étaient en attente de mouvement. Vingt-deux navires attendaient de pouvoir quitter le port d'Anvers, 7 celui de Gand et un celui de Zeebrugge. Dans l'autre sens, 27 bateaux en mer du Nord attendaient de pouvoir rejoindre le port d'Anvers, 5 celui de Gand et un celui de Zeebrugge.

Grève dans l'enseignement

Dans de nombreuses écoles flamandes, les enseignants sont en grève aujourd’hui, dans le cadre de la mobilisation de trois jours des syndicats contre les économies et réformes du gouvernement fédéral. L’accent de cette journée est mis sur les services publics. 

Les jeunes enseignants percevront plusieurs centaines d’euros de pension en moins par rapport à leurs collègues partant aujourd’hui à la retraite. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le personnel de l’enseignement fait grève aujourd’hui. 

À l’école primaire Saint-Joseph de Reet, une vingtaine d’enseignants se sont rassemblés. Ils s’inquiètent surtout de la réforme des pensions du gouvernement fédéral.

Le budget de fonctionnement de l’Université d’Anvers va diminuer de 8 %

À l’entrée de l’Université d’Anvers, les syndicats ACV et ACOD mènent une action conjointe. Ils distribuent des flyers aux passants dans le cadre de l’initiative « L’enseignement supérieur se rebelle ». Ils protestent non seulement contre les économies et réformes fédérales, mais aussi contre celles décidées par la Flandre.

"Pour l’UA en particulier, on estime que le budget de fonctionnement va baisser de 8 %. C’est énorme", déclare Gert Nuyts de l’ACOD.

"Pour le personnel, cela signifie qu’il faudra examiner si certaines activités seront supprimées. Notre recteur a déjà annoncé que certaines formations pourraient être impactées. Pour les étudiants, cela pourrait se traduire par une augmentation des frais de scolarité."

Les syndicats appellent tout le monde à signer une pétition et annoncent une manifestation de l’ensemble de l’enseignement supérieur, le 11 décembre à la VUB à Bruxelles.

Piquet de grève à l'entrée de la VRT

Ce mardi, chaque bulletin d’information sur les radios de la VRT commence par le message suivant : "En raison d’une action de grève contre les mesures d’économie du gouvernement flamand, le journal débutera avec quelques instants de retard. Ceci est un message des organisations syndicales de la VRT." À l’entrée de la VRT, à Schaerbeek, les premiers grévistes ont déjà pris position. Quelques images d’ambiance ci-dessous :  

Un piquet de grève à l'entrée de la VRT à Schaerbeek

Le secteur gynéco-obstétrique en grève pour 36 heures à l'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles

Une quarantaine de personnes s'est réunie vers 08h00 mardi matin devant l'hôpital Saint-Pierre pour lancer une grève d'une durée d'environ 36 heures du pôle gynéco-obstétrique, qui englobe gynécologues et sages-femmes. Le piquet de grève sera ininterrompu jusque 18h00 mercredi.

Le secteur gynéco-obstétrique de l'hôpital Saint-Pierre, établissement public, s'est joint au mouvement de grève prévu dans le secteur public ce 25 novembre. "Les coupes budgétaires dans les systèmes publics sont de plus en plus fortes", a déploré Virginia Morolli, gynécologue à l'hôpital Saint-Pierre. "Les seuls budgets qui augmentent sont ceux de l'armée, et celui alloué à l'expulsion des personnes migrantes", a-t-elle dénoncé.

"Les 36 heures de grève portent un symbole fort. Les nouvelles mesures du gouvernement nous préoccupent jour et nuit", a pour sa part déclaré Clémence Bertouille, sage-femme à l'hôpital Saint-Pierre. "Nous voulons pouvoir continuer, jour et nuit, à soigner, à avoir des soins de qualités, inclusifs dans l'équité et la dignité."

La qualité des soins est en danger

Selon les grévistes, la qualité des soins prodigués est en danger. Les économies imposées par le gouvernement ont pour conséquence la suppression de lits et de postes dans le service. Pour autant, "on refuse de faire des concessions sur la qualité, l'inclusivité et l'équité des soins", a expliqué Clémence Bertouille. "On continuera donc à avoir une bonne qualité de soins. C'est une responsabilité que l'on porte sur nos épaules alors qu'il s'agit d'une responsabilité sociétale, qui devrait être portée par le gouvernement."

Malgré la grève, le service des soins continuera et sera maintenu. "On a organisé un système de relais", a assuré Clémence Bertouille. "On maintient la continuité des soins. On va être dans la rue, et en même temps dans nos services, à prendre soin des mamans, des bébés, en consultation, en salle de naissance et en maternité", a-t-elle détaillé.

Cette dernière a tiré la sonnette d'alarme. "La profession s'essouffle, la passion s'essouffle. On a peur de ne plus savoir faire de miracles". Les conditions de travail deviendront plus difficiles avec les nouvelles mesures gouvernementales selon la sage-femme. "Concrètement, on aura moins de pauses, plus d'heures supplémentaires pour le même salaire", a-t-elle encore dénoncé.

Les grévistes ne s'estiment pas entendues par le gouvernement. Le secteur prend en charge majoritairement des femmes, qui seront plus touchées par les mesures gouvernementales, selon les intervenantes. "On est beaucoup de femmes qui prennent soin de femmes. On n'est pas du tout entendues", a regretté Clémence Bertouille. "On est le seul secteur à prendre en charge deux patients ou patientes, la mère et le nouveau-né, pour le prix d'un. C'est inadmissible", a conclu la sage-femme.

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