Aller au contenu principal
Stefaan Van Hecke (Groen)

Les syndicats et les partis d'opposition déçus par l'accord du gouvernement fédéral sur le budget

Les écologistes flamands ont dénoncé lundi l'accord budgétaire négocié par le gouvernement Arizona, lequel épargne à nouveau les plus nantis, selon eux. Pour les Verts flamands, ce sont les gens ordinaires qui vont réaliser le plus gros de l'effort tandis que presque rien n'est demandé aux riches.

Eric Steffens Belga
Publié:

Leur chef de groupe à la Chambre Stefaan Van Hecke (photo) voit aussi dans l'accord la première étape vers la démolition du mécanisme d'indexation automatique des salaires, selon lui.

"Dès le début de ce gouvernement il a été décidé d'économiser énergiquement sur les pensions les plus basses et les allocations et les partis de l'Arizona ont été chercher l'argent dans la poche des gens ordinaires. Ce deuxième tour en rajoute une couche", fustige le député pointant notamment la hausse de la TVA sur différents produits et le renchérissement des soins de santé.

"Pour les partis de l'Arizona, pousser les gens vers la pauvreté plutôt que de les en sortir semble être un point d'honneur", attaque l'élu vert. Pour lui, il est faux de dire que l'indexation a été sauvée. "Elle est en partie démantelée. Aujourd'hui est la première étape dans la démolition de notre indexation".

D'autres solutions étaient possibles pour redresser les comptes publics, selon Groen. "Le gouvernement refuse d'introduire un véritable impôt sur les millionnaires et poursuit la flexibilisation du marché du travail".

Absence de mesures pour contrer la crise climatique

Les Verts flamands déplorent aussi l'absence de mesures pour contrer la crise climatique. "Les gens font déjà ce qu'ils peuvent. Ils méritent un gouvernement qui les renforce et les aide. Or, les partis du gouvernement augmentent les prix du gaz, sans aider les gens à s'en libérer. Ce n'est pas une politique verte mais une politique asociale et à courte vue".

Le président de Groen Bart D'hondt est aussi critique: "Avec l'Arizona, la vie sera plus chère et plus dure, mais les salaires et les pensions n'augmenteront pas. Les gens qui font tourner l'économie paieront la note. Le Premier ministre a bien écouté le MR: les super-riches sont toujours préservés. Cela aurait pu être vraiment plus équitable", a-t-il réagi sur les réseaux sociaux.

"Taxes, taxes, taxes", fustige l'Open VLD

Le parti libéral flamand, dans l'opposition, se dit soulagé de voir "enfin" un accord sur le budget au niveau fédéral, et son évolution d'ici la fin de la législature. Sur la manière d'y arriver, le constat est moins rose: "taxes, taxes, taxes!", fustige l'Open VLD.  

"Il est particulièrement douloureux de voir que près de la moitié de l'effort se fait via des augmentations d'impôt, qui toucheront ceux qui travaillent, épargnent et entreprennent, plutôt que d'économiser du côté des autorités", indique lundi matin Frédéric De Gucht, tout frais président de parti à l'Open VLD.

Pour les libéraux flamands, l'accord penche bien plus du côté des augmentations de charges sur les citoyens et entreprises, plutôt que sur les économies dans les dépenses de l'Etat. 

Juste après l'annonce de l'accord, plusieurs ministres avaient pourtant souligné l'"équilibre" du compromis, Maxime Prévot (Les Engagés) parlant d'un partage "60-40" entre réductions de dépenses et recettes. 

L'Open VLD calcule visiblement différemment, puisqu'il indique que "sur base des premières informations, 49,7% de l'effort" se fera via des augmentations de taxes et autres impôts. "Et cela alors que la seule réelle diminution d'impôt, celle de l'impôt des personnes physiques, est reportée". L'accord comprend en effet une réforme fiscale qui sera progressivement mise en œuvre, le calendrier ayant été revu. 

Les libéraux flamands se réjouissent cependant de la prochaine mise en oeuvre de différentes réformes annoncées durant l'été, principalement celles "assouplissant" le travail (flexi-jobs, travail de nuit, etc.). 

Raoul Hedebouw (PTB) fustige le gel partiel de l'indexation des salaires 

"Ce gouvernement avait promis de 'mieux récompenser le travail', il fait exactement l'inverse", c'est en ces termes que le président du PTB dénonce l'accord budgétaire intervenu lundi matin au gouvernement fédéral.  Le communiste pointe essentiellement le gel de l'indexation de salaires au-dessus de 4.000 euros brut en 2026 et 2028 et des allocations sociales au-delà de 2.000 euros brut. "4000 euros brut, c'est en-dessous du salaire moyen. 2.000€, c'est la pension moyenne. Voilà leur définition des épaules soi-disant plus larges", écrit-il sur les réseaux.

Pour Raoul Hedebouw , "avec leur limitation de l'indexation, ils vont faire perdre des milliers d'euros au total à une grande partie des travailleurs de ce pays." "Vol des pensions, attaque sur le pouvoir d'achat (index, tva, accises), sur les malades longue durée, sur la santé, ... Aucun de ces partis n'avait ces mesures dans son programme, elles n'ont aucune légitimité, ils le savent. Les trois jours de grève sont essentiels pour les faire reculer!", conclut le député fédéral d'opposition.

Selon les derniers chiffres publiés par Statbel, le salaire mensuel brut moyen s'élevait en 2022 à 4.076 euros. Le salaire médian s'élevait à 3.728 euros bruts par mois. 

"L'accord budgétaire ouvre la porte à un démantèlement de l'indexation des salaires" (syndicat socialiste)

L'accord budgétaire, engrangé durant la nuit, n'offre, selon la FGTB, aucune perspective pour les travailleurs et les malades. "Les économies restent à charge du monde du travail, la flexibilité reste à sens unique, les contrats précaires restent la norme", dit le syndicat socialiste.

Le syndicat estime que le pouvoir d'achat est attaqué et que la porte est ouverte pour un "démantèlement" de l'indexation des salaires. "Cet accord présente la facture à celles et ceux qui travaillent, tandis que les grandes fortunes s'en sortent une fois de plus à bon compte", estime Thierry Bodson, président de la FGTB.

"Le message budgétaire du gouvernement De Wever est dur : travailler plus longtemps et plus dur pour moins de sécurité en matière de pension, de santé et de pouvoir d'achat", ajoute la FGTB qui entend maintenir la pression sur le gouvernement.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5