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La Belgique, un narco-État ? Quand le problème belge de la drogue attire l’attention de la presse étrangère – jusqu’en Russie

La Belgique en train de devenir le premier "narco-État" d’Europe ? ou encore "La mafia de Marseille prend le contrôle de quartiers à Bruxelles". Que notre pays soit confronté à un grave problème de criminalité liée à la drogue n’est plus un secret pour personne depuis longtemps. Et cela ne passe visiblement pas inaperçu à l’étranger : ce week-end, plusieurs médias étrangers ont publié des reportages dressant un portrait peu flatteur d’un pays qui risque, selon eux, de glisser vers un narco-État.

Eric Steffens Gianni Paelinck
Publié:

« Belgique, la menace d’un narco-État. Fusillades, drogue, des juges menacés, tout cela provoquent l’inquiétude dans le pays », pouvait-on lire hier dans un reportage de La Vanguardia , l’un des plus grands journaux espagnols. La correspondante à Bruxelles s’est rendue à la station de métro Clemenceau, à Anderlecht, où plusieurs fusillades graves ont eu lieu plus tôt cette année. « Un quartier à une demi-heure des institutions européennes à Bruxelles, que l’un des membres du conseil communal a décrit comme la capitale européenne de la drogue », note la journaliste espagnole.

"Le sentiment d’insécurité augmente chaque jour. Et tout commence dans le port d’Anvers, l’un des principaux points d’entrée de la cocaïne en Europe. Le Premier ministre De Wever, ancien bourgmestre de la ville portuaire pendant de nombreuses années, se présente comme un rempart contre la criminalité et le trafic de drogue. Mais sa politique répressive ne semble, jusqu’à présent, avoir eu aucun effet."  

Marseille au Peterbos

La Vanguardia n’était pas la seule presse étrangère à s’intéresser ce week-end au problème de la drogue en Belgique. Le journal télévisé de la chaîne française TF1, l’un des plus regardés d’Europe, a diffusé un reportage détaillé sur l’influence des clans de la ville de Marseille sur le trafic de drogue à Bruxelles.

Le reporter de TF1 s’est rendu dans le quartier du Peterbos, à Anderlecht. « Ici, nous voyons le code postal de Marseille. Il commence par 13. Il y a le 17. Comme si c'était le 17e arrondissement de Marseille", explique le journaliste, montrant ce qui est écrit sur un mur. De l’autre côté, le prix du gramme de cocaïne est affiché, en toute évidence.

"Face aux jeunes du quartier, certains dealers venus de Marseille veulent jouer le rôle du “grand frère protecteur” pour gagner du terrain", expliquent deux jeunes habitantes du quartier. Au cours de cet entretien anonyme et bref, les deux jeunes filles reçoivent soudain un appel téléphonique leur ordonnant d’interrompre l’interview. "Nous avons été repérés", conclut le journaliste.

Jusqu'en Russie

A la fin du mois dernier, une juge d’instruction anversoise tirait de nouveau la sonnette d’alarme dans une lettre ouverte. Elle avait passé quatre mois dans un lieu sécurisé après avoir reçu des menaces du milieu de la drogue. "Dire que nous évoluons vers un narco-État n’est pas un exagération", écrivait la magistrate.

Sa lettre a été relayée par plusieurs médias étrangers influents, dont The Times et Politico. "Entre-temps, la classe politique ne parvient toujours pas à maîtriser la violence liée à la drogue. Les juges estiment qu’il faut surtout plus de moyens pour des solutions structurelles. La question est de savoir si cet argent sera disponible : la Belgique doit actuellement faire d’importantes économies", écrivait le correspondant de la NOS pour Bureau Brussel.

Et même en Russie, on connaît les problèmes auxquels notre pays est confronté, sans avoir besoin de drones espions. "Au lieu de se concentrer sur le trafic de drogue au Venezuela, les États-Unis feraient mieux de se pencher sur ce problème en Belgique", a déclaré récemment le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.  

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Belgique, un narco-État ?

Une mauvaise publicité reste de la publicité, dit-on. Mais le terme "narco-État", ce n’est pas exactement un compliment qu’un pays souhaite recevoir. Glissons-nous vraiment vers un narco-État – où la violence liée à la drogue prolifère, où les criminels gagnent des milliards avec leur trafic et où la corruption se répand de plus en plus ?

"Si nous n’agissons pas, nous tendrons naturellement dans cette direction. C’est vrai », déclarait récemment la commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch dans le podcast de la VRT Het Kwartier.

"Il faut absolument agir, et des actions sont en cours. Nous devons cependant opérer un virage vers beaucoup plus d’enquêtes sur le patrimoine des organisations criminelles. Avec cet argent, ils paient leurs hommes de main, achètent leurs armes et tentent de corrompre. Si nous concentrons davantage tous nos moyens sur ce point, nous les toucherons au cœur et alors nous pourrons éviter de glisser vers un narco-État."

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