Aller au contenu principal

Des travailleurs migrants logés dans des conditions précaires dans des communes du Limbourg : "Jusqu’à 40 personnes par logement"

Dans plusieurs communes du Limbourg situées à la frontière avec les Pays-Bas, les travailleurs migrants vivent souvent dans conditions de vie préoccupantes. C’est ce qui ressort d’une enquête du magazine d’investigation Pano (VRT) sur les travailleurs migrants. Principalement des sociétés néerlandaises préfèrent loger leurs travailleurs en Belgique, car la législation y est plus floue et les maisons souvent plus grandes et meilleur marché qu’au Pays-Bas.

Eric Steffens
Publié:

À Hamont-Achel, la commune dispose de l’information selon laquelle au moins 45 habitations accueillent environ 400 personnes. "Pour une commune de notre taille, c’est considérable", réagit le bourgmestre Tom Cox (CD&V). "Dans ce type de logement (une maison subdivisée en chambres), il y a normalement 2 ou 3 occupants, or dans notre commune, on trouve beaucoup plus d’occupants que cela".

Selon le bourgmestre, il est clair que de nombreux travailleurs migrants sont hébergés dans des conditions très précaires. "Lors de contrôles, nous avons déjà constaté à plusieurs reprises que leurs conditions de vie sont tout simplement très mauvaises."  

L’impuissance d’un bourgmestre face à cette situation

C’est pourquoi 18 communes du nord du Limbourg ont approuvé, au début de cette année, un règlement de police renforcé concernant les maisons à chambres multiples 

"Les propriétaires ont jusqu’au 31 décembre pour être en règle avec toutes les dispositions. Cela commence par l’obligation de se faire enregistrer. À partir du 1er janvier, nous passerons donc à l’application stricte des règles." Tom Cox à l’impression d’avoir les mains liées. "Souvent, c’est un véritable enchevêtrement de sociétés et de constructions juridiques. Il y a un grand décalage entre les locataires et les propriétaires."

Le rôle de sociétés néerlandaises

Officiellement, la commune de Hamont-Achel ne sait pas combien de travailleurs migrants séjournent sur son territoire. "Nous savons qu’il existe des habitations où vivent jusqu’à 40 personnes. C’est inacceptable, et il faut rapidement avoir une image plus claire de la situation. Tout le monde doit être enregistré ici et pouvoir vivre dans des conditions humaines."

Ce qui complique encore le travail des services de contrôle, c’est que ce sont souvent des sociétés néerlandaises qui installent leurs travailleurs dans ces logements. "Nous présumons qu’elles choisissent la Belgique parce que les règles sont plus strictes aux Pays-Bas. De plus, les logements sont chez nous généralement plus grands et moins chers."

Le reportage de Pano a mis le doigt sur une réalité alarmante

À Lommel aussi, le phénomène est bien connu. "C’est une bonne chose que le reportage de Pano explique clairement ce système de détachement de travailleurs. Il s’agit d’un système douloureux et complexe d’exploitation et de traite des êtres humains, qui existe également dans notre ville", réagit Katrien De Ruysscher, conseillère communale pour le parti d’opposition Vooruit.

"Les gens sont logés de manière non sécurisée et dans des conditions déplorables. Les riverains ont déjà exprimé leurs inquiétudes à plusieurs reprises. La réglementation sur les maisons divisées en chambres a bien été renforcée, mais cela ne peut pas s’arrêter là. La situation doit aussi être abordée de manière stricte au niveau européen."  

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5