Les directeurs des maisons de repos et de soins en Flandre s'inquiètent des coupes budgétaires dans ce secteur et du manque de vision à long terme. Ils ont adressé une lettre ouverte à la ministre des Affaires sociales, Caroline Gennez, intitulée "Quel est le plan ?". Le droit de vieillir dans la dignité en Flandre est en jeu, écrivent-ils. La lettre a été signée par la quasi-totalité des directeurs de maisons de retraite.
"Quel est votre plan, ministre Gennez ?" : les maisons de repos protestent contre un manque de vision pour l'avenir
La ministre socialiste avait dans un premier temps annoncé des économies de l’ordre de 30 millions d'euros dans les soins aux personnes âgées, puis 16 millions d’euros sont venus s'ajouter à ce montant. Soit un total de 46 millions d’euros d’économies sur les subventions aux centres de soins résidentiels, notamment pour les personnes âgées ayant d’importants besoins en matière de soins.
Il y aura également davantage de contrôles inopinés, car le gouvernement flamand soupçonne certains établissements de soins résidentiels d'étiqueter à tort certaines personnes comme plus dépendantes ou nécessitant des soins plus intensifs, afin de recevoir plus d'argent.
En réaction, le secteur se mobilisera dès ce mercredi, et ses actions devraient se poursuivre durant plusieurs semaines. Des travailleurs et travailleuses se rendront au Parlement flamand pour exprimer leur mécontentement lors des débats sur les économies annoncées. Une pétition circulera et une grande manifestation est prévue en décembre, pendant les vacances de fin d’année. "La ministre a provoqué une immense colère. Nous ne descendons pas souvent dans la rue, mais l'indignation est très forte", déclarait Margot Cloet, administratrice déléguée de Zorgnet-Icuro, la coupole des maisons de repos à but non lucratif.
Dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien De Morgen, Zorgnet-Icuro et Vlozo, la fédération des maisons de repos privées, tirent la sonnette d'alarme. "Le droit à vieillir dignement est en jeu", affirment-elles. Selon elles, Caroline Gennez n'a aucune idée de la manière dont elle compte faire face à la vague de vieillissement qui s'annonce. "En Flandre, il n'existe aucune vision claire de l'avenir des soins aux personnes âgées."
Une facture plus élevée?
L'inquiétude est grande dans le secteur depuis un certain temps déjà. Caroline Gennez avait pourtant annoncé, lors de son entrée en fonction, le gel des tarifs journaliers dans les maisons de repos. Mais avec les nouvelles coupes budgétaires, c'est tout simplement impossible, explique Olivier De Groeve, directeur général de la maison de repos Ave Maria à Sleidinge. D'après lui, les résidents devront supporter des coûts supplémentaires de 40 à 60 euros par mois.
"La ministre Gennez soutient que les personnes âgées doivent pouvoir rester plus longtemps chez elles, mais où est le plan pour des soins à domicile convenables, pour le soutien aux aidants proches, pour des logements adaptés et abordables ?" s'interroge Jeremie Vaneeckhout de Groen. "Ce plan n'existe pas. À la place, elle réduit de 45 euros par mois le budget par résident de maison de repos et économise plus de 30 millions d'euros sur les soins à domicile, avec pour conséquence des factures plus élevées et une qualité de soins en baisse. Et la ministre prétend qu'il y a encore de la marge."
Les écologistes de Groen soumettront donc des propositions visant à réduire les économies et demanderont une commission parlementaire ad hoc afin d'élaborer un plan de sauvetage pour l'avenir des soins aux personnes âgées en Flandre.
"Augmenter les prix et réduire les effectifs n'est pas envisageable"
La ministre des Affaires sociales réaffirme qu'elle "n'autorisera aucune hausse des prix". "C'est une menace de la part du secteur, mais nous ne voulons pas que la facture soit répercutée sur les résidents", déclare la ministre.
Caroline Gennez (photo) estime également que réduire les effectifs n'est pas une option. "Je pense qu'il est absolument impératif de ne pas intervenir auprès du personnel", déclare-t-elle. "Les professionnels de la santé travaillent sans relâche. Nous devons leur faciliter la tâche : moins de paperasserie et moins de tâches administratives. "
La ministre compare les économies réalisées dans le secteur au budget annuel total alloué aux soins aux personnes âgées, qui, selon elle, s'élève à 2,7 milliards d'euros par an.
