Aller au contenu principal

Bruges va instaurer une taxe de 5 € pour les croisières et les groupes de touristes

Le conseil communal de Bruges examinera la semaine prochaine le plan pluriannuel, élaboré par la majorité CD&V et Vooruit, pour les six prochaines années. La ville n’augmentera pas les impôts pour les habitants de Bruges. En revanche, elle introduira de nouvelles taxes pour les touristes et pour tous ceux qui utilisent le domaine public à des fins commerciales, comme les visiteurs de festivals ou les participants à des marathons. Par ailleurs, la majorité prévoit de vendre une partie des 500 bâtiments et terrains appartenant à la ville.

Eric Steffens
Publié:

Le bourgmestre Dirk De fauw (CD&V) a présenté le budget du plan pluriannuel 2026-2031 avec le nouvel échevin des Finances Pascal Ennaert (Vooruit). "Un budget financièrement équilibré et doté d’une réserve de plus de 30 millions d’euros pour la prochaine équipe communale", a déclaré fièrement le bourgmestre.

Le bourgmestre Dirk De fauw et l’échevin Pascal Ennaert ont présenté ensemble le nouveau plan pluriannuel.

Bruges ne relèvera pas les deux principaux impôts pesant sur ses habitants : l’impôt des personnes physiques additionnel et les centimes additionnels sur le précompte immobilier restent inchangés. Cela représente 86 % des recettes fiscales de la ville. "Nous n’en demandons donc pas davantage aux Brugeois, et nous en sommes plutôt fiers dans ces temps budgétairement difficiles", explique l’échevin Pascal Ennaert. "Mais tous ceux qui visitent la ville et utilisent nos infrastructures devront, eux, contribuer davantage."

Taxe sur les croisières et les autocars

Une taxe sur les croisières sera instaurée. "À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, chaque touriste de croisière débarquant à Zeebruges devra, via la compagnie maritime, payer 5 euros à la ville. Et chaque touriste venant en groupe en autocar pour une demi-journée ou une journée devra également payer 5 euros."

La taxe sur les autocars n’entrera en vigueur que le 1ᵉʳ janvier 2028. "Il faut d’abord réaliser les travaux d’infrastructure nécessaires sur les parkings pour autocars afin de pouvoir percevoir concrètement cette taxe". 

À partir de 2028 également, Bruges augmentera la taxe de séjour pour les personnes logeant dans la ville : elle passera de 3,75 à 5 euros par personne et par nuit.

Une contribution de 50 centimes pour participer à un événement

Autre nouveauté : toute personne participant à un événement commercial dans la ville – pensez au Cactusfestival ou au marathon Athora Bruges – devra désormais payer 0,50 euro à la ville, via les organisateurs qui perçoivent le prix des billets. "Ce n’est que normal, car c’est finalement la ville qui, après un grand événement, doit tout nettoyer et parfois même effectuer des réparations."

Enfin, les bars éphémères devront eux aussi contribuer. "Le secteur horeca se plaignait à juste titre que le terrain de jeu n’était pas le même pour tous", explique le bourgmestre De fauw. "C’est pourquoi nous instaurons une taxe sur les bars pop-up, avec trois tarifs mensuels différents selon la superficie du bar."

L'hôtel de ville de Bruges

Une ville sociale et sûre

Bruges est l’une des villes-centres les plus sûres de Flandre et veut absolument le rester. La ville prévoit des moyens supplémentaires pour la police, passant de 33 millions d’euros en 2026 à plus de 40 millions en 2031. "Il y a certains endroits où la présence policière doit être renforcée et plus visible", précise le bourgmestre.

Le budget de la ville de Bruges est un budget prudent, sans excès. La ville prévoit d’investir chaque année plus de 50 millions d’euros nets. "La construction de notre nouvelle caserne de pompiers avance très bien. Et nous rénovons Huize Minnewater pour en faire la Maison du Brugeois, un investissement de 31,5 millions d’euros. Pour la deuxième phase de la halle d’art BRUSK, avec la réorganisation du musée Groeninge et du parc muséal adjacent, nous prévoyons 16 millions d’euros."

L’atout de la ville

"L’atout de notre ville — notre vaste patrimoine doté d’une grande valeur historique — est en même temps notre faiblesse", souligne l’échevin Pascal Ennaert, évoquant le talon d’Achille de Bruges. "Nous possédons plus de 500 bâtiments et terrains. Mais il est impossible d’entretenir ou de restaurer correctement un patrimoine aussi vaste".

"Un exemple : le célèbre beffroi. Sa restauration coûtera entre 40 et 50 millions d’euros. Nous avons prévu 7,8 millions d’euros pour lancer les travaux les plus urgents de la tour. Mais en tant que pouvoir local, nous ne pouvons pas assumer cela seuls. Nous avons trop de monuments protégés. Nous demandons l’aide du gouvernement flamand. Pour la restauration du beffroi, nous ne recevons actuellement que 250 000 euros de subventions flamandes. Cela ne suffit même pas pour payer l’architecte."

À vendre : casernes de pompiers et presbytères

Comme il est devenu impossible de tout entretenir, le collège communal a décidé de vendre certains biens. "Une fois la nouvelle caserne de pompiers terminée, nous mettrons sur le marché les deux anciennes casernes. Nous allons également vendre trois presbytères : ceux de Lissewege, Sint-Andries et Kristus-Koning."

"Et dès que la Huis van de Bruggeling  sera prête, nous n’aurons plus besoin de deux anciens bâtiments communaux de la Hoogstraat. Ceux-là pourront également être vendus. En vendant une partie du patrimoine de la ville, nous espérons pouvoir offrir davantage de qualité aux bâtiments que nous conserverons et utiliserons."  

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5