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Des Belges ont-ils participé à des “safaris humains” à Sarajevo ? "Le parquet fédéral pourrait ouvrir une enquête"

Le parquet fédéral pourrait également ouvrir une enquête sur les "safaris humains" organisés à Sarajevo durant la guerre de Bosnie dans les années 1990. Les faits ne seraient pas encore prescrits. C’est ce qu’indique Chris Van den Wyngaert, ancienne juge à la Cour pénale internationale et au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie.

Eric Steffens Belga
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Le parquet de Milan a ouvert une enquête sur des "snipers du week-end", dont de nombreux Italiens qui, lors du siège de Sarajevo au début des années 1990, auraient payé l'armée serbe pour tirer sur des civils, ont rapporté la presse italienne et l'ex-maire de Sarajevo.

Selon le quotidien La Repubblica, l'enquête ouverte contre X pour "homicide volontaire aggravé", cherche à "identifier les Italiens qui, entre 1993 et 1995, ont payé pour 'jouer à la guerre' et tuer des civils sans défense 'pour le plaisir'".

Ces "touristes de guerre", pour la plupart des sympathisants d'extrême droite passionnés d'armes et fortunés, se rassemblaient à Trieste, dans le nord de l'Italie, avant d'être conduits sur les collines entourant Sarajevo, ajoute le journal.

100.000 euros par jour pour pouvoir participer

Pour pouvoir participer à ces "safaris" macabres, ils payaient jusqu'à l'équivalent de 100.000 euros par jour, précise le quotidien Il Giornale, qui avait révélé le premier, en juillet, l'ouverture d'une enquête italienne.

Cette dernière fait suite au dépôt d'une plainte par le journaliste et écrivain italien Ezio Gavanezzi, lequel a été contacté en août dernier par l'ex-maire de Sarajevo, Benjamina Karic, qui avait déjà porté plainte en Bosnie en 2022 après la diffusion du documentaire "Sarajevo Safari".

Ezio Gavanezzi, dans La Repubblica, estime à "au moins une centaine" ces "snipers" italiens, tandis qu'Il Giornale en évoque au moins 200. 

"Des Belges mais aussi des Français et des Allemands"

Dans un entretien accordé samedi à La Libre Belgique, l'ancien magistrat Guido Salvini, qui a assisté Ezio Gavanezzi, affirme que des Belges y ont également participé. Il cite aussi "des Français, des Allemands et d'autres nationalités". Plusieurs enquêtes ont été lancées dans d'autres pays à la suite de ces révélations.

Durant le siège de Sarajevo (1992-1996), le plus long de l'histoire de la guerre moderne, 11.541 hommes, femmes et enfants ont été tués et plus de 50.000 de ses habitants ont été blessés par les forces serbes de Bosnie.

Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles en droit international

Chris Van den Wyngaert, ancienne juge à la Cour pénale internationale et au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie

"Je n’y croyais pas, tellement cela semble invraisemblable." C’est ainsi que réagit Chris Van den Wyngaert lorsqu’elle a appris sl’existence de ces “safaris”. Van den Wyngaert a été pendant de nombreuses années juge à la Cour pénale internationale et au Tribunal pour l’ex-Yougoslavie, créé pour poursuivre les responsables des crimes commis à l’époque.

"J’ai siégé sept ans au tribunal et je n’en avais encore jamais entendu parler. Les rumeurs circulent depuis longtemps, mais aucune preuve n’a été trouvée jusqu’à présent" a-t-elle expliqué dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. Si des Belges étaient impliqués, pourraient-ils encore être poursuivis ? "Ils ne peuvent pas être jugés par la Cour pénale internationale, puisqu’elle n’existait pas à l’époque. En revanche, le parquet fédéral pourrait ouvrir une enquête."

"Les auteurs potentiels ne relèveraient pas du droit de la guerre, puisqu’il s’agirait de civils. S’il est question d'assassinat, les faits sont probablement prescrits, mais ils pourraient également être qualifiés de crimes contre l’humanité — et ceux-là ne se prescrivent pas", précise encore Chris Van den Wyngaert.

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