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Le bison d'Europe a été réintroduit dans les années 1950, d'abord en Pologne

Le bison d'Europe fera son retour à l'état sauvage en Flandre dès 2027, dans le parc national Bosland

L'Agence flamande pour la Nature et les Forêts (Natuur en Bos) introduira en 2027 un troupeau de dix bisons d'Europe, ainsi que des chevaux sauvages, dans le parc national Bosland au Limbourg. Dans la réserve naturelle de Pijnven, à Hechtel-Eksel, une zone d'environ 500 hectares sera délimitée pour permettre à la faune sauvage de vivre en semi-liberté. Ce projet scientifique doit favoriser la régénération du bois et le développement de la biodiversité avec une intervention minimale de l’homme. Le bison d'Europe est un grand herbivore qui a disparu de notre région au début du 20e siècle à cause de la chasse et la destruction de son habitat. "Il est véritablement indigène : il y a 200.000 ans, on le trouvait dans une grande partie de l'Europe", soulignent Natuur en Bos et l’organisation de protection de la nature WWF. Les travaux préparatoires pour accueillir les premiers spécimens du plus grand mammifère d'Europe débuteront dans les prochains mois.

Anne François
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L'Agence flamande pour la Nature et les Forêts (ANB) souhaite favoriser le développement de la nature sauvage et des processus naturels en réintroduisant de grands herbivores tels que le bison d’Europe, dont le rôle écologique est jugé essentiel, et le cheval sauvage. Ces animaux évolueront en semi-liberté. En dispersant des graines et en créant des zones ouvertes dans les broussailles, ils contribueront à diversifier les paysages et à stimuler la biodiversité.

La faune sauvage pourra évoluer librement dans une zone clôturée d'environ 500 hectares à la réserve naturelle de Pijnven, à Hechtel-Eksel en province du Limbourg. Elle fait partie du parc national Bosland - une zone naturelle boisée qui s’étend sur plus de 6.500 hectares entre les communes limbourgeoises de Lommel, Pelt et Hechtel-Eksel. "Dans cette zone clôturée, nous laisserons le vent, l'eau, les plantes et les animaux suivre leur cours, tandis que le gestionnaire de la nature interviendra le moins possible. Le bison d'Europe et, éventuellement, le cheval sauvage joueront un rôle important dans le maintien d'un paysage ouvert et diversifié", explique l’Agence.

"Le bison d'Europe est un animal impressionnant et indigène", soulignait au micro de Radio 2 le biologiste et réalisateur de documentaires animaliers Frederik Thoelen. "Les mâles peuvent peser jusqu'à 800 ou 900 kilos. C'est vraiment exceptionnel de les voir évoluer dans une forêt. Ils aiment se frotter aux arbres et prendre des bains de sable". 

Thoelen a eu l'occasion de filmer ces animaux il y a quelques années dans le parc national de Białowieża, en Pologne. "C’est là qu’ils ont pu réintroduire l’espèce pour la première fois, grâce à un programme d’élevage mis en place dans les années 1950, à partir d’animaux génétiquement purs provenant de zoos". 

Le bison d'Europe en Pologne

Le WWF souligne que l’initiative limbourgeoise participera également à la sauvegarde du bison d'Europe, une espèce qui avait frôlé l'extinction après l'abattage du dernier individu sauvage en 1927. Grâce aux programmes de reproduction et de réintroduction menés depuis les années 1950, la population mondiale s'élève aujourd'hui à environ 6.800 individus, selon le rapport Planète Vivante 2024. L'espèce est désormais classée "quasi menacée" sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées.

Dans le cadre du projet au Bosland, WWF Belgique mettra à profit son expertise acquise dans des initiatives similaires menées aux Pays-Bas, au Danemark et en Roumanie. Des colliers GPS permettront de suivre les déplacements et l'impact écologique des animaux. "Nous ne faisons pas que relâcher des animaux: nous rétablissons un maillon manquant dans l'écosystème", expliquait Pepijn T'Hooft, Program Manager de WWF Belgique. Il estime que le projet du Bosland pourrait devenir "un exemple inspirant pour toute la Belgique".

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Reportage dans la réserve Pijnven, qui accueillera les bisons

Des années d'expérience dans les dunes néerlandaises

L'association néerlandaise de protection de la nature ARK Rewilding bénéficie de près de 20 ans d'expérience avec le bison d'Europe. Le premier troupeau a été relâché en 2007 dans les dunes de Kraansvlak, suivi par d'autres troupeaux dans des régions comme Maashorst et Veluwe.

"Nous les avons relâchés car ce sont des animaux véritablement indigènes. Il y a 200.000 ans, on les trouvait dans une grande partie de l'Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas", explique Leo Linnartz d'ARK Rewilding. "Ce sont des animaux très impressionnants, robustes et aux épaules hautes". 

Les bisons contribuent à maintenir les dunes ouvertes. "Jusqu'à il y a 20 ans, nous avions beaucoup de problèmes avec le reboisement des dunes de Kraansvlak, en raison d'une nette diminution du nombre de lapins, due à diverses maladies. Or, les bisons d'Europe sont connus pour débroussailler et entretenir la végétation", poursuit Leo Linnartz. "Il s'est avéré par la suite que ces bisons créent de nombreuses zones dénudées dans le sable. Et c'est une très bonne chose, car les dépôts d'azote avaient fait disparaître ces dunes sous une couche de végétation".

Les bisons sont-ils dangereux ?

Dans le parc national Bosland, le troupeau de bisons d'Europe sera donc relâché dans un enclos d'environ 500 hectares. L'accès à l'enclos sera interdit au public, qui ne pourra observer les bisons qu'en s'approchant de la clôture.

"À Kraansvlak, nous avons également commencé par un enclos, accessible uniquement aux visiteurs accompagnés d'un guide", explique Leo Linnartz. "Ce sont des animaux naturellement timides, mais ils peuvent se montrer agressifs lorsqu'ils ont des petits. En 2012, nous avons aménagé un sentier, installé des panneaux d'avertissement et un bénévole surveille les visiteurs. Jusqu'à présent, cela fonctionne bien".

Le bison d'Europe

Coup de pouce pour le tourisme ?

Le bison d'Europe a donné un nouvel élan au tourisme de nature aux Pays-Bas. Au Bosland, il n'est pas prévu, dans l'immédiat, d'exploiter le bison à des fins touristiques. Il faudra d'abord observer le comportement des grands mammifères. Ils pourraient même commencer à se reproduire, ce qui obligera par la suite à gérer la population grandissante de bisons.

L'objectif n'est pas de créer un zoo au Bosland, il s'agit d'un projet scientifique.

Jo Brouns, ministre flamand de l'Environnement

"L'Agence pour la Nature et les Forêts réalisera des mesures de référence afin d'évaluer l'état actuel de la nature", explique le ministre Jo Brouns. "La gestion de la réserve naturelle sera ensuite allégée, et les bisons et chevaux sauvages reprendront leurs droits. Après un certain temps, l'impact de cette transition sera évalué. Peut-on laisser l'eau, le vent, la faune et la flore se développer librement, et quelles en seront les conséquences ?"

Une piste cyclable au-dessus d’un point d'eau pour les bisons ?

"Entretemps, nous rêvons d'une passerelle pour vélos afin que les promeneurs et passants puissent quand même observer les bisons", explique Jan Dalemans, bourgmestre de Hechtel-Eksel. "Il y a un endroit où les bisons viendront s'abreuver. Une piste cyclable passe à proximité. Ce serait formidable de pouvoir construire une sorte de passerelle au-dessus de ce point d'eau. Nous allons maintenant étudier la faisabilité du projet et vérifier s'il est finançable". 

"Ce projet continue à nous faire rêver", ajoute Raf Truyens, président du Parc national Bosland. "Les animaux nous inspirent et nous donnent envie de réfléchir à de futurs projets de découverte des bisons".

Voici l'un des endroits où les bisons d'Europe viendront paître dès 2027. Le projet a été lancé officiellement le 13 novembre, en présence du ministre flamand de l'Environnement, Jo Brouns (au centre)

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