Une soixantaine d'oiseaux sauvages dans notre pays ont déjà été testés positifs à la grippe aviaire, annonçait jeudi l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). Une augmentation du nombre d'infections a été constatée ces derniers jours et semaines.
Les éleveurs de volaille sont inquiets : des dizaines d'oiseaux sauvages ont été testés positifs à la grippe aviaire en Belgique
Le virus de la grippe aviaire sévit actuellement en Allemagne. La semaine dernière, près d'un million d'oiseaux infectés ont été abattus et près de 1.000 échassiers sont morts en raison de l'importante épidémie.
En Belgique, le virus a déjà été détecté sur une soixantaine d'oiseaux sauvages, indique l'Afsca. "En raison des épidémies dans nos pays voisins, nous sommes également particulièrement vigilants ici", souligne Hélène Bonte, porte-parole de l'Agence fédérale.
Un échassier est mort la semaine dernière de la grippe aviaire dans un centre d'aide à la nature à Oudsbergen, dans le Limbourg. "Le mercredi 5 novembre, nous avons accueilli le premier échassier, qui est mort le lendemain soir", explique Yentl Nijs, du centre limbourgeois. "En une semaine, nous avons admis 17 oiseaux dans tout le Limbourg qui ont été testés positifs à la grippe aviaire."
Dès réception d'un signalement, le centre capture un oiseau pour le tester. Si les résultats du laboratoire sont positifs, le propriétaire du domaine concerné est responsable du suivi et de l'enlèvement des carcasses, précise Yentl Nijs.
Selon Natuurpunt, les oiseaux en Allemagne ont été infectés par du fumier d'un élevage de poulets voisin. Ce fumier a été épandu sur des champs proches d'un lieu de rassemblement d'échassiers.
Inquiétudes chez les éleveurs professionnels
L'épidémie de grippe aviaire, qui touche les grues et d'autres oiseaux, suscite une vive inquiétude chez les éleveurs de volailles du Limbourg. C'est notamment le cas pour Jos Malcorps, de Tongeren-Borgloon. Il possède 20.000 poules pondeuses. Son élevage a déjà subi deux foyers de grippe aviaire, l'obligeant à abattre tout son cheptel.
Malcorps est désormais très inquiet. "Ces oiseaux sauvages nous inquiètent. Ils peuvent être porteurs du virus et le disséminer sur mon exploitation. Personne ne devrait venir ici pour le moment."
Les éleveurs de volailles évitent également tout contact entre eux, indique Jos Malcorps. "Nous ne nous réunissons plus", explique-t-il. "Car si quelqu'un est porteur du virus… c'est un virus tellement contagieux qu'il faut écarter toutes les hypothèses. Mais si cela arrive, cela arrive", soupire-t-il avec résignation.
