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La ministre flamande de l'Enseignement, Zuhal Demir

Zuhal Demir fait réexaminer les procédures disciplinaires des universités et écoles supérieures flamandes : "Les professeurs ne sont pas au-dessus des lois"

La ministre flamande de l'Enseignement, Zuhal Demir, a commandé un audit indépendant des procédures disciplinaires dans les universités et les établissements d'enseignement supérieur néerlandophones. Sur la base des conclusions de cet audit, elle soumettra des propositions au gouvernement afin de renforcer ces procédures. La ministre estime en effet que le nouveau reportage Pano (VRT) sur des abus de pouvoir de certaines professeurs dans les universités flamandes prouve que les établissements ne peuvent résoudre seuls un problème pourtant connu de longue date. Comme les experts, Demir plaide pour la création d’un organe disciplinaire indépendant.

Anne François Belga
Publié:

pouvoir de certains professeurs dans les universités flamandes. C'est la deuxième fois que Pano aborde ce sujet en l’espace de 3 ans. Aujourd’hui, il apparaît que des lacunes importantes persistent dans les procédures disciplinaires.

La ministre de l’Enseignement en a assez. "Les temps ont changé. Il faut en finir avec cette mentalité de "sous-professeurs"", déclarait-elle ce jeudi sur les ondes de Radio 1, dans l'émission De Ochtend. Affirmer que tout peut se régler en interne n'est plus acceptable, a-t-elle ajouté. "Les professeurs ne sont pas au-dessus des lois. Il faut faire la lumière sur cette situation."

C'est pourquoi elle demande un audit des procédures. Sur la base des conclusions de cet audit, la ministre présentera un ensemble de mesures au gouvernement flamand dans un délai de six mois.

Un organe disciplinaire indépendant

Depuis 2022, les centres de signalement et les procédures de plainte se sont améliorés, mais le nouveau reportage Pano montre que les procédures disciplinaires internes aboutissent rarement à des sanctions sévères. Des experts préconisent la création d'un organisme disciplinaire externe afin de lutter plus fermement contre les comportements toxiques. Une possibilité que Zuhal Demir n'exclut certainement pas. "Dans le secteur privé, un licenciement serait justifié par des motifs impérieux", a répondu la ministre aux exemples cités dans le reportage.

Un professeur de l'Université de Gand, reconnu coupable de fraude financière, de fraude scientifique et de faute professionnelle, n'a écopé que d'une baisse de note de la part du conseil de discipline. "Cette sanction est discutable. Nous la jugeons tous inacceptable."

Selon la ministre Demir, un organisme disciplinaire indépendant serait également en mesure de traiter les signalements plus rapidement. "Pourquoi une procédure doit-elle toujours durer des années ? On semble vouloir étouffer l'affaire en espérant que les personnes qui signalent les faits oublieront."

"Cette affaire traîne en longueur depuis des années", déplore la ministre. "On a donné en 2022 aux universités l’opportunité d’y remédier. Je pensais déjà à l'époque qu'elles étaient trop laxistes, mais qu'elles allaient régler le problème, ce qui ne s'est manifestement pas produit."

Plusieurs universités ont nommé de nouveaux recteurs depuis le premier reportage de la VRT. Jan Danckaert (VUB) et Petra De Sutter (UGent) ont indiqué dans Pano être ouverts à la création d'un organe disciplinaire indépendant. "Les nouveaux recteurs sont prêts à lever le voile pour laisser entrer la lumière", conclut Demir.

Petra De Sutter est la nouvelle rectrice de l’Université de Gand

Une audition au Parlement ?

Les démocrates-chrétiens du CD&V, qui forment le gouvernement flamand avec la N-VA de la ministre Demir et les socialistes de Vooruit, souhaitent organiser une audition au Parlement flamand sur la manière dont les comportements inappropriés et les abus de pouvoirs sont contrecarrés dans l'enseignement supérieur.

"Les universités doivent rendre des comptes sur leurs actions au cours des deux dernières années", estime le CD&V. "Par ailleurs, la ministre doit aussi faire son examen de conscience. Un Centre flamand de signalement des comportements inappropriés a été créé, mais la ministre a déjà indiqué au printemps que les signalements étaient quasi inexistants. C'est inacceptable."

L'Association des étudiants flamands (VVS) a également réagi au nouveau reportage Pano. Elle estime que la sécurité des études est menacée et réclame notamment que les décisions ne soient pas prises dans le silence, que les procédures soient transparentes et équitables, et que les étudiants soient associés à tous les aspects de la politique relative aux comportements inappropriés, y compris l'évaluation (continue) et la communication.

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