Le parquet de Bruxelles tire à nouveau la sonnette d’alarme jeudi, après qu’un jeune homme de 16 ans, soupçonné de viol sur mineur, de vol avec violence et de détention d’armes prohibées, a été remis en liberté faute de place dans une institution pour mineurs délinquants. Le jeune, interpellé à de multiples reprises - en novembre 2024, puis en mars, mai, juin et octobre de cette année - figurait en 73e position sur la liste d’attente pour être admis dans un établissement fermé.
Le parquet de Bruxelles tire à nouveau la sonnette d'alarme : "Un jeune de 16 ans soupçonné de viol libéré faute de place"
"La justice a tenté de mener à bien sa mission d'intérêt public, à la fois pour le jeune lui-même et pour la société, en demandant un placement de ce mineur âgé de 16 ans dans un établissement pour mineurs à régime fermé", explique le parquet. "Une requête qui n'a pas pu être prise en compte, faute de places disponibles. Malgré la multiplication des faits graves, ce mineur d'âge figure sur une liste d'attente… à la 73e place."
Ce cas n'est pas isolé et il s'agit même d'un problème quotidien, insiste le ministère public. Il qualifie le manque de places en institution de "problème structurel qui aggrave la problématique depuis de très nombreuses années". Cette situation "ne permet plus à la justice d'agir", s'inquiète-t-il.
De nombreux cas similaires
Ainsi un autre jeune de 16 ans a été interpellé trois fois en trois semaines pour des faits liés à la drogue et à la détention d’armes. Le 25 octobre dernier, il a été arrêté en possession de plusieurs sachets de drogue. Il a été relâché. Le 9 novembre, le scénario s’est répété : interpellé dans le quartier Ribaucourt à Molenbeek-Saint-Jean pour des faits similaires, il a de nouveau été libéré, faute de place dans une institution pour mineurs.
À peine trois jours plus tard, l’histoire s’est encore reproduite : accompagné d’un autre mineur, il a été surpris avec des munitions dans leur voiture. Et une fois encore, il a été remis en liberté.
"Manque de volonté politique"
La situation n’est en effet pas nouvelle. Il y a quelques mois, l’histoire bouleversante d’une fillette de 11 ans, pour laquelle aucune place n’était disponible dans une institution, avait déjà suscité l’indignation.
Placée provisoirement dans un hôpital, elle s’était enfui avant d’être victime d’un viol.
Le parquet avait alors parlé de "maltraitance institutionnelle" et de "non-assistance coupable à personne en danger". Aujourd’hui encore, le parquet de Bruxelles dénonce un déficit structurel.
"Le parquet de Bruxelles souhaite, une fois de plus, tirer la sonnette d’alarme – comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises – et continuera à communiquer chaque jour sur ces cas de jeunes remis en liberté, non par la volonté de la justice, mais par manque d’action politique et de moyens que le secteur réclame depuis plus de vingt ans."
"Ces exemples ne sont pas isolés. Plus de cent mineurs attendent actuellement une place dans une institution, et cette liste risque encore de s’allonger en l’absence de mesures concrètes", déplore le parquet.
