En présence de la ministre fédérale à l'Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt, et du Directeur général des services opérationnels de la Régie des bâtiments, Gert Jansens, la première pierre symbolique du nouveau centre de départ de court séjour de Steenokkerzeel (Brabant flamand) a été posée ce jeudi. Ce centre accueillera une cinquantaine de personnes en situation de séjour irrégulier sur le territoire belge, pour lesquelles un renvoi vers leur pays d'origine est prévu. Le bourgmestre de Steenokkerzeel, Kurt Ryon, n’était pas présent à la cérémonie, en signe de protestation contre le manque de personnel au sein de la police locale pour gérer la situation et veiller à la sécurité des riverains.
La première pierre du centre de départ de court séjour de Steenokkerzeel vient d'être posée
L'emplacement du centre de départ de court séjour a été choisi délibérément: il se situe près de l'aéroport de Bruxelles à Zaventem, entre les centres fermés déjà existants, à savoir le centre de transit "Caricole" et le centre de rapatriement "127bis". Le bâtiment aura une capacité d'accueil de cinquante personnes, hébergées dans des chambres individuelles équipées chacune d'un lavabo, d'une toilette et d'une douche. Des lieux de détente et des espaces extérieurs seront aussi prévus, de même que des bureaux et une aile médicale.
Ce projet vise ainsi à appliquer la politique de retour avec plus d'efficacité et plus d'humanité. Sa réalisation s'inscrit dans le cadre du "Plan intégré d'infrastructures de retour", qui vise aussi bien à accroître la capacité des centres fermés qu'à améliorer la qualité de vie dans les centres. Les travaux, débutés en septembre, devraient s'achever fin 2026.
L'objectif est que les personnes accueillies n'y séjournent que quelques jours, en attendant le retour dans leur pays d'origine. "Chaque pierre posée ici constitue un pas en avant vers davantage de retours de personnes sans droit de séjour en Belgique: l'un des piliers de notre politique. Quiconque n'a pas de droit de séjour ou menace la sécurité de notre société doit quitter le pays", estime Anneleen Van Bossuyt (photo). "Plus le séjour est court et plus le trajet entre le centre et l'aéroport est court, plus les chances de retour réussi sont grandes", ajoute encore la ministre.
Quatre nouveaux centres prévus
Ce nouveau centre est le premier de quatre centres fermés que la Régie des Bâtiments réalisera pour l'Office des Étrangers. Outre Steenokkerzeel, ces centres seront installés à Zandvliet (province d’Anvers), Jumet (Hainaut) et Jabbeke (Flandre occidentale). Ce dernier remplacera le centre vétuste de Bruges. À terme, la Belgique comptera ainsi neuf centres fermés.
Grâce à ces initiatives notamment, la ministre à l’Asile ambitionne de doubler la capacité d'accueil de ces structures. "Avec ce gouvernement fédéral, nous nous engageons à augmenter les départs et à limiter les arrivées de demandeurs d'asile", déclarait Anneleen Van Bossuyt. "C'est un défi majeur pour notre pays, comme pour les autres pays européens. Actuellement, seule une personne sur cinq tenue de retourner dans son pays d'origine le fait. Il est impératif d'améliorer cette situation. C'est pourquoi nous privilégions également les accords de réadmission, fondés sur le principe de la réciprocité: notre aide au développement sera conditionnée à la coopération des pays quant à la décision de réadmettre ou non les personnes concernées."
La ministre souhaite également recruter 72 personnes supplémentaires d'ici la fin de l'année prochaine pour accompagner les vols de retour.
De l’argent pour les prisons, pas pour les centres fermés
Le bourgmestre de Steenokkerzeel, Kurt Ryon, était absent ce jeudi lors de la pose de la première pierre. Depuis longtemps il manifeste son opposition à l'ouverture d'un nouveau centre d'accueil pour demandeurs d'asile sur son territoire. "Nous serons la seule commune de Flandre à compter quatre centres d'accueil", déplore-t-il. "Et nous ne recevrons aucun financement supplémentaire. Il faut absolument une contrepartie. Sinon, nos forces de l'ordre seront débordées."
"Deux centres fermés et un centre ouvert ont déjà été implantés sur notre territoire. Cela pèse lourd sur notre village, et notamment sur nos services de police. Je souhaite que nos agents puissent être présents dans le village, et non pas dans le centre d'accueil. Il faudra donc recruter des agents supplémentaires, spécifiquement affectés à la sécurité du centre."
Kurt Ryon estime en outre injuste que les communes abritant une prison sur leur territoire reçoivent des ressources supplémentaires alors que celles disposant d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile n'en bénéficient pas. "S'il y a une prison, on tient compte des dangers potentiels et du besoin de renforts policiers. Nous avons également besoin de ces ressources financières supplémentaires."
"Le centre de départ est en construction, nous ne pouvons pas l'empêcher", déclare Ryon. "Nous remplirons nos obligations, nous n'avons pas le choix. Mais si, à un moment donné, la situation devient ingérable, si la police n'est plus en mesure de garantir la sécurité, nous n'interviendrons pas. La sécurité de nos propres citoyens est primordiale. Avec les budgets actuels, ce n'est pas possible. Nous avons besoin d'une compensation, sinon notre soutien s'arrête là", concluait Kurt Ryon.
