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Le chef de la Défense belge, Frederik Vansina
Belgique
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"La Belgique semble être au centre de menaces hybrides accrues", indique le chef de la Défense

Lors d'une audition au sujet de la nouvelle Vision stratégique de la Défense, le chef de la Défense Frederik Vansina (photo) a souligné mercredi en commission de la Chambre que "la Belgique semble faire l'objet de menaces hybrides accrues". Le général aviateur faisait ainsi référence aux récents incidents impliquant le survol de drones au-dessus de plusieurs aéroports et bases militaires belges, mais aussi à la cybermenace, aux navires au large de nos côtes en mer du Nord et à la "rhétorique assertive" dont notre pays fait actuellement l’objet sur les réseaux sociaux.

Anne François Belga
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D’après Frederik Vansina, il existe de "fortes probabilités" que ce type d'actions hybrides, également observées dans d'autres pays européens tels que le Danemark, l'Allemagne, ou encore les Pays-Bas, soient pilotées par la Russie. Comme par exemple le sabotage de câbles sous-marins, les cyberattaques, la désinformation, notamment.

Le dossier Counter Unmanned Aerial Systems (C-UAS) "se trouvait déjà sur nos radars", a souligné le chef de la Défense ("Chod"). Le plan d'urgence rédigé à la demande du ministre de la Défense, Theo Francken, ne représente dès lors que "l'accélération d'un package global qui s'inscrit dans la Vision stratégique", a ajouté Vansina. "Le dossier a été approuvé et nous essayons maintenant d'opérationnaliser les choses rapidement, mais cela prendra encore quelques mois."

Incursions de drones

Le chef de la Défense est par ailleurs revenu sur les règles d'engagement face aux incursions d'appareils pilotés à distance. "Dans le cas des quartiers militaires, on peut détruire les drones. Ce n'est pas facile, surtout la nuit et sans les moyens adéquats, mais des règles existent, avec l'idée d'éviter à tout prix les dommages collatéraux", a-t-il expliqué.

La question fait davantage débat concernant les interventions hors des quartiers militaires. "Cela devient plus difficile quand des moyens militaires sont engagés dans des milieux non militaires, tels que des aéroports", a poursuivi le Chod. Le gestionnaire du trafic aérien Skeyes refuse ainsi que des signaux soient émis face aux drones étrangers, en raison des conséquences que cela pourrait avoir sur les appareils civils, a noté le général Vansina. Des études pour déterminer des règles claires à ce sujet sont dès lors en train d'être menées.

"L'ordre international fondé sur des règles, en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est en train de s'éroder", estime le Chod, ajoutant que rien ne permet de considérer que le président russe Vladimir Poutine puisse mettre un terme aux hostilités en Ukraine à l'heure actuelle.

D'après le chef de l'armée, cette guerre a mis en évidence une nouvelle réalité technologique : l'augmentation du nombre de drones sur le champ de bataille. En 2025, l'Ukraine a ainsi utilisé près de 4 millions d'appareils sans pilotes dans sa lutte face à l'invasion russe. "Et nous n'en avons pas encore vu la fin", a averti Frederik Vansina, soulignant notamment que les drones seront de plus en plus pilotés à l'aide de l'intelligence artificielle à l'avenir. "Une tendance face à laquelle les pays européens sont toutefois très réticents pour des raisons éthiques", a-t-il précisé.

"Nos achats militaires sont trop lents"

En dépit de cette instabilité croissante, l'industrie de défense européenne se trouve quasiment dans une situation "de survie", déplore le Chod. Face au nouveau narratif du désengagement américain en Europe, l'effort de défense des pays européens a toutefois été renforcé, mais cela de façon "extrêmement lente", selon le général aviateur.

Ce dernier a dès lors appelé les responsables politiques à réfléchir à la manière dont les achats militaires sont réalisés. "Nous travaillons selon des procédures de temps de paix, avec toutes sortes d'étapes intermédiaires et de règles, ce qui ralentit les achats, alors que nos adversaires vont beaucoup plus vite", a-t-il déclaré. "Peut-être devrions-nous réfléchir avec l'Inspection des finances et d'autres acteurs à la manière d'accélérer les procédures."

"Je suis convaincu que la Vision stratégique renforcera la reconstruction de la Défense" belge, a conclu Frederik Vansina. Entamée en 2016, cette reconstruction s'est déroulée de manière satisfaisante sous le gouvernement précédent, selon lui. Le nouveau plan stratégique, présenté l'été dernier, porte sur la vision à long terme du gouvernement concernant l'armée et les investissements qui y sont liés pour la période 2026-2034.

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