Le médecin orthopédiste de l'UZ Louvain Jonas Brouwers, âgé de 31 ans, sera le nouveau président de la commission d'examen pour l'admission aux études de médecine, de médecine dentaire et de médecine vétérinaire au nord du pays. Sa désignation a été actée ce jeudi par le gouvernement flamand. Il succède au professeur Jan Eggermont, qui a démissionné à la suite de la polémique sur une possible fraude à l’aide de l’intelligence artificielle lors de l’examen d’entrée.
Après le scandale de fraude présumée, le jeune médecin Jonas Brouwers doit redonner un nouvel élan à l’examen d’entrée en médecine
Pour Jonas Brouwers, la transition vers la présidence de la commission d’examen pour l’admission en médecine n’est pas si grande : il participe depuis plusieurs années à la commission flamande de planification, chargée d’évaluer le nombre de médecins et de dentistes dont la Flandre aura besoin au cours des 10 à 20 prochaines années.
Lutter contre la fraude
Brouwers admet qu’il a hésité à accepter la présidence de la commission d’examen, après le tumulte provoqué par les soupçons de fraude. "L’objectif est de redonner un nouvel élan à cet examen d’admission avec une équipe solide. C’est un défi, et nous verrons si nous y parvenons."
Il fait bien sûr référence à l’enquête sur l’utilisation frauduleuse de ChatGPT par certains candidats lors de l’examen. Cinq étudiants pris en flagrant délit de tricherie ont été retirés de la liste de classement favorable, même si le Conseil d’État a ensuite annulé cette décision pour une étudiante.
"Cette fraude n’aurait effectivement pas dû se produire," reconnaît Brouwers. "Mais je ne me fais pas d’illusions : la fraude existe dans tout type d’examen. Il faut en tirer les leçons et chercher à la limiter au maximum."
Réformer l’examen
Comment y parvenir ? "Par une réforme du système", avance-t-il. "Les formations en médecine, en dentisterie et en médecine vétérinaire ont énormément évolué ces dernières années. Nous devons examiner de près ce que ces études proposent aujourd’hui et comment nous sélectionnons les candidats à leur entrée."
Il estime également que tous les étudiants doivent avoir les mêmes chances de réussir et d’être classés favorablement.
"Il faut se pencher sur la préparation à cet examen. Il ne peut pas être conçu de manière à avantager uniquement les étudiants qui peuvent se payer des formations préparatoires coûteuses. Il y a là une marge d’amélioration." Selon lui, il faut aussi réfléchir en profondeur à la forme de l’examen lui-même : "Faut-il qu’il soit numérique, organisé sur plusieurs sites, ou au contraire plus centralisé, avec un retour au papier et au stylo ? Ce sont des questions que nous devons explorer dans les mois à venir."
"L’examen d'entrée reste pertinent"
Mais un tel examen d’entrée est-il encore pertinent, à une époque où l’on déplore une pénurie de médecins et de dentistes ? "Je le dis clairement : oui, un examen d’entrée reste absolument pertinent et nécessaire," affirme Brouwers. "Il ne s’agit pas seulement de sélectionner de bons étudiants, mais aussi d’assurer la qualité des formations."
"Ce sont des cursus avec beaucoup de pratique dès la première année. On ne peut tout simplement pas les organiser avec 7 000 étudiants en médecine. Cela compromettrait la qualité de l’enseignement."
Il reconnaît toutefois que les pénuries actuelles invitent à revoir certains paramètres. "Nous devons oser poser la question : combien de personnes doit-on admettre ? Un élément important, c’est qu’on observe aujourd’hui une forte hausse du nombre d’étudiants en médecine : ils sont désormais 1 700, contre 450 auparavant. Il est donc possible que, d’ici douze ans, nous ayons trop de médecins."
