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La Flandre s'est dotée d'un "plan d'action" contre les comportements problématiques en classe

Le gouvernement flamand a approuvé en fin de semaine dernière un plan d'action destiné à contrer les comportements problématiques dans le cadre scolaire, jusqu'à la radicalisation de certains élèves. Dès la prochaine rentrée, chaque école flamande devra se doter d'un "expert du comportement". Les établissements pourront en outre se permettre des contrôles assez poussés en cas de problème, allant jusqu'à vérifier le contenu des cartables et des casiers d'élèves, à la recherche d’armes et de drogues éventuelles.

Anne François Belga
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Le plan d'action, proposé par la ministre flamande de l'Enseignement Zuhal Demir, entrera en vigueur en grande partie à la rentrée prochaine. L'objectif est de réduire les comportements problématiques en classe afin de libérer du temps et de la sérénité pour un apprentissage authentique.

Plusieurs mesures s'appliquent à tous les établissements scolaires, y compris ceux qui ne sont pas confrontés quotidiennement à des comportements inappropriés, des exclusions ou des actes de violence. Par exemple, chaque école devra désigner un référent comportemental. Ce référent bénéficiera d'une formation à la gestion de classe et aux sanctions, notamment. Il formera le personnel et accompagnera les élèves.

Les écoles recevront également un plan d'action détaillé pour gérer les incidents. L'accent est mis sur la prise en compte des nouveaux phénomènes, tels que la culture de rue, le harcèlement en ligne, le sexting et les comptes de messagerie à caractère sexuel.

L'Inspection générale de l’Enseignement se verra confier des responsabilités supplémentaires en matière de suivi des conditions de vie dans les écoles. Elle examinera notamment la politique de lutte contre le harcèlement scolaire et le règlement disciplinaire. Si ces mesures s'avèrent insuffisantes, les écoles seront tenues de solliciter un avis extérieur.

Là où il y a de réels problèmes, l'école pourra vérifier le contenu de casiers, sacs et cartables, par exemple pour s’assurer qu’un élève ne possède pas d’arme ni de drogues. L’école ne pourra pas agir de manière préventive cependant, il lui faudra une raison concrète. En cas de refus de l'élève, il pourra écoper d'une sanction disciplinaire.

L'utilisation du smartphone sera également mieux encadré dans les écoles

"Il faudra du renfort"

La députée socialiste flamande Hannelore Goeman (photo) se dit satisfaite du plan. "Il apporte aux équipes scolaires le soutien et l'inspiration dont beaucoup ont besoin pour mieux gérer les comportements difficiles à l'école."

"Nous pensons toutefois qu'il faudra plus de renfort, en classe et dans l'établissement, pour que ce plan soit une véritable réussite. C'est pourquoi je continue de plaider pour la mise en place d'assistants d'enseignement afin d'épauler les enseignants, notamment dans la gestion de classe et la mise en œuvre d'une politique proactive de gestion du comportement."

Hannelore Goeman souligne également qu'il est positif que les fouilles des cartables et des poches ne soient possibles qu'après accord des parents sur le règlement intérieur et si le chef d'établissement le juge nécessaire.

Lieselore Wouters, de la coupole des écoliers (Scholierenkoepel), considère ces fouilles comme l'un des aspects les plus préoccupants du plan. "L’école est un lieu où les élèves doivent se sentir en sécurité. Bien sûr, il n’est jamais acceptable qu’ils commettent des actes illégaux à l’école. Mais il est effrayant de penser que leurs casiers pourraient être forcés."

La députée socialiste flamande Hannelore Goeman

L'enseignement catholique est insatisfait

La Fédération de l'enseignement catholique partage ce désenchantement. "Cette semaine, nous avons consulté plusieurs de nos chefs d'établissement, du primaire au secondaire, et le message était clair : les chefs d'établissement ne demandent pas cela", a souligné Bruno Vanobbergen (photo), directeur général, sur les ondes de Radio 1.

"Les chefs d'établissement se considèrent comme des intermédiaires essentiels entre les enseignants et les élèves, et entre les enseignants et les parents. Il est primordial de préserver ce rôle de médiateur". Cela risque aussi de poser problème si un directeur d’école doit soudainement fouiller un sac à dos, ajoutait Vanobbergen. "Il se retrouve alors avec un rôle différent, et c'est un rôle que les chefs d'établissement ne souhaitent pas."

Vanobbergen rappelle qu'en cas de suspicion de consommation de drogue, les établissements scolaires contactent généralement la police pour traiter l'affaire ensemble.

Il craint également des complications juridiques liées à la notion de "contrat scolaire". "Dès qu'on aborde les gens uniquement sous un angle juridique, tous les aspects pédagogiques disparaissent. Nous sommes tous contre la légalisation de l'éducation, et maintenant le gouvernement prend des mesures qui ne font qu'aggraver la situation."

Bruno Vanobbergen, directeur général de la Fédération de l'enseignement catholique

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