Aller au contenu principal

La Banque nationale de Belgique s'inquiète à nouveau de la dette publique du pays

La dette publique "élevée et croissante" de la Belgique est "préoccupante", met en garde la Banque nationale de Belgique (BNB) dans une nouvelle analyse comparative avec d'autres pays développés présentant une dette publique élevée.

Belga
Publié:

La dette publique de la Belgique s'élevait en 2024 à 104% du produit intérieur brut (PIB). A court terme, sa soutenabilité présente des risques relativement faibles, estime la BNB. En revanche, les besoins de financement brut de notre pays atteignent environ 20% du PIB chaque année, ce qui est élevé et constitue "une vulnérabilité majeure".

Point positif : la Belgique pourrait utiliser l'épargne privée pour financer la dette publique en cas de tensions, mais la tendance à moyen terme n'est pas bonne en raison du déficit public élevé, de la hausse des charges d'intérêt et des coûts liés au vieillissement de la population.

Dans son analyse comparative, la BNB juge que les risques de soutenabilité de la dette publique de la France apparaissent similaires à ceux de la Belgique. L'Hexagone connaît en outre une instabilité politique intérieure.

L'Italie, elle, fait face à une dette historique élevée combinée à une croissance économique structurellement faible. Il en découle un effet "boule de neige" des taux d'intérêt qui augmente automatiquement le ratio de la dette publique du pays, ce qui signifie que l'Italie doit dégager des excédents primaires pour stabiliser son ratio d'endettement. Pour la BNB, la situation italienne représente "un avertissement pour la Belgique" et souligne le rôle crucial d'une croissance économique robuste pour la soutenabilité de la dette.

S'agissant des États-Unis, la Banque nationale évoque une dynamique de la dette qui est "la plus préoccupante" et rappelle que son taux d'endettement monte en flèche alors que l'Once Sam a des besoins de financement brut annuels "considérables", de l'ordre de 40% du PIB. Les États-Unis ont toutefois le gros avantage, avec leur dollar, d'être le fournisseur de l'actif sûr préféré au niveau mondial et de la monnaie de réserve internationale, ce qui procure aux États-Unis un statut spécial qui réduit considérablement leurs coûts de financement et accroît leur capacité d'endettement.

Enfin, le Japon accuse le niveau d'endettement le plus élevé par rapport au PIB, à 240%, ce qui fait peser des risques sur la soutenabilité de la dette et s'accompagne de besoins de refinancement énormes. Ceci étant, "les actifs financiers considérables détenus par le gouvernement japonais constituent un tampon substantiel et l'importante base d'investisseurs nationaux contribue à atténuer les risques liés à la soutenabilité. Relativiser les risques de soutenabilité de la dette publique belge en se référant simplement au ratio d'endettement du Japon, qui lui est plus de deux fois supérieur, reflète donc une vision très partielle de la situation relative", estime la BNB.

En guise de conclusion, la Banque nationale rappelle l'importance pour les décideurs politiques de s'engager à mener des politiques budgétaires crédibles et prudentes, tant à court qu'à moyen et long termes.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5